Week-End/SCOPE


REPORTAGE : ARTISANAT

L'art des colliers

Raja Gopal Pillay et Rubina Nugapen confectionnent des colliers avec des pierres semi-précieuses et des perles importées de Chine. Le couple crée ainsi un monde féerique, riche en couleurs.

Dans cette pièce qui leur sert aussi d'atelier, Raja Gopal Pillay Nugapen et son épouse Rubina confectionnent des colliers d'une beauté singulière et indiscutable. C'est un homme calme et amoureux de son travail qui nous accueille chez lui à Coromandel. Ce père de famille, fier de ses créations, n'hésite pas à nous dévoiler le secret de sa réussite."Ma dernière création est un collier que j'ai confectionné avec des pierres semi-précieuses, des nacres colorés, des perles, des cristaux et des billes en métal."

Il affectionne le travail avec les perles et les pierres semi-précieuses, car elles sont tout en beauté autour des cous de celles qui les portent. Son travail révèle son talent d'artiste et son aisance à faire l'amalgame des couleurs. Parmi ses matières premières, on retrouve des coquillages coupés et affinés, l'hématite - un minerai de fer - les pierres turquoise, les jades, les gold stones et le quartz… La variété des produits qu'il utilise est importée de Chine. Depuis 1989, Raja Nugapen fait le déplacement pour ce pays une fois chaque année pour s'approvisionner et aller à la recherche de nouvelles tendances. Son inspiration, il la puise du cinéma et des magazines de mode qui lui passent sous la main.

Dans un premier temps, lorsqu'il reçoit le colis de sa commande de Chine, il procède à un tri et sépare les différentes couleurs. Puis, il commence l'assemblage d'un premier collier, et après satisfaction, il en reproduit. Ses colliers, il les vend dans son échoppe au marché de Port-Louis, aux marchands de plage, et à des magasins sur commande. Si aujourd'hui Raja Gopal Pillay Nugapen se retrouve dans cette filière, c'est grâce à sa sœur, qui habite à Marseille. Ex-marchand de grains secs, il avait reçu des colliers en coquillages de sa sœur qui était en vacances à Maurice. Sans trop de conviction, il s'essaie à la vente des colliers qui s'avère être un véritable succès. "Les Mauriciens et même les touristes ont adoré les colliers", déclare-t-il. C'est de là qu'il commence à acheter en gros du magasin l'Argonaut, et revend.

Toutefois, il remarque que plusieurs magasins se sont mis à la vente des colliers, et décide donc d'innover en les modifiant à sa guise. Ses créations sont très appréciées de ses clients connaisseurs. Peu après, il apprend des touristes que les pierres coûtent moins chères en Chine, et n'hésite pas à prendre l'avion. Aujourd'hui, bien qu'il avoue que le marché est saturé, il n'est pas près de l'abandonner mais compte néanmoins diversifier ses activités. Pour combattre la saturation, il utilise sa créativité et son expérience pour innover.