PRÉ-INDÉPENDANCE
Maurice d'avant le 12 mars 1968
Les générations post-indépendance n'ont qu'une
vague idée de ce qu'était le pays avant le 12 mars
1968. Parmi ceux qui ont connu cette période, certains
parlent de moments difficiles sur le plan socio-économique.
D'autres restent nostalgiques d'un pays mieux organisé
sous certains aspects. Si l'unité liait une bonne partie
du peuple, l'on relevait aussi les blessures de la bagarre raciale
et l'exode de ceux qui avaient peur du changement. C'est dans
cette ambiance que le quadricolore avait flotté pour la
première fois.
"Dimoune ti bien misère avant. Moi mo famille ti
pe travail dans cannes", indique Mme Sabbajee, aujourd'hui,
âgée de 82 ans. "Mo papa ti pe gagne 30 sous
la journée, zis parski li ti ene travailler 1er grade.
Sinon, il n'aurait eu que 10-15 sous pour une journée",
poursuit-elle. La vie était difficile : "Les personnes
âgées à l'époque n'avaient que 3 sous
comme allowance et ce n'était pas suffisant."
Pour survivre, certaines d'entre elles allaient de maison
en maison pour chercher de la nourriture chaque soir. C'est en
ces termes que Mme Sabbajee raconte un pan de l'île Maurice
pré-indépendante.
Nostalgie. D'autres personnes que nous avons rencontrées
évoquent, pour leur part, cette période avec une
certaine nostalgie. "C'était une époque
où les gens se sentaient en sécurité. Les
lois étaient plus sévères", estime
Sinasamy Vadeevaloo. Cet homme avait 30 ans à l'accession
de Maurice à l'indépendance. Travaillant au sein
du ministère des Travaux à l'époque, il soutient
que "lavi ti meyer avan
On pouvait faire des économies
avec le salaire qu'on recevait."
D'autre part, il y a ceux qui se remémorent le respect,
voire la soumission à l'autorité, appris dès
leur jeune âge. "Les élèves s'imprégnaient
de ces valeurs. Le respect, c'est quelque chose de très
important", affirme Boodhun Bundhoo, ancien inspecteur
des écoles primaires.
Unité. Si la période pré-indépendance
a été marquée par quelques sérieux
troubles, Boodhun Bundhoo se souvient que malgré tout l'unité
primait dans bien des régions. Ancien joueur de football,
il raconte qu'avant 1968, son équipe était composée
des gens de toutes cultures et religions. "Quand je pense
à cette amitié qui nous liait avant l'indépendance
et qui a commencé à disparaître après,
cela me fait toujours de la peine."
Pour sa part, l'ex-secrétaire de la ville de Beau-Bassin/Rose-Hill
et écrivain, Chit Dukhira (âgé aujourd'hui
de 70 ans), avance qu'avant 1968, certains avaient tendance à
mépriser les cultures et les religions orientales. "Beaucoup
de personnes ont dû se convertir en vue d'obtenir un travail
ou une promotion. Il faut réaliser que le taux d'alphabétisation
était moindre, de même que les ouvertures sur le
monde", explique M. Dukhira.
Crainte. L'avènement de l'indépendance n'avait
pas brusqué pour autant la routine de certains. "On
n'était pas enchaîné durant la période
coloniale, on était libre. Me apre ou senti ene fierte
dan ou leker !"
Un ancien enseignant de langue française indique quant
à lui que "j'étais étudiant au moment
où l'indépendance a été proclamée.
La tension autour de la bagarre raciale laissait planer une crainte."
Certains étaient farouchement opposés à
l'indépendance. C'est pour cette raison qu'il y a eu des
exodes. Des départs en nombre : pour l'Australie, le Canada,
la Nouvelle Zélande ou l'Afrique du Sud. "Je suis
sûr que les Mauriciens, à divers degrés, étaient
angoissés." Constater le départ des amis
et proches accentuait davantage les doutes sur la réussite
d'une accession à l'indépendance. "J'ai
eu peur. Peur que cette bagarre et cette tension ne fassent que
l'on rate le décollage économique et politique du
pays."
Métissage. Il se souvient aussi d'un de ses professeurs
qui lui avait fait comprendre que "l'indépendance
va permettre un métissage biologique de Maurice ; vous
annoncerez un monde nouveau." Quand cet enseignant, qui
à l'époque était un adolescent, fait cette
incursion dans le passé, il affirme noter des changements.
"Certes, on est devenu des citoyens d'un pays indépendant,
mais ce changement s'est opéré sur des décennies."
Après coup, il estime néanmoins que l'indépendance
a été une merveilleuse chose. La preuve est que
"Maurice n'a pas coulé". Il conclut :
"Être Mauricien est une fierté, ce n'est
pas être insulaire. Ce n'est pas vivre dans une île
mais c'est vivre dans une île à la dimension d'un
continent."
