Week-End/SCOPE


MWF : CONSERVATION

Anou sap nou lezar

Une journée afin de sensibiliser tout un chacun sur l'importance des lézards, c'est ce que propose la Mauritian Wildlife Foundation ce dimanche au Mahébourg Waterfront. Une occasion de présenter la situation à Maurice mais aussi de conscientiser le public mauricien.

"Maurice est avant tout une île reptilienne", nous dit Cathleen Cybele, Conservation Educator à la Mauritian Wildlife Foundation. L'idée de cette journée sur le lézard, est évidente nous explique Cathleen. La chaîne de conservation des espèces en danger dépend en majeur partie de ces lézards. "Le plus bel exemple, c'est la pollinisation des plantes. Le Gecko mange le pollen et le transmet de plante en plante, cela aide à la pollinisation, donc la reproduction des plantes comme les plantes rares. Le lézard mange des insectes, le boa lui mange le lézard et le kestrel mange le boa. Sans boa la survie du Kestrel peut être menacée. Si on enlève le lézard de cette chaîne, c'est toute une chaîne de production qui est mis en danger", explique notre interlocutrice. "D'où l'initiative de cette journée afin d'aider le public à mieux comprendre l'importance de nos lézards."

Sud. La région sud étant une région riche en population de lézard, la MWF n'a pas hésité pour y faire sa campagne. Afin de préserver le patrimoine mauricien mais aussi cette identité, d'être un des rares pays à avoir une riche diversité reptilienne dans le monde. Pour aider à la conservation de ces espèces rares, comme le Scinque de Bojer de l'Ilot Vacoas, qui compte entre 350 et 400 individus à Maurice, certaines îles sont interdites d'accès au public, à l'instar de l'île aux Vacoas et l'île aux Mariannes. Deux îles désignées comme réserves naturelles fermées au public. "Nous avons tous un effort à faire pour aider à la sauvegarde. Il ne faut pas oublier que la destination Maurice n'est plus uniquement sur le marché que pour ses plages. Le tourisme vert se fait de plus en plus parler de lui et il faut préserver cette biodiversité." Avec Miss-Ti comme mascotte, le Lézard vert, la MWF a voulu représenter cette campagne par un lézard connu des mauriciens. "Les mauriciens peuvent très bien le reconnaître, d'où l'idée de prendre cette effigie. Si vous l'observez, vous remarquerez qu'il porte les 4 couleurs de notre drapeau mauricien."

Menaces. Malgré le gros travail que mène la MWF, la protection de ces espèces est pourtant menacée. Pour Cathleen Cybele, la responsabilité revient à ceux qui s'introduisent sur ces îles. La pollution mais aussi les grillades sans appareils de barbecue causent de très gros dégâts à l'écosystème. "Nous avons ramassé des bouteilles en plastique avec des Skinks à l'intérieur. Ce lézard avec des griffes, une fois entré dans la bouteille ne peut plus en ressortir car ses pattes glissent et il meurt. Il y a aussi des barbecues qui se font sur les rochers. C'est une chose à ne pas faire car le feu brûle les lézards qui y vivent." Cathleen Cybele insiste également sur l'importance d'emmener un appareil de barbecue et à surtout ramasser les bouts de charbon. "Tout visiteur doit bien vérifier leur bateau avant d'arriver sur l'île. Soyez sûrs de ne pas emmener des animaux sur les îlots, comme des rats, des lézards de maison, des couleuvres, caméléons, chats et chiens entre autres", tient-elle à faire ressortir. Aussi, elle insiste sur le choix d'un skipper formé comme guide nature avec la MWF pour les visites des îlots. Anou sap nou lézar n'est non seulement le travail de cet ONG mais aussi le devoir de tout un chacun. À noter, qu'il y a un facebook group de anou sap nu lezar.


Les eco-skippers

Ils sont environ une soixantaine skippers à avoir été formés par la Mauritian Wildlife Foundation afin de mieux connaître la faune et la flore de la région sud. Avec une connaissance sur la protection et la conservation ces éco-skippers peuvent mieux orienter, conseiller mais aussi inculquer les valeurs de la nature et de la sauvegarde de l'environnement aux visiteurs des îles du sud. Les skippers local intéressés par la formation offerte par la Mauritian Wildlife Foundation, peuvent se faire connaître au siège de l'ONG à Vacoas ou en téléphonant sur le 697 6097.


