Week-End/SCOPE


INTERNET : BLOG

Plateforme du journalisme citoyen

Depuis un certain temps, les blogs ont la cote sur Internet. Cet espace personnel virtuel, avec les nombreuses possibilités qu'il offre, semble attirer de plus en plus de Mauriciens avec environ 200 blogueurs actuellement recensés alors qu'ils n'étaient qu'une vingtaine il y a 3 ans. Qui plus est, le blog est devenu un espace propice au journalisme citoyen. Nous avons rencontré deux accros de ce phénomène qui nous relatent leur quotidien de blogueur.

Le blog est un phénomène mondial qui prend de l'ampleur et Maurice n'y échappe pas même si les blogeurs ont pris du temps à s'y consacrer. Le blog est ce qu'on appelle communément le web 2.0. C'est un peu un carnet de bord qui imite quelque peu un site web mais avec de plus grandes possibilités : on peut habiller la page à souhait et y mettre pratiquement tout ce qu'on veut. C'est un espace où le blogueur peut afficher ses photos, ses vidéos ainsi que ses textes. De nos jours, le blog est beaucoup utilisé comme un moyen pour exprimer ses opinions à travers l'écriture d'articles.

Blogueurs. Yashvin Awootar, 24 ans et Ludovic Froget, 27 ans, sont des blogueurs. Les deux se font un devoir d'écrire des articles régulièrement sur leurs blogs respectifs. Le premier nommé est Software Engineer à la firme DCDM Consulting, et c'est sans surprise que l'informatique n'a pas de secrets pour lui. Ceci dit, nul besoin d'être un expert dans le domaine pour créer son blog, yashvinblogs.com. Actuellement, on peut créer deux types de blogs. Premièrement, il y a les blogs gratuits qu'on peut créer sur les sites comme Wordpress, Skyrock, Blogspot. Il y a également les blogs payants où qu'il faut créer sur ce même genre de sites mais qui nécessitent l'acquisition d'un Domain sur internet en contrepartie d'une location mensuelle. Cette dernière offre plus de flexibilité aux blogueurs. "C'est assez facile, il suffit de suivre les indications, on peut activer un blog en 10 minutes", dit-il. Ashvin a créé son blog en 2006, et son compteur affiche plus de 500 visiteurs quotidiennement.

Moyen d'expression. Quant à Ludovic Froget, il est dans le domaine de la communication. Il a créé son blog, media et communication à Maurice qu'on peut retrouver sur l'adresse Internet : commaurice.wordpress.com, il y a de cela trois mois. Désirant se faire une idée du phénomène, il fait des recherches sur le Net et s'y découvre une véritable passion. "J'ai vu qu'il y avait pas mal de blogs. J'ai voulu voir qui sont les blogueurs les plus populaires. Ça m'a beaucoup intéressé et c'est comme cela que j'ai eu l'idée de créer mon propre blog." Les deux jeunes utilisent leurs blogs pour le même mobile : commenter l'actualité et inciter les internautes à réagir, ce qu'on appelle communément le journalisme citoyen. "C'est un bon moyen d'expression. J'utilise mon blog pour exprimer ma frustration ou ce que j'ai aimé dans l'actualité", dit Ludovic Froget. Ce qui plaît également aux blogueurs, c'est l'interactivité avec les internautes. "C'est édifiant de partager ses opinions et de voir que les autres réagissent. Cela crée un lien", dit Ludovic Froget. Qui plus est, il n'y a point de restrictions sur la longueur des articles, ce qui rend le journalisme citoyen encore plus populaire.

Responsabilité. Grâce aux liens sur le blog, les internautes peuvent commenter le contenu des articles. Si ceux-là bénéficient d'une certaine liberté dans leurs propos, il appartient cependant au gérant du blog de décider quels sont les commentaires qu'il autorise à être publiés. "On doit être très consciencieux à ce niveau, car il y a quelques messages avec des propos désobligeants. Tu te dois d'éliminer tout commentaire inapproprié parce que ce sera toi le seul responsable aux yeux de la loi", explique Yashvin.

Informer différemment. Nos deux interlocuteurs essayent d'être le plus original possible dans le traitement de leurs articles. "Beaucoup de gens préfèrent passer du temps sur le Net plutôt que lire les journaux, car il peut arriver qu'ils ne comprennent pas la façon de faire de ceux-là. J'essaye parfois d'expliquer comment les journaux fonctionnent et pourquoi une certaine actualité en chasse une autre", dit Ludovic Froget. Yashvin Awootar essaye quant à lui d'écrire sur des sujets qui ne font pas forcément partis de l'actualité mais qui interpellent. "Par exemple, la dernière fois, j'ai posté un article sur une pub qui passait à la télé et qui m'a interpellé. J'ai eu beaucoup de commentaires sur celui-là, ce qui prouve que les gens ont de l'intérêt", dit-il.


Historique du blog

Les premiers blogs sont apparus aux États-Unis à la fin des années 1990, parmi ses adeptes, des blogueurs comme Jason Kottke, Tristan Louis, Meg Hourihan et Matt Haughey. Les blogs étaient présentés sous forme d'un carnet de bord recensant les pages Web (au moyen d'une liste d'hyperliens) que les auteurs avaient jugé intéressantes, accompagnées de commentaires. D'ailleurs, ce genre reste toujours populaire aujourd'hui dans la blogosphère. Le marché des éditeurs de blog en ligne prit un certain temps à se mettre en place, probablement parce que les blogs pionniers ne généraient pas l'engouement d'aujourd'hui. En effet, "Bloguer" que l'on considère comme l'un des premiers systèmes de publication et comme instigateur du phénomène, n'est apparu qu'en 1999.


radio-dodo.com, premier site de podcasting à Maurice

Maurice a son tout premier site web de podcasting, radio-dodo.com. À l'initiative de ce projet, Aswin Lutchanah, étudiant en France qui a profité de son récent passage dans son île natale pour le lancer. Le podcasting offre la possibilité à l'internaute de placer des fichiers audios ou vidéos. radio-dodo.com. est une chaîne de radio préenregistrée qui peut être écoutée n'importe quand sur le Net. C'est un site animé bénévolement et qui se veut être un tremplin pour les Mauriciens inconnus et qui méritent une exposition nationale. Pour écouter les émissions, il suffit de se connecter sur le site radio-dodo.com. Par ailleurs, l'instigateur du site de podcasting tient à lancer un appel à ceux qui voudraient apporter leur contribution au projet via un formulaire de contact, disponible sur le site.