Week-End/SCOPE


MUSIQUE : CONCERT

Emporté par La Foule

La musique transperce et rejaillit du public. Un public emporté par La Foule qui s'élance et qui entraîne dans un univers où éclatent et rebondissent les mélodies. Les musiciens sur scène ne forment qu'un seul corps sur un flot coulant sans effort. Des musiciens épanouis, enivrés, et heureux de pouvoir emporter au loin leur audience.

On remarquera une nuance rock plus prononcée dans les nouveaux titres du groupe, notamment dans Rainbow smile qui marque une étape vers une certaine professionnalisation. Cette très longue composition comprend aussi des progressions stylistiques intéressantes : du rock qui évolue vers du funk groovy. Des passages jazzy entrecoupent ce même morceau. Ce qui donne à penser à une structuration des genres qui auparavant se confondaient dans un creuset fusionnel.

L'autre particularité dévoilée lors du concert est une présence de choristes davantage mise en avant sur quelques chansons. Ce qui ne manque pas de conférer une nouvelle dimension, outre un aspect pêchu. Mais un des moments forts du concert reste le duo harmoniciste entre Robert Kimtia et Damien Elisa, invité pour cette occasion. Le public ne devait pas non plus rester insensible dès que les premiers accords de Kalachnikov ont retenti dans la salle.

Indéniablement ce morceau s'inscrit comme une des meilleures créations figurant au répertoire de La Foule. Le groupe a aussi retracé son cheminement musical de 2004 à 2009 et a présenté des compositions datant de sa genèse en Australie. Suivra entre autres La Souciété : ballade aigre-douce menée par une harmonie cuivrée sur laquelle flotte la voix ample de Nitin.

Notons un intermède assuré par Nitish et Ram Joganah du groupe Latanier qui, pour un bref instant, ont plongé le public dans un autre univers musical : une lutte culturelle armée de ravanne et de triangle… à défaut de Kalachnikov. Mentionnons aussi la prestation, sur fond d'apologie du cannabis, déroulée par le sieur MordikisS.

On appréciera cependant la première partie animée par Daniela Bastien et Richard Beaugendre. Ensemble, ils entreprendront un voyage vers les déchirures de l'âme dans une prestation où musiques et paroles se mêlent pour tenter de traduire les émotions. C'était samedi dernier au Théâtre Serge Constantin.