Interdiction à PILS de distribuer du matériel de
prévention lors d'une Job Fair. Une mesure décidée
par le ministère de l'Éducation qui va à
l'encontre de la politique nationale prônée.
Cela s'est passé quelques jours seulement après
les grandiloquents discours des représentants du gouvernement
lors du AIDS Candle Light Memorial - marqué le 17 mai.
Invitée au Job & Guidance Fair du 21 au 23 mai,
PILS a été sommée par un officier du ministère
de l'Éducation de remballer une partie de son matériel
de prévention exposé. À savoir des préservatifs
et le livret pédagogique sur l'éducation sexuelle
Les filles - Les garçons. Décision ridicule,
s'appuyant sur le grotesque prétexte selon lequel l'association
n'avait pas eu l'autorisation de distribuer ce matériel.
Ce qui l'a poussée l'association à un walk-out.
Dans un communiqué, Nicolas Ritter fait ressortir l'absurdité
de cette interdiction. Elle contredit les priorités imposées
par la situation et reconnues par le gouvernement dans les principaux
plans d'action nationaux établis autour du VIH & SIDA
depuis quelques années. Avalisé par le Cabinet ministériel
le National Multisectorial HIV and AIDS Stategic Framework
2007-2011 (NSF) soutient "que les life skills education
doivent s'adresser d'une façon plus directe sur le VIH
/ SIDA" . Et c'est aussi en ce sens que se prononce le
Premier ministre (qui est aussi président du National Aids
Committe) et ses principaux collaborateurs quand ils parlent des
urgences liées au VIH & SIDA. L'on s'étonne
aussi de l'affront causé à cette association considérée
comme un partenaire privilégié de l'État
dans ses actions contre le VIH et pour la prévention.
À souligner que dans un récent sondage financé
par Rogers et remis aux autorités, il a été
précisé que si les 82% des 15 à 24 ans connaissent
bien le VIH, seulement 6% considèrent qu'ils sont à
risque. L'étude a aussi démontré que ceux
qui sont sexuellement actifs n'utilisent pas forcément
le préservatif, donc ne se protègent pas. Beaucoup
considèrent que le VIH est l'affaire des autres.
L'action de PILS, pour rappel, comme toute autre stratégie
se voulant efficace, s'appuie sur quatre axes axes considérés
comme l'abécédaire de la prévention. Elle
encourage l'abstinence, la fidélité, la protection
et le dépistage. Ou encore le refus des drogues ou l'usage
de matériel stérilisé. L'ensemble reste indissociable
et contribue à conduire les personnes sensibilisés
à faire des choix avisés selon leur mode de vie.
Le récent incident survenu au Centre des Conventions de
Pailles rappelle que pour d'aucuns, le préservatif - tout
comme l'éducation sexuelle - reste considéré
comme du matériel d'incitation ou de perversion. Une manière
de penser qui continue à causer beaucoup de tort, à
Maurice comme dans le monde.
Dans son communiqué PILS précise que 2% de la population
vit aujourd'hui avec le VIH. Et elle s'étonne "de
l'immobilisme et du manque d'audace de la part de certains organismes,
et en particulier du « conservatisme » du Ministère
de l'Éducation face à la gravité de la situation".
En conclusion, l'association réclame une campagne soutenue
pour les jeunes. Et que ses "actions de prévention
et de sensibilisation ne soient pas entravées sous prétexte
que le sexe est encore tabou ou que la culture/population mauricienne
n'est pas encore prête à écouter certains
messages de prévention".