Après la saison de goyaves de Chine, voilà arrivé
le temps des fancy-fairs. Manifestation de levée de fonds
pour certains établissements scolaires ou organismes, ils
offrent aussi une occasion de détente et de sortie. De
petits événements qui font partie du folklore mauricien.
Dimanche, nous nous sommes offerts une sortie fancy-fair.
Que peut-on faire un dimanche, "pena rol"? Pourquoi
ne pas aller au fancy-fair? Justement en ce dimanche 7 juin il
y en a trois au moins. Un petit saut du côté du BPS,
du Collège St Esprit et du Collège Lorette de Curepipe.
Allons-y
12h00. Les rues principales de Beau-Bassin sont anormalement
animées pour une dimanche alors que habituellement la majorité
des gens sont chez eux pour savourer un bon repas dominical. Devant
le portail du collège du Bon et Perpétuel Secours,
pas de file d'attente. Il est encore tôt. L'ambiance est
encore très bon enfant. C'est davantage le rendez-vous
des adolescents. Il y a bien sûr des exceptions : "On
se sent vieilles, il n'y a que des enfants ici" disent
Christine et Christelle, toutes deux âgées de 20
ans. "Mais nous sommes venues pour passer le temps, il
n'y a rien d'autre à faire." Du côté
échoppes, il faut le dire, on ne peut pas se plaindre :
plusieurs marques de vêtements appréciées
des jeunes proposent leurs articles au rabais. On croirait presque
revivre la braderie de fin de saison du Caudan. Au BPS, on a pensé
à tout le monde. Il y a un coin spécial pour les
enfants où sont proposés plusieurs jeux pour les
occuper ainsi que le face painting.
Classiques. Dans la salle d'à côté,
le bingo pour les plus âgés. Le restaurant qui propose
aussi une petite animation affiche déjà complet.
Sinon les grands classiques des fancy-fairs de collèges
: le défilé de mode, deux discothèques et
une chambre d'horreur. Mais ceux en quête de grands frissons
doivent être pourvus de patience car il y a au moins une
heure d'attente pour accéder à ses activités
dites classiques. Partout ailleurs dans la cour, des ado qui,
semble-t-il ont sorti leurs vêtements du dimanche, les plus
griffés pour la grande occasion qu'est le fancy-fair. Un
peu plus loin, cachés des regards, des petits hors-la-loi
de 13 à 14 ans qui, à peine sortis de l'enfance,
tirent déjà sur leurs bouts de cigarette en se donnant
des airs d'hommes machos. Plusieurs parents sont venus pour acheter
leur déjeuner et s'en vont tout de suite après avec
leur take away. Mais il y a aussi ceux venus passer un
moment en famille et qui se retrouvent finalement seuls ou avec
les petits derniers car leurs ados ont mieux à faire que
de rester avec papa-maman. 13h00. A l'entrée, plusieurs
personnes attendent pour avoir leurs billets. Il commence à
avoir foule
13h15. Le BPS avait déjà annoncé la
couleur mais pas à ce point là. Devant les murailles
grises du Collège de St-Esprit, une file d'une cinquantaine
de personnes patiente. Sous la pluie. C'est à se demander
ce qu'il y a de tellement intéressant à l'intérieur
pour que les filles se ressoudent à casser leur brushing
en attendant d'entrer. De l'extérieur, on entend l'ambiance
qui bat son plein avec la musique à fond et on imagine
déjà le monde qu'il doit y avoir. Le billet d'entrée,
ici, est plus cher. En tout cas, ce détail n'a arrêté
personne, c'est vraiment la cohue à l'intérieur.
Marcher sans se faire bousculer devient tout un périple.
Mais la pluie est passée, c'est déjà ça.
Ici encore plus de jeunes qui, on pourrait le penser, sont sortis
en boîte la veille au soir et sont venus au fancy fair sans
prendre le temps de se changer... Les parents présents
semblent s'ennuyer à mourir tandis que d'autres paraissent
un peu dépassés par le déroulement. Devant
la chambre d'horreur, une queue interminable. En plus, des classiques
typiques des fancy fairs, le collège propose aussi le CSE
Poker pour les grands joueurs et a même pensé aux
fans de Tiger Woods, qui pouvaient s'essayer au golf sur le terrain
de football du collège.
Et qui pourrait aller au fancy fair du St Esprit et ne pas aller
à son fameux défilé de mode? Mais encore
une fois, comme chaque année, c'est un peu la même
chose... Les sorties se ressemblent, la musique aussi. De jolis
vêtements, des belles filles et des mecs pas mal du tout
mais pas de réelle innovation mis à part une ou
deux sorties. Comme quoi, ils se refusent à changer une
formule gagnante.
15h00. L'heure de pointe des fancy fairs, semble-t-il.
Au Lorette de Curepipe, pas de file interminable à l'entrée
mais un monde fou déjà à l'intérieur.
Comme prévu, une petite pluie joue les trouble-fête.
On est à Curepipe, rien d'étonnant. L'ambiance ici
est plus familiale étant donné qu'au LCC il y a
aussi l'école primaire : plus de parents, beaucoup plus
de jeunes enfants. Et ici, même refrain chez les jeunes
qui ne sont pas à l'école ici mais qui viennent
parce qu'ils n'ont rien à faire. Et quand on leur demande
s'ils s'amusent, ils répondent par une moue dubitative
ou en disant "Ayo non, c'est mate
" Mais
on est prêts à parier qu'on les reverra au prochain
fancy fair... Partout de grands groupes de jeunes qui dévisagent
les solitaires comme si c'était une honte de ne pas être
accompagné dans un fancy fair. Plusieurs attractions pour
les enfants cette fois, pas seulement un coin. La salle de karaoké
est pleine à craquer et on entend même les fausses
notes de l'extérieur. Les restaurants par contre ont été
désertés probablement pour cause de pénurie
de nourriture. Le grand highlight du fancy fair a probablement
été Tcheky (sur scène) qui a réussi
à scotcher la foule. Les gens se sont rassemblés
autour de la scène et se sont tus en se laissant bercer
par la voix du chanteur. Voilà au moins une bonne raison
de venir à un fancy fair.