Week-End/SCOPE


Les indiscrétions de… NOTRE INVITÉ Jay Mootoosamy

Tisane du bonheur

En apprenant les secrets des plantes, il est devenu philosophe. Herboriste au marché de Port-Louis, Jay Mootoosamy met tout en oeuvre pour permettre à ses enfants de réussir. Sur les recommandations d'un de ses proches amis, nous l'avons kestionné.

Vous parlez souvent à votre reflet quand vous êtes devant un miroir?

Oui, tous les matins à mon réveil.

Que vous répond-t-il?

Regardes toi Jay. T'as pas bonne mine. Regardes à quel point t'es fatigué. Et là je lui réponds "si au moins ene zour ti éna plis ki 24 heures mo ti pou mari content. "

Un peu entre vous et moi, quelle est la partie de votre corps que vous préférez?

Mes mains.

Ah bon?

Oui car c'est justement avec ces mains que je prépare les tisanes. En quelque sorte, ce sont ces mains qui me permettent de gagner ma vie et surtout venir en aide aux autres.

Quelle est la partie qui vous complexerait?

Mes pieds. Ils se reposent rarement. Surtout au travail, je reste debout presque toute la journée. Vous pouvez le constater, ici, il n'y a pas de quoi m'asseoir.

Certains persistent à dire que le bonheur est un état d'esprit? Êtes vous de ceux-là?

Oui. Pour être heureux il nous faut rester positif. Même dans les moments les plus difficiles, il nous faut tout simplement nous dire que ça ira mieux. Penser à l'avenir et à accomplir nos rêves. Et quand ils se réalisent, c'est le bonheur.

Même s'il y a des gens plus à plaindre que vous, de quoi vous plaignez-vous le plus souvent?

Moi me plaindre? Non. Je le faisais peut-être quand j'étais jeune. Aujourd'hui, je peux dire que je suis satisfait de mon sort. Je profite du bonheur qui m'entoure.

Démontrez-nous l'état dans lequel vous êtes quand vous piquez une crise folle?

Ce qui est sûr c'est que je garde mon calme quand je m'énerve. Je cris sur un ton sévère puis j'oublie en lisant le journal ou un livre. C'est ma façon à moi de revenir à mon état normal.

Qu'est-ce qui pourrait vous faire entrer dans cette rage folle?

Quand mes enfants me désobéissent ou encore quand je trouve qu'ils négligent quelque peu les études. Je suis d'avis que l'éducation est la clé de notre avenir.

Le week-end idéal pour vous?

Des sorties en famille. C'est tellement rare ces derniers temps, avec les enfants qui vont prendre part à des examens très importants. Ce pense que cela nous ferait énormément de bien.

Avec qui souhaiteriez-vous terminer ce week-end parfait?

Avec ma femme et mes enfants bien sûr.

Avez-vous trouvé un sens à votre dernier rêve?

C'est un truc que je n'ai jamais compris justement. C'est que des fois je me retrouve dans des situations que j'ai déjà vécu. Finalement je pense avoir rêvé de ces moments. Je me souviens qu'une fois, une cliente s'était présentée devant moi et avant même qu'elle passe sa commande je savais déjà ce dont elle avait besoin. C'était du déjà vécu pour moi !

Actuellement quelle chanson refléterait le mieux votre état d'esprit ?

Une chanson qui refléterait le mieux mon état d'esprit? Non, il n'y en a pas. Ce matin par contre, il y a avait une émission sur la fête des mères à la radio. On diffusait des chansons spéciales pour l'occasion. Et depuis ce matin je ne cesse de les fredonner. Ces chansons me rappellent les bons moments que j'ai passés avec ma mère qui n'est plus de ce monde.

Pourriez-vous nous la chanter?

Je ne suis pas bon chanteur! Mais je peux vous répéter les premières paroles. Maman, tu es la plus belle maman du monde… Je me souviens uniquement de cette phrase. Je ne sais non plus de qui est cette chanson.

L'objet qui ne vous quitte jamais ?

Mes lunettes, sans lesquelles je ne vous verrais pas ! (Grands rires)

Avez-vous un surnom?

Au marché oui! Les amis me surnomment "Doc" par rapport à mon métier.

Croyez vous au destin ?

Je dirais oui et non. Bien souvent il nous arrive des choses auxquelles on ne s'attend pas. Donc pour moi, c'est le signe du destin. Je dirais non parce ce qu'on ne récolte que ce qu'on a semé.

Et si l'occasion vous est donnée de changer le vôtre que ferez-vous en premier?

