INTERVIEW : DR CATHERINE GAUD
VIH/SIDA:"Mesures draconiennes et urgentes à
prendre"
De grands changements interviendront bientôt au niveau
du traitement, de la prise en charge des patients, des structures
médicales, de l'accès à la Méthadone,
entre autres. Maurice devra agir dans l'urgence et avec plus d'efficacité.
Au cas contraire la situation sera bien pire qu'elle ne l'est.
Suivant l'épidémie à Maurice depuis une vingtaine
d'années, le Dr Catherine Gaud s'inquiète et mais
reste optimiste. Désormais membre du National Aids Committee,
elle sera étroitement associée à la révision
de l'ensemble du système mauricien dans la lutte contre
le VIH. L'objectif sera de rectifier les anomalies identifiées
et de mettre sur place un système mieux adapté pour
répondre au problème. Le Dr Gaud en a parlé
aux principaux acteurs engagés et au Premier ministre qui
affiche pour sa part une nouvelle volonté. Experte internationale
sur le VIH & SIDA, initiatrice de la lutte dans la région
de l'océan Indien elle était à Maurice la
semaine dernière et revient prochainement avec un nouveau
plan d'action.
En 2007, dans une interview que vous nous accordiez, vous décriviez
la situation locale touchant au VIH & SIDA comme "extrêmement
grave." Que répondez-vous à la même
question deux ans plus tard ?
Elle est encore plus grave! Les choses ne vont pas bien essentiellement
parce que, si Maurice est maintenant exemplaire à donner
un programme de substitution à la Méthadone, elle
a beaucoup tardé à le faire. Et elle le paie très
cher aujourd'hui. On a eu une réunion avec le National
Aids Committee (ndlr mercredi) et le Premier ministre a parfaitement
pris l'ampleur de la gravité de la situation. Je crois
qu'il y aura une réponse beaucoup plus globale encore.
Ce que les gens appellent le scaling up. C'est un enjeu
dramatique, il faut permettre l'accès à la Méthadone
au plus grand nombre. Évidemment pas en s'affolant. Une
réorganisation est aussi nécessaire au niveau des
soins. Là encore la situation est grave parce qu'il y a
une accentuation très importante des co infectés
par le VIH et l'Hépatite C (VHC) à cause de la toxicomanie
intraveineuse. Entretemps, l'épidémie s'étend
chez les hétérosexuels. Parce que les usagers de
drogues rentrent à la maison où ils ont des relations
sexuelles avec leurs partenaires. Certains ne sont pas forcément
fidèles. Ils ont ensuite d'autres relations sexuelles avec
d'autres personnes. La communauté hétérosexuelle
en est donc forcément atteinte. Il y a aussi une sous représentation
des homosexuels mauriciens. Comme pour toutes les communautés
homosexuelles dans la zone océan Indien. Donc, si on est
dans le déni du problème on court vers une catastrophe.
Il y a des envahisseurs à Maurice. Ils sont le VIH, le
VHC, la toxicomanie. C'est comme-çi une armée étrangère
avait débarqué. Il faut que Maurice se défende
et déclare la guerre à tout ça. Il faut donc
prendre des mesures draconiennes et urgentes.
Nous sommes donc arrivés à ce qui avait été
prévu de pire ?
Exactement. On est arrivé à ce que l'on a dit il
y a deux ans, même si Maurice n'a pas fauté. Le pays
a répondu, mais elle n'a répondu que partiellement.
Elle a bien répondu à l'épidémine
VIH/SIDA, mais ce qui lui a coûté cher, c'est d'avoir
tardé à donner l'accès à la Méthadone.
Cette situation semble aussi s'expliquer par l'absence de volonté
dont souffre cette réponse?
Je crois qu'il y a des parties pris ou des intérêts
de certaines personnes qui ne sont pas des intérêts
de santé publique. C'est-à-dire qu'il y a peut-être
un certain nombre de lobbies sociaux, religieux qui disent la
même chose. Les mêmes bêtises sur la Méthadone,
l'accès au soin, le préservatif comme nous l'entendons
depuis des années. Comme pour le discours du Pape, par
exemple, on dit encore que si on donne accès au préservatif
on favorise la multiplicité des relations sexuelles et
la maladie. Ce qui est exactement l'inverse, tout le monde le
sait. Et on vient dire qu'en donnant la Méthadone, on favorise
la maladie. Et je l'ai encore - un peu de façon masquée
- entendu de la bouche d'un responsable aujourd'hui qui a dit
de faire attention parce qu'en donnant de la Méthadone
on fait des drogués. C'est une chose aberrante. La Méthadone
ça se donne par un médecin prescrit après
avoir constaté une addiction réelle au brown sugar
ou autre chez un patient. Donc, c'est une réponse complètement
adaptée. C'est la seule réponse. De toute façon
on a des exemples dans le monde entier. Et Maurice est en train
de devenir championne du Monde de l'usage de drogues. Elle est
passée du quatrième rang de la plus importante prévalence
au deuxième. Si ça continue, elle sera première.
