Faire se rencontrer des textes des dramaturges Jean Tardieu et
George Feydeau sur une même scène a certes le mérite
de changer du sempiternel mais non moins monumental Jean Baptiste
Poquelin. Aussi est-ce dans le genre vaudeville que les élèves
de première du Lycée La Bourdonnais, ayant choisi
l'option Théâtre, ont évolué sur la
scène du Serge Constantin vendredi dernier?
Dans une ambiance assez bistrot des années trente se sont
succédé des scènes légères
quoique fertiles en rebondissements. Le "ballet" des
serveurs sur un flamboyant fond jazzy servira de transition pour
passer d'une saynète à une autre. Le spectacle peine
cependant à convaincre la vraisemblance. Serait-ce parce
que des filles se sont retrouvées à camper des rôles
masculins ou parce que des éléments propres au jeu
théâtral semblaient trop absents ?
Le manque de relief dans l'interprétation pourrait aussi
ne pas être étranger au sentiment d'assister à
une pièce qui gagnerait grandement à retravailler
le jeu d'acteur avec un peu moins de légèreté.
Car même se moquer de la médiocrité des existences
bourgeoises requiert du ressenti. Sans doute pourrait-on aussi
déplorer l'absence d'un thème plus profond que "Des
mots pour rire". Un thème autre aurait peut-être
donné une dimension plus sentie et moins vaudevillesque
au jeu d'acteur ? Une dimension qui aurait été à
même de révéler le potentiel dramatique de
ces étudiants.