Je ne changerai rien. Absolument rien ! Malgré les hauts et les bas, elle me plaît la vie que je mène. Je sais quoi faire pour provoquer mon bonheur…

Avec une petite tisane?

Non la tisane pou rane dimoun héré pa existe ça ! Mo bann la tisane servi zis pou bann health purpose. Je suis convaincu que chacun construit son bonheur.

Et s'il ne nous reste que 24 heures à vivre que ferez-vous?

Je ne lâcherais pas ma famille d'une semelle.

Qu'auriez-vous fait ou dit pour que l'on fasse de vous notre Premier ministre?

Politique? Non merci. Li pas interess moi et li pa pou interess moi ditou. Je ne veux pas devenir comme ces politiciens qui ne cessent de faire des promesses qu'ils ne tiennent jamais. Ek zot cozé boukou, action zéro!

Avec qui souhaiteriez vous prendre un pot pour discuter des affaires du pays?

Avec le ministre des Finances. Bann dimoun en ba lésel ek dimoun class moyen pé souffer pou zoine les deux bouts. Aujourd'hui, on ne peut se permettre de se faire plaisir en achetant des choses qui nous plaisent. Il nous faut acheter le strict minimum. Malgré cela, quand nous passons à la caisse du super marché, nous payons une grosse somme pour peu de produits achetés.

En tant que commerçant spécialisé en herboristerie, comment la récession vous touche-t-elle?

La vente ine tombé par plis ki 50%. Moins de gens viennent au marché de nos jours. Ils préfèrent acheter avec des marchands ambulants, qui vendent leurs produits à meilleur marché. De plus, ces derniers se font de plus en plus nombreux dans les rues de Port-Louis.

Que voudriez vous changer chez les Mauriciens ?

Leur manière de toujours polluer l'environnement. Peu de Mauriciens savent à quoi sert une poubelle. Ils jettent les ordures n'importe où. Je trouve cela dommage.

Et chez vous ?

Mon impatience. Par exemple quand je vais à un rendez-vous important je n'aime pas qu'on me fasse attendre. Là je m'énerve !

Qu'avez-vous lu ou entendu dans l'actualité ces derniers jours qui vous a marqué?

Ayo oui. Ce père qui a tué son enfant de 2 mois. Ce genre de cas doit interpeller les travailleurs sociaux. On se rend de plus en plus compte que la société mauricienne est malade. Tous les jours on n'entend que des meurtres, viols, accidents fatals… Mais je blame plutôt l'incompétence des autorités.

Pensez-vous avoir bien répondu aux questions ?

Bon pé répon bann kestions la au pié lévé. Pa pé bien gagne létan réfléchi. Mé mo pensé ki li bon. Ou capav éna 1 ou 2 ki pane tro bien répon.

Maintenant que l'on vous connaît mieux, confiez nous quelque chose d'inavouable?

Pa capav dir sa mamzel. Si 2 dimoun conne ene zafer bé li népli ene secré. Enfin !


CARTE DE VISITE

NOM : Jay Mootoosamy

ÂGE : Ayo obligé dire ça? 45 ans

PROFESSION : Herboriste

SIGNE ASTROLOGIQUE : Gémeaux

SITUATION : Marié et père de deux filles

AIME : Lire toute sorte de livres, magazines, romans etc; faire des recherches, être bien informé

N'AIME PAS : Qu'on me prenne pour un imbécile. Those who take everything for granted !

No DE TÉLÉPHONE : Non mais !

MAIS AUSSI : Cela fait 15 ans que Jay Mootoosamy exerce le métier de herboriste au marché de la capitale. Mais avant de se lancer dans ce domaine, Jay a pendant une dizaine d'années travaillé dans une pharmacie, puis, cinq ans dans une usine de textile. Cependant, alors qu'il n'avait que 10 ans, il aidait de temps à autre son père qui était lui aussi herboriste. " D'où ma passion pour les plantes. " Mais arrivé à l'âge adulte, lorsque sa mère décède, c'est Jay qui prend la relève au marché de Port-Louis, son père ne se sentant plus capable de continuer à travailler. " Ma satisfaction dans ce métier est quand les clients reviennent au marché pour me remercier. Ce qui prouve qu'ils ont eu de bons résultats. Aujourd'hui je compte un bon nombre de fidèles clients. " Connu et très apprécié sur son lieu de travail, Jay Mootoosamy se présente comme un homme qui a une grande joie de vivre. "Malgré du stress du travail je reste zen ! " Pour la petite histoire : " C'est un ami, qui travaille lui aussi au marché de Port-Louis, qui m'a inscrit à cette rubrique. Je n'étais au courant de rien. Je ne regrette pas d'avoir accepté de me prêter au jeu ! "