Week-End/SCOPE


LES HUMEURS DE CHLOÉ

La mode des causes

Les feuilles de chou sont encrassées par une sacrée dose de connerie. La semaine écoulée plus que les autres. On dirait que notre actualité est marquée par le sordide. Certes ce que je raconte est genre "découverte du continent américain sur la mappemonde". Mais ça commence à sérieusement faire chier ces histoires de femmes violées par une bande de sales cons. Plein le cul des articles sordides et du voyeurisme journaleux. Putain, à quoi ça sert d'afficher la tronche d'une victime de viol dans le journal ?

Sans doute à exciter la curiosité malsaine de ceux avides de savoir que des personnes sont plus à plaindre qu'eux ? Certains grattes papiers sauteront sur l'occasion pour étaler leur analyse (à deux balles) et dire que notre société est malade et tout le tintouin. Après les choses suivent leur cours et se reproduisent à nouveau. Quinze années plus tôt, on ne parlait que de ce ponte dont la maison avait cramé… avec sa femme et son gamin dedans !

Devinez ce qui faisait le talk of the town (comme disent les mecs blasés) cinq années plus tard ? Une femme brûlée dans une maison de jeux, incendiée par une autre bande de sales cons. Elle avait un bébé dans le ventre ! On croirait que le drame humain est presque devenu un événement. Des morts par-ci, un avion crashé par-là et une bonne petite tuerie pour couronner le tout. On aura beau fredonner le pays va mal… mais qu'est-ce ça change au fond ?

Certes certains sensibles compatiront, et se sentiront interpellés, le temps de se taper une petite marche passifique ! C'est au moins ça, diront les plus naïfs des candides. Mais je ne peux m'empêcher de penser que ceux qui manifestent le font aussi, voire surtout, pour leur propre petite gueule. Si demain on plante un incinérateur bien dégueulasse devant votre maison… pour sûr que, le citoyen que vous êtes, deviendra écolo. Mais tant que le problème est celui des autres : on s'en fout éperdument puisque ça ne nous concerne pas.

Pour les cerner (comme dit l'autre) on propose aux marcheurs, un concert au bout de leur marche. Et ça marche plutôt bien. Tant mieux. Sauf qu'on se rend souvent compte que la foule a grossi comme par magie au moment du concert. Autant faire un concert directement et passer un message pendant, se disent d'autres concitoyens. Mais je me demande combien dans le public se sentent vraiment concernés par autre chose que la distraction musicale ? Au final le problème reste entier ou presque !

Des personnes crèvent et d'autres sont violées. On s'en émeut un peu lors de discussions dominicales, et puis basta. Tant que ça n'influe pas directement sur notre vie… c'est pas nos oignons ! Sinon on peut toujours essayer de convaincre avec des sous-entendus genre : être écolo c'est cool et très tendance. Tous les artistes branchés sont écolos, contre le sida et contre la pauvreté dans le monde. Et si toi aussi tu veux être branché… manifeste pour une cause à la mode ! Mais allez dire ça à ceux qui ne savent même pas quoi bouffer ce soir.

Bon appétit

Chloé