Avec l'aide des ONG et de leurs professeurs, des enfants de différentes
régions de l'île s'engagent pour protéger
l'environnement. Sensibilisation à travers l'art, embellissement
de leurs écoles
ils vont même jusqu'à
rappeler les adultes à l'ordre. Quand les enfants s'engagent
pour leur planète, ils prennent leur rôle très
au sérieux.
"Protez création Bondié." C'est
le message que veut faire passer Valentina Ricot, 10 ans, élève
de l'école primaire de Tamarin. Elle l'a écrit au
bas du beau paysage qu'elle a réalisé et qui est
fièrement accroché dans une salle de l'école.
Un peu plus loin, trois oiseaux scintillants prennent leur envol.
Une uvre de Matthieu L'Onflé, qui prend aussi le
soin d'ajouter ces mots : "Sove nou, less nou viv. Protez
nou, nou népli ena la natir pou resté."
Si on dit qu'il faut protéger l'environnement aujourd'hui,
pour nos enfants demain, les tout-petits n'en sont pas moins conscients.
Le changement climatique, les dangers de la pollution, l'importance
des arbres
ils connaissent
et ils se font un devoir
de rappeler les adultes à l'ordre au moindre écart.
Comme Rachel, qui défend à son grand-père
de brûler des ordures dans la cour : "Je lui dis
que ce n'est pas bien de brûler car ça détruit
l'environnement", lance-t-elle.
Avenir. L'environnement, ce n'est donc pas uniquement l'affaire
des grands. Colette Le Chartier, présidente du Rotary Club
de Rivière Noire le dit si bien : "Lavenir est
entre les mains de ces enfants. Il ne faut pas désespérer."
Voilà pourquoi ce club service a voulu contribuer à
la sensibilisation en organisant un concours de dessin sur ce
thème. La protection de l'environnement et des espèces
endémiques : les enfants n'ont eu aucun problème
à développer des idées à partir de
là. Gecko, crécerelles, paysages
les dessins
sont des témoignages de leur imagination fertile. Il faut
aussi dire que l'environnement n'est pas un thème nouveau
pour les élèves des quatre écoles concernées
- Tamarin, Chamarel, Rivière Noire et Le Morne - étant
donné que la nature fait partie de leur vie.
Outre le concours de dessin, les enfants ont aussi eu droit à
des causeries et ont aidé à mettre en place un petit
jardin de plantes endémiques dans leurs écoles respectives.
"Maurice Ile Durable ne peut être l'affaire des autorités
uniquement. Il faut aussi prendre en considération les
grassroots projects. Aucun projet ne peut réussir sans
la contribution des grassroots people. Autrement, on agit dans
un vacuum", ajoute Colette Le Chartier.
Enthousiasme. À Chamarel comme à Tamarin,
les maîtresses d'école disent avoir noté un
grand enthousiasme de la part des enfants, pour ce projet du Rotary
Club de Rivière Noire. Il faut dire que cette activité
rejoint le syllabus de géographie, comme le confirment
Christine Herbu, Audrey Cléopâtre et Catherine Thérèse,
les enseignantes ayant encadré les enfants de Chamarel.
Ici, le petit jardin de plantes endémiques a même
été aménagé avec le concours du département
des Bois et Forêts.
À Tamarin, l'enthousiasme était tellement grand
que Jean-Yves L'Onflé, le prof d'art a dû faire une
sélection des dessins. "Nous avons eu 30 participants
et nous en avons retenu 18." Pour montrer le talent des
enfants, l'école a même organisé une exposition
des uvres réalisées sur l'environnement.
Dans un autre style, Poorundeo Ramgoolam de l'Environment Care
Association s'est lui aussi attelé à la sensibilisation
auprès des enfants depuis l'année dernière.
Pour ce fonctionnaire à la retraite, comptant 16 années
au ministère de l'Environnement, il ne s'agit que d'une
continuité de ce qu'il faisait déjà. Avec
l'aide du GEF/SGP de l'UNDP, il sillonne les écoles et
collèges pour animer des conférences sur le réchauffement
climatique.
Sensibilisation. À Mahebourg, où il s'est
arrêté la semaine dernière, Poorundeo Ramgoolam
a su captiver l'attention des écoliers pendant sa présentation
d'une durée de plus d'une heure. Parce que les explications
étaient à leur niveau. Il commence par définir
ce qu'est le temps, puis le climat, pour venir aux changements.
Il passe ensuite au processus de la respiration, la photosynthèse,
l'importance des plantes dans notre existence, puis aborde l'effet
de serre
Il n'y a pas de doute, M. Ramgoolam connaît
son domaine, et la manière d'aborder les enfants sur ce
sujet.
Depuis 2008, avec la collaboration d'un collègue, il a
animé environ 300 causeries dans les écoles, collèges,
ainsi qu'auprès des associations féminines et associations
de pêcheurs. Pour le principal concerné, partager
ses connaissances est une manière d'assumer son rôle
de citoyen. "Car tout le monde est concerné et
doit y participer." Au cours de sa carrière, il
a assisté à plusieurs conférences sur le
réchauffement climatique. Il note beaucoup d'intérêts
dans certaines institutions, alors que dans d'autres, la direction
et le personnel démontrent peu d'enthousiasme.
À la fin de chaque causerie, les enfants sont invités
à signer la charte de l'environnement (voir hors-texte).
Ils s'engagent ainsi à faire dix actions dans leurs écoles
et chez eux, pour protéger l'environnement. Très
bientôt, l'Environment Care Association commence une autre
série de causeries, sur le tri des déchets cette
fois, en collaboration avec le ministère de tutelle. De
même, l'association a réalisé une bande dessinée,
avec le concours du directeur de la météo et le
soutien financier de HSBC, sur le changement climatique.