INDÉPENDANCE : 42e anniversaire
Pour marquer le 42e anniversaire de l'indépendance et les
18 ans de la République, les mairies et Districts Councils
proposent, comme à l'accoutumée, une série
d'activités et de sorties. Concerts, compétitions,
tournois, exposition, festival entre autres sont au rendez-vous.
Beau-Bassin/Rose-Hill
Le grand concert du 14 mars
C'est dans le cadre du Festival mauricien que la mairie de Beau-Bassin/Rose-Hill
organisera un concert, dimanche 14 mars, de 19 h à 23 h.
Seront présents sur scène : Feeling Dance Group,
Zot Sa, Blakkayo, Ravann Sans Frontière, Génération
Culture nou natir, Nasty Black, Sacré Mamco et l'Association
des artistes de la ville.
Un tournoi de football est prévu le 14 mars. Rendez-vous
est donc donné à partir de 9 h sur huit terrains
de foot de la ville de Beau-Bassin/Rose-Hill : Stanley, Chebel,
Mare-Gravier, Trèfles, Barkly, Vuillemin, Mont-Roches et
Camp-Levieux.
Le 21 mars, place au Guylène Duval Memorial Cup dans l'enceinte
du Plaza. L'invitation est lancée aux amoureux de courses
à pied. Le 28, la mairie de Beau-Bassin/Rose-Hill organisera
la Coupe de la République. Il s'agit en fait d'un tournoi
de pétanque à Plaisance, au Quorum.
Quatre-Bornes
Jeux d'antan
La mairie de Quatre-Bornes a débuté ses activités
le 3 mars. Le 11 mars à 14 h, le public est invité
à assister à la cérémonie du lever
du drapeau, qui se tiendra dans l'enceinte de l'Hôtel de
Ville.
Outre le déjeuner et la série d'activités
destinés aux personnes du troisième âge à
11 h, la mairie de Quatre-Bornes prévoit un Festival des
jeux d'antan, le 13 mars, toujours dans l'enceinte de l'Hôtel
de Ville. "Nous proposerons une initiation à tous
ces jeux d'antan : de larou-laryaz aux billes, en passant par
le colin-maillard, le saute-mouton, le sapsiway, le sot-la kord
",
affirme un membre du personnel du Welfare Department.
Le lendemain, à partir de 10 h, au Navin-Soonarane Gymnasium
à Ébène, se déroulera une compétition
de badminton pour les -15 ans et + 15 ans.
Un Salon culinaire est prévu le 14 mars à compter
de 10 h dans la cour de l'Hôtel de Ville. Au programme :
initiation et préparation de plats mauriciens, chinois,
indiens entre autres par des associations féminines ; et
vente des plats par la suite.
Curepipe
Tournois
C'est au Municipal Pre-Primary Schools que se tiendra la cérémonie
de lever du drapeau le 11 mars à 11 h. Le public y est
convié. Un tournoi de football interquartiers est aussi
annoncé. Également au programme : un tournoi de
volley-ball le 17 mars, dans la cour de l'Hôtel de Ville,
un tournoi de pétanque, le 21 mars à Teste De Buch
et une compétition culinaire, le 29 mars à la mairie
de Curepipe.
Vacoas/Phnix
Compétitions
Outre la cérémonie de lever du drapeau qui se tiendra
dans l'enceinte de la mairie le 11 mars, plusieurs activités
seront organisées pour les habitants de Vacoas/Phnix
dont des compétitions culinaires, des shows culturels,
des concours de dessins, des quizz, des tournois de domino et
de carrom ainsi qu'une exposition de produits artisanaux.
District Councils : À l'heure des fêtes
Le District Council de Grand-Port/Savanne organise un concert
culturel sur le terrain de foot de Union Park, le 13 mars à
partir de 17 h. Du côté de Moka/Flacq, c'est le 11
mars que les festivités seront enclenchées avec
une compétition de couture et de broderie à 10 h,
dans la cour du Conseil de la localité. Les travaux soumis
pour ce concours seront ensuite exposés. À 11 h,
est prévue la cérémonie de lever du drapeau,
cette fois, dans la cour du Conseil de Quartier Militaire. C'est
à Quatre Coco, plus précisément dans l'enceinte
de l'école du gouvernement, que se tiendra le concert culturel
à partir de 19 h 30. Seront présents sur scène
: les Bhojpuri Boys, le groupe Mo Mam Twa, Reshma Dance Group
et Mauricette Dance Group.
Le District Council de Rivière-Noire organise, quant à
lui, un Mega Cultural Show, le 14 mars à partir de 13 h
à Albion. Outre le lever du drapeau le 11 mars à
16 h 30 dans la cour du Conseil de Pamplemousses, plusieurs activités
sont mises en avant par le District Council : Un Fashion Show
pour les personnes âgées, une compétition
de danse et une compétition culinaire au Centre social
de Plaine des Papayes.
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