La peinture numérique devient un art nouveau ou du moins
la ramification d'un art. La peinture alliée à la
technologie, la suite logique du destin de l'art plastique. Gérard
Foy et Krishna Luchoomun de l'école des Beaux Arts du Mahatma
Gandhi Institute (MGI) nous parlent de ce nouveau médium
artistique.
Forme d'expression peu connue chez nous ou mal interprétée,
l'art numérique est un médium introduit en art dans
les années 90 offrant aujourd'hui une plus large palette
aux plasticiens dans la création de leurs uvres.
Gérard Foy souligne que l'avis des gens est partagé
sur l'utilisation de la technologie numérique. "
On vit à l'ère du temps en suivant les évolutions.
Ce n'est qu'un prolongement de la création. Avec le numérique
on fait ce qu'on ne peut réaliser avec un pinceau. C'est
un outil nouveau qu'on découvre. "
Outil. L'art contemporain permettant une plus grande ouverture,
en décloisonnant les compartiments de l'art pour ne créer
qu'un seul univers, il use de divers outils pour donner forme
à des concepts nouveaux et cultive l'imaginaire à
souhait. Dans la logique de la création, en façonnant
les idées tous les moyens sont bons pour exploser dans
son expression. L'art numérique est un outil "
supplémentaire pour plus d'innovations. L'ordinateur remplace
le pinceau, mais le processus de créer est le même.
C'est le "développé" d'une idée,
d'un imaginaire à un état solide et réel
", ajoute Gérard Foy.
Imaginaire. L'idée est la base de tout. On est aujourd'hui
dans un mouvement où l'art se transforme au gré
du temps. Il évolue constamment. " C'est une technique
comme n'importe quelle autre. Il ne faut pas fragmenter les formes
mais plutôt les unir. Car l'artiste demeure le premier instrument
dans la réalisation d'une uvre. Le processus est
pareil comme avant, c'est juste l'outil qui a changé ;
cet art offre plus de possibilités, ce qui est un atout
majeur ", souligne Krishna Luchoomun.
Reprise. L'art numérique dans le jardin de l'art
plastique s'est manifesté par des retouches de peintures
existantes en y ajoutant des coups de " souris ". S'exposant
aux critiques, qui le catégorisent dans la section de la
contrefaçon. Mais au fil du temps, il a pris d'autres formes,
explorant des univers plus conceptuels, avec un regard artistique
plus pertinent dans les réalisations numériques.
" L'art numérique s'est ainsi facilement introduit
dans l'art plastique comme un plus. Il y a eu l'animation numérique,
la vie, les impressions qui se sont accrochées aux murs
des galeries étant considérées comme de l'art
plastique ", met en avant Krishna Luchoomun.
Continuité. L'art numérique dans son ensemble
est devenu " la continuité de l'art ",
note Krishna Luchoomun. Il est aussi devenu un moyen de véhiculer
facilement les uvres, de par leurs formats. L'Internet a
été le noyau de cette explosion de couleurs et de
sa diffusion à travers le monde.
Ecole. Les artistes mauriciens n'ont pas résisté
aux avantages de l'art numérique et en font usage fréquemment
depuis quelques années. " Certes c'est un art peu
connu, peu médiatisé, mais il existe depuis des
années déjà ", fait ressortir Krishna
Luchoomun. Le MGI comprend même un département de
Graphic Design et de Digital Art. Il y a aussi le
Kino Cabaret, qui a permis la rencontre entre les cinéastes
amateurs des îles voisines ainsi que d'autres manifestations,
dont les expositions annuelles de pARTage et le Salon de Mai.
Diffusion. Afin de vulgariser l'art numérique, Krishna
Luchoomun planche avec son association pARTage sur l'organisation
d'un atelier concernant ce mode d'expression, soulignant que cette
technique sera aussi visible lors des expos de son association.
Du côté des élèves des Beaux Arts du
MGI, des projets sont aussi en cours afin d'apporter encore plus
de pixels dans le monde de l'art.