Deux élèves du Lycée des Mascareignes ont
reçu les félicitations du jury pour leur performance
au baccalauréat 2009. Kathija Bhatoo et Marek Ahnee se
sont illustrés dans les filières économique
et littéraire respectivement.
Pas de secret autre que la concentration pour ne pas se laisser
distraire du travail. Limiter les sorties n'est pas vécu
comme un sacrifice pour Kathija Bhatoo qui concède avoir
un rythme de travail chronométré. Rigueur à
laquelle Marek Ahnee ajoute la curiosité de se cultiver
et de se tenir au courant. Choses très utiles pour le baccalauréat
: "la référence culturelle est bienvenue
et apporte quelques points de plus, et ça évite
le copier-coller."
Il est rejoint dans son propos par Kathija Bhatoo qui développe
sur le système académique français qui :
"offre davantage de place à notre opinion personnelle.
Un système qui demande d'avoir un esprit critique et de
ne pas se contenter des connaissances apportées par les
cours." Marek Ahnee dira être satisfait de l'éducation
reçue. Éducation dispensée dans sa langue
maternelle, mais aussi tournée vers l'anglais, en présence
de professeurs de qualité.
"Mais je trouve quand même que l'éducation
française est un peu empêtrée dans une tradition
sourde à une certaine évolution du monde et reste
dans un moule." Marek Ahnee de poursuivre que certains
élèves seraient plus épanouis dans une approche
pédagogique davantage novatrice, notamment dans les matières
littéraires ainsi que la Philosophie et l'Histoire.
Autre avis sur la question : "Ce système donne
beaucoup de bases du français dans toutes ses formes et
permet de garder une ouverture sur la France, du point de vue
culturelle", observe Kathija Bhatoo, souvent classée
dans les concours secondaires de l'Alliance française.
Le système éducatif français encadre et encourage
les élèves. L'accent est cependant mis sur les initiatives
personnelles.
Marek Ahnee adaptera ainsi Zadig de Voltaire pour le théâtre.
Une pièce présentée par quelque soixante-dix
lycéens au Théâtre de Port-Louis vers fin
2007. Ceci avec le soutien du Lycée des Mascareignes et
celui des enseignants ainsi que de certains parents. Ce genre
d'initiative n'est malheureusement pas monnaie courante dans une
grande partie des établissements secondaires nationaux,
où priment académisme et course aux diplômes,
à grand renfort de leçons après les cours.
Kathija Bhatoo est d'avis que ces leçons obéissent
à un objectif de réussite et sont dans cette optique
louables : "C'est amener le plus d'élèves
possible vers la réussite
mais c'est un système
qui peut paraître un peu tyrannique, et qui exige beaucoup
des étudiants. Je ne suis pas vraiment d'accord avec le
rythme de travail imposé." Et de souligner que
les leçons particulières existent aussi dans le
système français, quoique de façon moins
intensive.
Marek Ahnee a un avis plus tranché relativement aux leçons
particulières. Un système jugé : "très
lourd aussi bien en terme de frais que de l'épanouissement
du jeune ; je crois qu'avec le CPE, c'est le frein majeur de l'éducation
mauricienne. Une éducation nationale d'excellence implique
une révision totale du système."
Notons à un autre chapitre que Kathija Bhatoo envisage
des études de droits des affaires ou de notariat à
Paris, tandis que Marek Ahnee penche pour l'Anthropologie à
Montréal. Matière, qui selon ses dires, a un réel
rôle à jouer dans le 21e siècle et peut apporter
de nombreuses clés pour comprendre et aider le monde.
Quid du retour à Maurice après les études
universitaires ? Kathija Bhatoo dit préférer rester
en France pour travailler, mais évoque aussitôt son
attachement familial et au pays : "Ma décision
sera motivée par les opportunités
" Marek
Ahnee pour sa part observe que les sociétés occidentales
sont propices à l'épanouissement. Ce qui n'est pas
forcément le cas ici. "Depuis l'enfance on est
mis dans de petites boîtes qui ont pour étiquettes
: nom de famille, religion et compte en banque
"
Cet intervenant dit cependant être persuadé que le
pays a son rôle à jouer, mais trouve que ses potentiels
sont mal exploités. Aussi est-il d'opinion que le pays
devrait cesser d'être bradé aux investisseurs les
plus offrants ; et que le Mauricien ait face à lui de réelles
opportunités. Kathija Bhatoo de conclure : "Notre
génération est consciente des enjeux environnementaux
et économiques entre autres : elle réunit la connaissance
et la capacité de changer les choses."