Week-End/SCOPE


FORMATION: MGI

L'animation en 3D

Un groupe d'élèves du MGI suit actuellement un cour de formation en animation 3D animé par un expert indien. Ce qui selon Hans Ramduth, enseignant, augure de nouvelles perspectives pour les élèves du tertiaire de même que pour le pays. L'animation 3D est un secteur d'avenir.

Depuis le 10 mars, l'expert indien Adesh Bhardwag, enseigne à un groupe d'élèves de l'école les différentes étapes pour réaliser un film d'animation. Bien que ces derniers aient déjà une notion et connaissent la base de l'animation 3D, les responsables de cette institution ont voulu leur donner la possibilité d'avoir une formation plus technique. C'est ainsi qu'Adesh Bhardwag, de Mumbai, a été invité à venir partager ses connaissances avec eux. La formation est dirigée par le chef de département et du professeur Hans Ramduth qui enseigne l'Histoire de l'Art au MGI. Ce Digital Art Program explique-t-il, est d'une durée de quatre ans et que les élèves en sont à leur deuxième année de cours.

Règles. La formation que dispense Adesh Bhardwag à Maurice dure un mois. Il enseigne d'abord les douze règles de l'animation, et il explique aux élèves les habilités et techniques nécessaires. La pratique passe par la création de simples petits personnages, l'ajout des couleurs, les mouvements, la lumière, le cadrage, entre autres. Ces douze règles avaient été décidées par Disney en 1940 et depuis, elles sont devenues les règles fondamentales de l'animation.

Processus. Hans Ramduth explique qu' "avant l'utilisation de l'ordinateur, on se servait de l'animation sur calque, ou le cell animation. L'on y dessinait image par image et pour chaque seconde dans le film il nous fallait 24 images. Ce n'était pas chose facile." C'est à partir des années 80 qu'on a commencé à se servir de l'ordinateur, qui fait la moitié du travail, pour créer des mouvements, affirme-t-il. Pour réaliser un film d'animation, cela requiert une bonne technique, mais aussi une bonne notion de l'art théâtral pour pouvoir créer des mouvements réalistes et convaincants. Il faut donc savoir discerner quelles sont les parties du corps qui expriment une émotion quelconque et réussir ainsi à les reproduire dans les personnages virtuels. "Le procédé est assez complexe, continu le professeur. Il se fait en plusieurs étapes." On compte au total 6 étapes. Avant toute chose, il faut écrire l'histoire et le dialogue des personnages. Le story-board aide à avoir une idée générale ; ce sont des images dessinées au crayon qu'ils doivent scanner ensuite pour en faire un animatic.

(Animatic : Technique de présentation annonceur ou de test d'un spot TV qui consiste à visualiser dynamiquement un story-board sous forme de diapositives qui s'enchaînent avec éventuellement un accompagnement sonore.)

À partir de cela, ils se penchent sur le décor, le modélise ainsi que les personnages. Ils ajoutent les différents détails, non moins importants, comme la lumière, les couleurs. Et au final, en créant l'animation, ils font un film.

Premier pas. L'industrie de l'animation est en pleine croissance en Inde. Et à Maurice cela commence maintenant à se faire connaître. "C'est un premier pas important dans l'industrie de l'animation et le Digital Arts Program va changer beaucoup de choses à Maurice," dit Adesh Bhardwag. De plus, il dit encourageant le fait qu'il y ait actuellement en Inde un étudiant mauricien qui se perfectionnalise dans l'animation.


Adesh Bhardwag et le 3D

Enfant, il était un grand amoureux des films. "J'adorais regarder tous types de films et puis un jour je me suis demandé comment cela fonctionnait et comment on faisait pour animer des images et monter un film. Cela m'intriguait."C'est alors qu'il a commencé à suivre une formation dans un petit studio où l'on enseignait la base de l'animation. Il s'est retrouvé plus tard à une école de formation afin d'avoir une approche plus professionnelle dans ce qui le passionnait.

Adesh Bhardwag a été formé en animation 3 D par Ram Mohan. Ce dernier, septuagénaire, est considéré comme le pionnier de l'animation 3D dans son pays, et il est aussi le fondateur du studio Graphiti. Ce studio existe depuis maintenant 30 ans et a réalisé plusieurs films d'animation. Adesh Bhardwag est enseignant d'animation depuis 13 ans et travaille actuellement dans une école de formation en Inde

Sentiments. Adesh Bhardwag se dit " heureux de pouvoir partager mes connaissances avec les futurs pionniers de l'animation 3D à Maurice." Il trouve cette aventure à Maurice très excitante. "Maurice a besoin de sa propre équipe de réalisateurs et je pense qu'ils sont sur la bonne voie," dit Adesh Bhardwag. "De plus, ajoute-t-il, stratégiquement, Maurice a un très grand potentiel et les mauriciens sont capables de réaliser pleins de choses car ils sont très créatifs. En plus, ici il y a une variété de cultures, ce qui implique différentes manières de penser, donc une large palette d'idées. "


Animation en 3 dimensions

L'animation 3D est une technique d'animation numérique équivalent à l'animation en volume dans un monde virtuel. Les animations 3D sont des œuvres artistiques complexes dont dépendent la maîtrise de multiples procédés. L'illusion se façonne autour de la création d'un univers et de personnages à la fois surprenants et d'une réalité presque palpable. Derrière la puissance des ordinateurs et des logiciels, le formidable génie humain à permis d'accéder à un rêve : donner la vie a une matière technologique plutôt abstraite au départ et à mettre en place des histoires sans limitation pour l'imagination.

Quelques films d'animation : Toy Story en 1996, Shrek 1 en 2001, Monstres et Cie en 2002, Nemo en 2003.

Dans la plupart des cas, les objets et personnages sont construits suivant des modèles à trois dimensions (on définit des volumes avec une texture de surface), et des algorithmes informatiques traitent ces modèles pour générer l'image en simulant une lumière incidente (effet du soleil, d'une lampe...) et en traitant les différents effets (notamment les ombres et réflexions). Les volumes, les paysages, les personnages, tout se construit à partir de polygones. Un bon animateur 3D peut à partir d'un simple cube construire des formes étonnamment complexes. Il travaille ensuite la colorimétrie, et bien entendu l'éclairage ne se fait pas automatiquement, il s'agit de le placer au mieux pour un rendu plausible, ou des effets sur les volumes et l'ambiance générale de la scène.