Parlant de Méthadone des dysfonctionnements dans le
programme font qu'il ne fonctionne pas comme espérer. Comment
rectifier cela?
Le problème c'est qu'il y a un entonnoir dans l'accès
à la Méthadone. Il n'y a que quelques personnes
qui ont accès. Il y en a beaucoup qui attendent. Certains
sont contraints à trois ans d'attente. Ce n'est pas possible.
Il faut que tout le monde ait accès très vite. Et
là encore, pas en faisant n'importe quoi. Il faut expliquer
les choses, faire des campagnes de prévention, former les
professionnels, etc. Il faut aussi qu'il y ait des nombreux points
où les usagers de drogues puissent venir chercher leur
Méthadone. Et ne pas faire ce que l'on fait en ce moment.
En ce moment, il y a tellement de personnes qui viennent en chercher
dans un seul point qu'on leur en distribue seulement. On ne les
prend pas en charge. Ce moment où on prend de la Méthadone
doit être un moment où l'on devrait pouvoir s'arrêter
un peu pour parler de sa séropositivité, de son
addiction, de sa situation sociale, familiale et chercher un soin.
La prise en charge doit être globale et ne pas simplement
être une distribution. Et cette distribution se fait tellement
vite que les gens n'ont pas le temps de regarder si les personnes
avalent bien leur Méthadone. Certaines en profitent pour
en glisser dans un petit plastique dans leur poche ou en mettent
dans un coton dans la joue pour le presser plus tard et en dealer.
Tout cela, ce sont des pratiques qu'il n'y aurait pas si la distribution
pouvait être élargie. Le challenge est énorme
est très urgent. Quand j'entends qu'il faut attendre 3
ans pour avoir de la Méthadone
Maurice c'est fini
dans ces conditions.
Est-ce difficile de réussir une prise en charge globale?
Pas du tout. La Méthadone ça ne coûte pas
cher. De toute façon il y a une réalité :
les toxicomanes sont là. Un toxicomane a besoin de sa dose
et il en pense dès le matin. Comment avoir sa drogue? En
dealant, en commettant des délits, en prenant l'argent
des gens etc. Les drogués ne sont pas des gens heureux
de faire ça. Ils sont forcés et n'ont pas d'autre
solution. Comme ils sont amenés à le faire, on les
prend pour des délinquants et on les punit, on les met
en prison. Là aussi c'est assez catastrophique parce qu'il
n'y a pas de prise en charge. Mais si on les prend en charge,
ils redeviennent des gens tout à fait contents d'avoir
ce dont ils ont besoin pour être bien et pour ne pas avoir
à courir toute la journée et être des délinquants.
Si on leur donne un encadrement disons psyco-socio-médico-éducatif
correct, ces gens-là sont tout à fait réinsérables.
Ils deviennent alors des gens qui travaillent et qui produisent
quelque chose pour la société. Mais il y a certains
lobbies religieux, sociaux, politiques qui font que l'on ne veut
pas vraiment de cette prise en charge. On dit des bêtises
en disant que ça va augmenter la toxicomanie, on dit que
l'on ne veut pas d'usagers de drogues dans sa circonscription,
etc. En fait il faut faire porter le poids de tout cela sur l'ensemble
de la société mauricienne sur l'ensemble des régions.
Effectivement, les usagers de drogues sont des patients lourds,
ils ont plein de problèmes, sont très difficiles
à prendre en charge, je peux en témoigner puisque
j'en prends en charge. C'est très compliqué. Il
faut des professionnels de santé avec des équipes
spécialisées dans la plupart des hôpitaux,
il faut des centres des dispensation partout. Il en faut plusieurs
dizaines dans toute l'île, c'est au gouvernement de voir.
Que ce soit proche sur les gens. C'est un effort global, il y
a un problème.
Comment s'est passée votre rencontre avec les membres
du NAC?
Je sors du National Aids Committee très rassuré.
Je suis sûr qu'il y a eu une prise en compte par le Premier
ministre, le ministre de la Santé et les gens qui étaient
là de l'ampleur de la situation. Je suis sûre que
ceux qui décident et qui ont la responsabilité de
diriger ce pays ont compris. M. Ramgoolam m'a remerciée
de les aider, mais c'est moi qui le remercie très sincèrement,
parce que je pense vraiment qu'il va se batailler.
Le NAC s'est finalement réuni au bout de quelques années
et l'impression est que la structure de coordination de fonctionne
pas. Surtout que plusieurs des problèmes dont vous venez
de parler avaient déjà été exposés,
mais en vain, dans le passé. Croyez-vous que les choses
seront différentes cette fois et n'êtes vous pas
trop optimiste?
