Des quelque 13 000 étudiants ayant réussi aux examens
de School Certificate, tous ne continueront pas leurs études
en vue de l'obtention d'un HSC. Pour diverses raisons, certains
préfèrent s'arrêter là et chercheront
un emploi. Si le School Certificate n'a aujourd'hui plus la même
valeur sur le marché du travail il peut cependant permettre
à certains de prendre un nouveau départ dans la
vie. Il existe pour cela des filières à exploiter
et des formations adaptées.
Au 4e étage du bâtiment Emmanuel Anquetil à
Port-Louis, Benoît Fuzeau, directeur de la société
française Parfip, anime une présentation sur les
métiers du BPO. Il a été invité par
l'Espace des métiers, opérant sous l'égide
du National Empowerment Foundation, à éclairer la
cinquantaine de personnes - jeunes et adultes - présentes
dans leur choix d'un métier et de l'orientation d'une carrière.
La plupart d'entre eux n'ont pas de diplôme ou, au minimum,
un SC.
Pour Benoît Fuzeau, ce n'est pas un problème. Pour
faire de la saisie de textes ou passer des appels téléphoniques,
il n'est pas nécessaire d'avoir de grandes connaissances
académiques. Sauf une connaissance de base de l'outil informatique
et une bonne maîtrise de la langue française. Pour
cela, la formation est offerte. "Ce que je recherche,
en revanche, c'est de la discipline, de la motivation et du sérieux."
Parcours. En milieu professionnel, ce n'est pas tant le
diplôme qui déterminera le parcours de quelqu'un
que la motivation de la personne à progresser. "J'ai
quelqu'un dans mon équipe qui n'a aucun diplôme.
Aujourd'hui, il est responsable d'un plateau de 30 personnes",
poursuit Benoît Fuzeau.
Le seul hic quand on s'engage dans un boulot sans diplôme
ou avec un SC, c'est qu'on est "limité". On a
moins la possibilité d'avancer ou d'entreprendre autre
chose. Ainsi, pour beaucoup, le maître mot dans une telle
situation est la formation. Juliette Halbwachs, directrice de
Service Bureau Ltd, un des pionniers dans le recrutement professionnel
à Maurice, n'y va pas par quatre chemins : "Le
SC aujourd'hui ne représente pas grand-chose sur le marché
du travail. Ce n'est qu'un petit passeport pour certifier un niveau
scolaire minimal et cela n'ouvre pas de portes particulières
dans le monde de l'emploi."
Et d'ajouter qu'il importe que la personne ne détenant
qu'un SC cherche à se former dans un métier spécifique
en vue de maîtriser une profession, grandir et se perfectionner
au fil de sa carrière. "Il y a beaucoup de formations
offertes que ce soit dans le domaine technique, informatique ainsi
que des formations professionnelles qui peuvent être suivies
à plein temps ou à mi-temps."
Conseiller. Ce que privilégient également
les intervenants de l'Espace des Métiers. Sharone Ramasawmy,
qui agit comme conseillère au sein de cette organisation,
indique que "si un jeune vient nous voir et nous dit qu'il
compte arrêter ses études après le SC, nous
le déconseillons de prendre cette voie. Car ses chances
sur le marché du travail seront extrêmement limitées.
Nous nous retrouvons aujourd'hui dans une situation où
le travail, qui était autrefois réservé aux
détenteurs de SC, par exemple, réceptionniste, Clerk
,
est occupé par les détenteurs de HSC. Alors que
ces derniers, eux, ont été remplacés par
des détenteurs d'un diplôme universitaire. Pour la
bonne et simple raison que de plus en plus de personnes vont jusqu'au
bout de leurs études."
Si pour une raison ou une autre, le jeune se voit contraint d'arrêter
au niveau SC, l'Espace des Métiers le dirige alors vers
une formation professionnelle. La plupart du temps, les raisons
évoquées sont, entre autres, des problèmes
familiaux et un manque de ressources financières.
Valeur ajoutée. Sharone Ramasawmy laisse entendre
qu'il existe des secteurs employant des personnes détentrices
d'un SC, dont le BPO et l'hôtellerie
"mais
avec une formation professionnelle en plus, le demandeur d'emploi
aura une valeur ajoutée et pourra se professionnaliser
dans un secteur précis".
La conseillère note que certains jeunes disent parfois
qu'ils travailleront pendant un an et suivront une formation par
la suite. "Mais quand ils commencent à travailler
et obtiennent un salaire, ils ont tendance à oublier la
formation ou à la renvoyer. Finalement, c'est beaucoup
plus difficile de reprendre les études ou suivre une formation."