Week-End/SCOPE


Les indiscrétions de… NOTRE INVITÉ : Yannick Durhone

Faire simple!

C'est en choisissant d'être lui-même que Yannick Durhone, 29 ans, parvient, aujourd'hui, à s'exprimer. Il mène sa vie paisiblement tout en accordant de l'importance uniquement aux choses qui en valent vraiment la peine. Artiste peintre, batteur et graphiste, à 29 ans, le jeune homme prône la simplicité des choses. Cette semaine, il est l'invité de notre kestionnaire.

Vous parlez souvent à votre reflet quand vous êtes devant un miroir?

Oui, quand ça ne va pas du tout et à chaque1er janvier. Et là je me pose pleins de questions. Comme : qu'est ce que j'ai bien pû faire durant l'année écoulée. Je fais un peu le bilan de ma vie passée.

Que vous répond-t-il?

Il me répond tout à fait le contraire de ce que je pense. Ce qui ne me déplaît pas. Au contraire ça me boost.

Un peu entre vous et moi, quelle est la partie de votre corps que vous préférez?

Mes mains.

Ah bon?

Oui, car sans elles je ne serais pas en mesure de faire ce qui me plaît. Par contre, si demain, je perds mes yeux, je serais toujours capable de peindre et jouer de la batterie. Mé bien sur li importan ki mo enkor éna mo lespri.(Rires)

Quelle est la partie qui pourrait vous complexer?

Pouf… Non il n'y a pas une partie que je déteste en particulier. C'est pas pour autant que j'apprécie tout en moi. C'est juste que je me plaîs tel que je suis. Ou je dirais peut être ma voix !

Pourquoi?

Je ne trouve pas que j'ai une belle voix. Saviez-vous que la voix fait aussi partie de notre corps?

Certains persistent à dire que le bonheur est un état d'esprit? Êtes vous de ceux-là?

Oui ! (Petit sourire). Sincèrement, je n'ai pas besoin de grand-chose pour être heureux. Je trouve mon bonheur dans toutes les petites choses que je fais et rencontre quotidiennement. Comme uniquement voir le sourire de ma fille me rend heureux. Ce qui ne peut certainement pas provoquer la joie chez une autre personne.

Même s'il y a des gens plus à plaindre que vous, de quoi vous plaignez-vous le plus souvent?

Dé l'eau aret coulé tou lé zour 9 hrs. Comme bien souvent je bosse jusqu'à 3hrs, 4hrs du mat, j'ai quelques difficultés à me réveiller tôt. Mais dans ce cas, je suis obligé de le faire. Et cela m'irrite !

Démontrez-nous l'état dans lequel vous êtes quand vous piquez une crise folle?

Ah non, c'est vraiment pas beau à voir. C'est vrai que je suis de nature très calme mais quand on m'énerve je m'emporte. Ce qui n'est pas facile à démontrer puisque je suis très zen en ce moment. Sauf si vous me mettez hors de moi bien sûr.

Qu'est-ce qui pourrait vous faire entrer dans cette rage folle?

Quand on blesse physiquement ou verbalement les gens que j'aime.

Le week-end idéal pour vous?

Samedi, faire les choses habituelles, déj. puis dodo. Dans l'après-midi, une sortie en famille. Arrivé le soir, jouer de la musique. Dimanche, faire la grasse matinée. Puis pourquoi pas faire les choses sans pour autant se presser. Voilà mon week-end idéal !

Avec qui souhaiteriez-vous terminer ce week-end parfait?

Avec ma fille.

Avez-vous trouvé un sens à votre dernier rêve?

En temps normal, je les oublie dès le lendemain matin. Mais pour être franc, je ne crois pas aux rêves. Je n'y accorde pas d'importance non plus. Je pense que les rêves sont des choses, des situations auxquelles on a beaucoup réfléchi. Si je me mets à accorder beaucoup d'importance aux rêves et surtout y croire, je ne saurais quoi penser des cauchemars.

Actuellement quelle chanson refléterait le mieux votre état d'esprit ?

Moi, j'ai pas le sou de Christophe Maé. Il y a une phrase où il dit : Pas de sous mais pas de soucis ! C'est un peu ça ma vie en ce moment. Mo péna bokou cass et mo péna traka non pli. Mo p dir traka ki vine ek cass.

Pourriez-vous nous la chanter?