Rendez-vous le 19 avril

Rendez-vous est pris pour ce dimanche, le 19 avril au Mahébourg Waterfront pour une journée consacré sur la conservation des lézards. Au programme, de l'animation pour les enfants avec le puppet show, des ateliers de peintures, le face painting, des ateliers de plasticine, des concours de dessin, des prix à remporter comme des billets pour visiter l'île aux Aigrettes. Le public pourra par la même occasion se renseigner sur cette espèce mais aussi poser des questions. Des guides mais aussi le personnel de la Mauritian Wildlife seront présents. La journée débutera à 12h pour prendre fin vers 17h. L'animation musicale à aussi été prévue. Pour rappel cet évènement qui aurait dû avoir lieu le 5 avril dernier avait été renvoyé pour cause de mauvais temps.


À ne pas confondre

"Il ne faut surtout pas confondre le lézard malgache au lézard vert." Un point que veut absolument faire ressortir Cathleen Cybele. La raison, le lézard malgache est nuisible et mange les lézards de maison et peut aussi détruire cette population des lézard considérée comme rare et protégée. Contrairement au gecko mauricien qui lui porte deux bandes rouges sur le nez, le lézard malgache en compte deux. Ceux ayant aperçu un de ces espèces peuvent contacter Steeves Buckland qui étudie cette espèce sur le 783 4089.


Les lézards

Scinques de Bouton (Crytoblepharus boutonii)

Ce reptile au reflet brillant se déplace rapidement et vit sur l'Ilot Vacoas, l'Ile aux Fouquets et parmi les bâtiments historiques de l'Ile de la Passe. C'est le seul lézard natif de Maurice et on peut le retrouver ailleurs dans le monde. Malheureusement chaque année beaucoup de Bouton meurent à cause de la chaleur des rochers utilisés lors des barbecues et des déchets jetés.

Gecko de nuit (Nactus coindemirensis)

Ce gecko nocturne de tempérament timide vit dans les rochers de l'Ilot Vacoas. Comme la femelle gecko pond ses œufs dans le creux des rochers, il est important de ne pas faire de barbecue à cet endroit pour ne pas les tuer. Malheureusement le "lézard de nuit" rentre en compétition avec le "lézard de maison" qui a été introduit. Les deux espèces se ressemblent mais le "lézard de maison" est plus fort et jette littéralement le "lézard de nuit" hors de son habitat et le mange. De ce fait le "lézard de nuit" peut seulement survivre là où il n'y a pas de "lézard de maison".

Scinque de Bojer de l'Ilot Vacoas (Gongylomorphus bojerii sp.)

Ce lézard rare ressemble au scinque de Bojer des îlots du nord mais celui-ci est maintenant une forme unique à l'Ilot Vacoas. Ils étaient présents sur les autres îlots du sud-est mais ont disparu après l'introduction des musaraignes, serpent et rats. Ces mammifères exotiques n'ont jamais atteint l'Ilot Vacoas ce qui a permis au scinque de Bojer de survivre. Les espèces exotiques ont été éradiquées des autres îlots et cela a permis le transfert des scinques de l'Ilot Vacoas vers ces habitats originels (l'île au Phare) dans le but de sauver ce lézard unique de l'extinction.

Scinque de Telfair (Leiolopisma telfairii)

Le plus gros des lézards mauriciens, le scinque Telfair, se nourrit de fruits, d'insectes et quelquefois d'autres lézards. Étant frugivore, il participe à la dispersion des plantes endémiques. On le trouve sur l'Ile aux Aigrettes où il a été réintroduit en 2006 depuis l'Ile Ronde.

Lézard vert ou Miss-Ti (Phelsuma ornata)

Le gecko charismatique porte les couleurs quadricolore mauricien. Il joue un rôle important dans l'écosystème car il aide à la pollinisation des plantes endémiques. On le retrouve sur l'Ile aux Aigrettes aussi bien que sur les régions côtières de l'Île Maurice. Vous pouvez l'apercevoir prenant un bain de soleil sur les plantes natives telles que le Vacoas, le Palmier et le Latanier.