Elle embarque sur Kayambo. Un ancien bateau de pêche,
mais aussi le nom de son neuvième album. Ce disque marque
ses onze années de carrière musicale. Dans les bacs
ce vendredi.
Sa discographie ne se résume pas à Makalapo.
Les années et les albums se succédant laisseront
comprendre que Sandra Mayotte se cherche dans des registres assez
variés. Un rapide survol démontre sans peine que
les ambiances bossa lui réussissent. Ceci est évident
dans Parenthèses. Album qui révélera
une musicalité convenant au feutre de sa voix.
D'aucuns pourraient néanmoins affirmer que les ambiances
festives du séga semblent ne pas lui correspondre au mieux.
Certaines compositions auront démontré que la voix
de Sandra Mayotte est nettement avantagée sur des mélodies
mélancoliques. Elle concédera elle-même, mieux
interpréter la tristesse et la mélancolie. Sa sensibilité
féminine se dévoile avec une sincérité
presque palpable dans ces atmosphères.
On constatera des variations stylistiques dans le présent
disque. Lequel propose un éventail de genres. Une indication
évidente du chemin que devrait emprunter l'interprète.
Reste que Kayambo marque sa onzième année
sur scène. Comment alors ne pas se souvenir de cette animatrice
radio devenue choriste de Cassiya, et qui en 1998 sort Maman
doudou. Elle rencontre son premier succès public avec
Kot sa li finn ale. On se rappellera également du
sentimental Lalimyer dan lakaz.
Une ballade qui touchera la fibre maternelle de plusieurs Mauriciennes.
"Je me suis rendue compte au fil des années que
des femmes se retrouvent dans pas mal de mes chansons."
C'est précisément une certaine émotivité
dans les paroles et dans une musique concordante qui émeut.
Notamment quand Mayotte chante : eksplik-mwa kifer to nepli
kontan mwa. Peut-on à partir de ce constat se demander
si celle qui injecte autant d'émotions dans certaines de
ses chansons ne devrait pas rouvrir cette parenthèse trop
vite refermée ?
La réponse pourrait se trouver parmi les morceaux aux styles
différents compris dans Kayambo. On comprendra d'emblée
dans quel genre Sandra Mayotte excelle. Cet opus s'ouvre avec
un séga écrit et composé par Marcel Poinen,
inspiré par le nom d'un bateau de pêche. Ce qui donnera
aussi son titre à cet album. Sandra Mayotte reprendra une
composition de Jean-Marc Volcy (Lamour à lenver),
et se livrera à un duo avec Marie-Josée Clency.
Reste que les paroles des morceaux écrits par Sandra Mayotte
se distinguent naturellement du lot. On reconnaîtra un univers
propre à elle. Sans doute faudrait-il que la parolière
se découvre aussi mélodiste pour que les interprétations
futures soient davantage à même de toucher. Ce qui,
dans un même souffle, pourrait insuffler un certain renouveau.