(Rires) Une autre fois peut-être. Il y a trop de gens autour de nous (murmurer) Je chanterais pour vous seule un de ces quatre (rires). Si ça vous dit bien sûr !

L'objet qui ne vous quitte jamais ?

Ma boucle d'oreille. Il n'y a pas vraiment de raison. C'est juste que je ne l'enlève jamais.

Avez-vous un surnom?

Pas vraiment. Ah non, certains amis m'appellent Ti Rasta…

Croyez vous au destin ?

Non. Pourquoi y croire. Et si c'était oui, cela changerait quoi?? Cela m'arrive de dire par moment que ce qui m'arrive est peut-être mon destin. Je le dis sans pour autant y croire. Pourquoi croire dans des choses à venir? Ah non! L'importance c'est de les vivre pleinement.

Que feriez-vous si vous étiez le ministre de la Culture?

Il y a tellement à faire. Je commencerais par me poser la question : "qu'est-ce que la culture?" Si j'étais le ministre bien sûr, parce que pour ma part j'ai la réponse.

Et c'est quoi?

C l'âme ene pays ek so popilation ki ine vive denn sertyn fason, ki koz denn sertyn manier, ki manz denn sertyn manier, ki sante denn sertyn manier, ki danse denn sertyn manier…

Avec qui souhaiteriez vous prendre un pot pour discuter des affaires du pays?

Avec Dieu. Je lui demanderais de nous donner la capacité et la volonté d'accepter les autres tels qu'ils sont.

Que voudriez vous changer chez les Mauriciens ?

Sa manyer ki saken nek pense protez so bann. Je trouve que les Mauriciens ne sont pas si accueillants qu'ils le prétendent.

Et chez vous ?

Ma susceptibilité.

Qu'avez-vous lu ou entendu dans l'actualité ces derniers jours qui vous a marqué?

Les débats à la radio où on parle d'être pour ou contre l'avortement. Pour moi ce n'est pas une question d'être pour ou contre. Les gens se posent la mauvaise question. Comment peut-on être pour l'avortement. Selon moi c'est juste une question de compréhension.

Pensez-vous avoir bien répondu aux questions ?

Bon, j'ai fait de mon mieux.

Qu'est-ce qui vous fait croire ça !?

Personnellement j'ai trouvé l'exercice intéressant. Ce serait bien d'avoir ce genre de conversation avec nos amis, voisins, proches… Ce qui nous permettrait de connaître notre prochain au lieu de le juger !

Maintenant que l'on vous connaît mieux, confiez nous quelque chose d'inavouable?

(Rires). Un secret vous dites ? Li pou népli ene sécré si mo dir ou li ! Enfin !


CARTE DE VISITE

NOM : Yannick Durhone

ÂGE : Bientôt 29

PROFESSION : Graphiste

SIGNE ASTROLOGIQUE : Cancer

SITUATION : Marié

AIME : La vie

N'AIME PAS : L'hypocrisie. Je m'arrêterais à cela car la liste est trop longue !

No DE TÉLÉPHONE : Et puis quoi encore !!! …

MAIS AUSSI : Yannick Durhone a vécu six ans en France où il a suivi des études en arts plastiques et en communication visuelle. De retour à Maurice en 2006, le jeune homme a été surpris de constater que les choses avaient beaucoup changé dans son île natale, où l'on trouve les gens, normalement, accueillants. " En France, je me suis maintes fois fait refouler en boîte de nuit. J'étais heureux de rentrer chez moi où les choses étaient différentes. " Mais ce ne fut pas le cas ! Dégoûté, Yannick lance : " À Maurice, la tenue vestimentaire compte pour de l'or. On nous juge selon notre apparence, notre religion… " Malgré cela, Yannick Durhone a choisi d'être lui-même. Parallèlement, il choisit de pratiquer l'art à sa façon, tout en misant sur la simplicité. " Je me suis rendu compte que c'est en se compliquant la vie qu'on finit par passer à côté des plus belles choses. Faut pas chercher plus loin que ce que l'on trouve à portée de main ! " C'est dans la simplicité que Yannick trouve son inspiration et parvient à créer. Des gens qu'il rencontre quotidiennement, des objets, un morceau de bois qui traîne… " Il suffit d'avoir une dose de créativité. " Artiste peintre, batteur du groupe Etae et graphiste en freelance, Yannick est d'avis que " si chacun apporte sa contribution, on pourra promouvoir l'art à Maurice. "