Week-End/SCOPE


REPORTAGE… FRUITIER

Nouveaux fruits du terroir

C'est dans l'optique de la diversification des terres marginales, moins rentable pour la canne à sucre, que le Mauritius Sugar Indusry Research Institute (MSIRI) travaille sur l'introduction de nouveaux fruits non seulement sur le marché mauricien mais cultivés en terre mauricienne. Des recherches qui prennent plusieurs années avant de voir les résultats.

Vous en avez certainement vu quelque uns en vente sur le marché et même en bordure de route. Attrayante de par sa forme, la Pitaya aussi appelé fruit du dragon, est le dernier fruit à avoir été sur le marché local. Des résultats concluants qui sont arrivés 6 ans après les débuts des recherches des officiers de la MSIRI (Mauritius Sugar Industry Research Institute). Répondant à certains critères; l'adaptabilité, un marché suffisant, la durabilité et aussi la rentabilité financière, ce fruit est sur le marché depuis 2008.

Recherches. Si contrairement à d'autres fruits qui n'ont jamais été cultivés à Maurice et qui ont du être introduit par le MSIRI, la Pitaya quant à elle, pousse sur l'île depuis le 18ème siècle. Introduit par les français, elle servait de nourriture aux tortues. "Vous pouvait en croiser un peu partout à travers l'île, mais la différence c'est qu'elle ne produit pas de fruit", explique Mukesh Rughoo, le Head, Food Crop Agronomy Department du MSIRI. D'où les 6 années d'étude afin de trouver la bonne formule. Ce cactus rempli de piquant ne délivre que des grosses fleurs roses allant sur le rouge. La raison, pas de pollinisation vu que l'étamine, organe mâle de la fleur n'est pas en contact avec la stigmate du pistil organe reproducteur femelle, qui elle se trouve en haut de la fleur. Pour obtenir des fruits, les chercheurs du MSIRI entre-croisent des espèces différentes. "Nous avons fait des recherches à Maurice et nous avons découvert deux espèces en espérant voir un fruit en résulter." Chose qui s'est avérée être concluante avec le premier fruit clone en 2006. "Nous ne nous sommes pas arrêtés là. Il nous a fallu faire plus de recherches pour qu'il y ait plus d'auto-compatibilité." Depuis le premier clone, la variété de Pitaya n'a cessé d'augmenter, comptant 8 variétés étrangères, 3 locales et une centaine qui a été croisé.

Bienfaits. Avec sa chair blanche parsemée de très nombreuses petites graines noires, ce fruit qui se consomme généralement frais, compte aussi une variété rouge et fuschia, le jaune n'étant pas commercialisé. Une couleur fuschia qui une fois en contact avec votre épiderme, laisse des traces ce qui explique ses valeurs nutritives et qu'elle soit riche en antioxydants. "La graisse naturelle que contiennent les graines lui donne un effet laxatif. La Pitaya est riche en magnésium, calcium, phosphore, carbohydrate et potassium. Elle aide aussi à réduire le taux d'acide urique dans le sang", explique M. Rughoo. D'une saveur douce et fraîche, peu prononcée, laissant un arrière-goût léger de lait, la texture du pitaya se rapproche de celle du melon. Cultivé dans des endroits secs, elle peut peser jusqu'à 1kg.

Autres fruits. Si le projet de Pitaya s'est avéré concluant, Mukesh Rughoo espère de même pour les autres recherches en ce qu'il s'agit de fruits. "Comme la Pitaya, nous voulons produire nos fruits nous-même. c'est une grande chose pour l'industrie touristique d'avoir un produit local. Chose bénéfique également pour la population, car les mauriciens consomment beaucoup de fruits." Toujours dans l'optique de diversification agricole, le MSIRI a commencé un programme de recherche sur le jujube, le rambutan, le durian, le mangoustan, le jaboticaba et le cupuassu. De plus, des nouvelles variétés de jujube et de ramboutan ont été implantées à réduit, Belle Rive et Pamplemousses. "Il faut préciser que nous travaillons uniquement sur des fruits qui ne sont pas connus à Maurice." Il faudra toutefois attendre quelques années avant de voir ces fruits sur le marché bien que M. Rughoo reste sur ses gardes car de tels projets ne rencontrent pas que du succès.


Les intéréssés

Depuis le mois de janvier de cette année, le MSIRI a mis à la disposition de ceux intéréssés, deux variétés de pitaya qui sont auto-compatible, le Vietnam et la Manny's Pink. Elles sont toutes deux à chair blanche et aussi, croisent bien avec les autres clones. Les personnes intéréssées peuvent contacter le MSIRI. À noter que la pitaya est l'unique plante qui prend 20 à 25 jours pour produire des fleurs et 30 jours pour un fruit.


Fruitier

Jujube

Le fruit jeune, à noyau dur comme celui d'une olive, est vert et a le goût et la consistance de la pomme. À maturation, la couleur s'assombrit et devient violet-noir, et le fruit se flétrit pour atteindre la consistance et le goût d'une datte, d'où son surnom de datte chinoise.

Ramboutan

Proche parent du letchi et du longane, le ramboutan est un fruit unique en son genre. Fruit très populaire, il se décline en une cinquantaine de variétés. De forme ovoïde, sa peau est recouverte de nombreuses pointes d'épines tendres. Celles-ci sont de couleur verte, longues et recourbées, ce qui lui donne l'apparence d'un petit oursin. Sa peau a une teinte variant du rouge au brun jaunâtre. Sa pulpe est juteuse, blanchâtre et translucide. Selon les variétés, il a une saveur tantôt sucrée et parfumée, tantôt aigrelette ou acidulée.

Jaboticaba

Natif du sud du Brésil, de Bolivie, du Paraguay et d'Argentine, le jaboticaba se cultive aujourd'hui dans la région de Rio de Janeiro. Cet arbre ornemental, ramifié dès la base, étale sa frondaison ronde jusqu'à 10 m de haut. Le fruit rond possède une peau épaisse verte à l'intérieur, violet foncé à l'extérieur. Les variétés réputées ont la texture et la saveur du raisin. La pulpe, translucide et blanche, se mange crue après avoir ôté la peau (âpre) et les pépins.

Durian

Les fleurs sont hermaphrodites et dégagent une odeur âcre et forte. Les arbres fleurissent une ou deux fois par année et la période dépend de l'espèce et du lieu. Un arbre porte des fruits dès sa quatrième ou cinquième année. Le fruit, très volumineux, avec une longueur et un diamètre de respectivement 30 et 15 centimètres, se lignifie à maturité. Il faut trois mois après la pollinisation pour qu'il soit mûr. Il est de couleur verdâtre et est hérissé de nombreuses épines coniques. Selon les espèces, cette teinte peut varier et tirer sur le brun, le rouge ou le jaune. Il s'ouvre en cinq valves contenant chacune jusqu'à cinq graines noyées dans une pulpe blanche onctueuse comme de la crème et à l'odeur puissante. Ces graines à gros cotylédons sont comestibles.

Mangoustan

Le mangoustan est un fruit tropical arrondi mesurant généralement de 4 à 7 cm de diamètre environ. Il possède une peau épaisse, de couleur pourpre-violacée plus ou moins foncée. Ce fruit possède des arilles de couleur blanc-translucide, répartis en segment, juteux et agréablement parfumés. C'est un fruit très apprécié par les amateurs de fruits tropicaux.