Je suis très optimiste. Effectivement le NAC ne s'est pas
réuni avant. Le PM a quand même beaucoup de responsabilités
et n'a pas que ça à faire. Je pense que ses conseillers
ne lui avaient peut-être pas mis en avant la gravité
et l'ampleur du problème. Il est médecin lui aussi
et il a compris. Je crois que maintenant il va impulser une politique
totalement différente et qu'il va livrer bataille pour
l'avenir de Maurice. Le simple fait qu'il m'ait fait l'honneur
de me mettre dans le National Aids Committee - puisque
j'en fais officiellement partie - montre sa volonté qu'il
y ait un spécialiste étranger qui connaît
bien Maurice dans le comité. Cela fait 20 ans que je suis
régulièrement à Maurice pour batailler contre
le VIH. Cela veut dire qu'il souhaite qu'il y ait quelqu'un d'indépendant
qui ne soit pas dans le système mauricien qui lui donne
un avis et qui participe. C'est sa volonté d'être
éclairé en toute franchise et en toute sincérité.
Cela témoigne de sa volonté de prendre le problème
à bras le corps avec le ministre de la santé. Je
pense vraiment qu'il y a une volonté qui s'est exprimée.
Je suis très optimiste et je pense que les choses vont
changer.
Je reviens dans une quinzaine de jours refaire tous les programmes
nationaux de lutte contre le VIH/SIDA avec les acteurs concernés.
Il faut fermer le Centre de Santé Bouloux qui est complètement
obsolète et ouvrir des centres spécialisés
dans les cinq hôpitaux. C'est ce qui a été
proposé et c'est ce qui va se faire. Il faut faire de vrais
soins aux patients séropositifs. Il faut les dépister
beaucoup plus tôt, réentraîner les équipes,
lutte contre la stigmatisation. Il faut aussi enseigner aux médecins,
aux infirmiers, aux policiers, aux gardiens de prison et surtout
faire des cours dans des écoles.
Puisque vous parlez de la stigmatisation, elle est très
présente dans le milieu hospitalier où des patients
sont discriminés par quelques-uns des membres du personnel
soignant.
C'est vrai, j'en suis consciente. Je l'ai dit au Premier ministre,
il le sait. Il y aura des programmes de formation. Encore faut-il
que ce soit de programmes avec de bons enseignants qui soient
faits à destination de tout le monde. Et j'espère
que ces programmes seront obligatoires. Le problème de
beaucoup des médecins mauriciens c'est qu'ils ont l'impression
qu'ils savent. À partir de là ils croient ne pas
avoir besoin d'apprendre. Si les gens savaient, ils sauraient
qu'il n'y a aucun risque, ils sauraient soigner les patients,
leur parler, ils connaîtraient le traitement des infections
opportunistes, etc. À la Réunion je reçois
des médecins mauriciens et des médecins d'autres
pays et quand je leur demande d'examiner un patient certains n'osent
pas. Quelques-uns ne veulent même pas les toucher. Et ce
sont des médecins, parfois même des médecins
référants. Donc des gens qui ont eu des cours théoriques.
Mais entre la théorie et la pratique, il y a une part mythique.
Quelque part on a peur sans savoir pourquoi. Intellectuellement
on sait que ce n'est pas dangereux, mais pour de vrai on a peur
quand même. Ce n'est pas rationnel. Il faut donc former
les médecins référants d'une façon
précise et les amener à mettre la main dans la farine
parce que les cours théoriques ne sont pas suffisants.
La formation doit se faire avec des exemples pratiques, si possible
avec des séropositifs qui participent et témoignent
et avec de vrais acteurs de terrain. Elle doit se faire avec des
gens qui savent de quoi ils parlent et qui savent se montrer convaincants.
Et ça, je pense que ça manque.
Durant votre présent séjour vous avez aussi animé
un atelier de travail à l'intention des médecins
pour entre autres leur parler des avancées au niveau du
traitement. Et que permet aujourd'hui le traitement?
De sauver des gens. 100% de traitement, 100% d'efficacité.
Mais qu'est-ce qui explique qu'il y a des patients qui continuent
à mourir?
Plusieurs choses. Je précise qu'à l'heure actuelle
les traitements sont très peu coûteux - pour des
pays comme Maurice - et beaucoup plus performants. Il faut donc
actualiser les protocoles. La principale chose qui fait que les
gens meurent toujours c'est parce qu'ils sont diagnostiqués
trop tard au stade du SIDA. Or il y a une dizaine d'années
d'évolution entre le moment où l'on devient séropositif
et le moment où on a le SIDA. Si on est diagnostiqué
tôt on est sauvé. Si cela se fait tard on a une chance
sur deux de survivre. Et ça coûte très cher
à l'État parce qu'il s'agit d'hospitalisation longue.
C'est pourquoi il faut globaliser le dépistage et le banaliser,
faire en sorte que tout le monde soit dépisté. Il
faut donner l'exemple : que des politiques et les personnalités
se fassent dépister comme on l'a fait à la Réunion.
Il fait ensuite permettre l'accès au dépistage.
C'est ce qui se fait en ce moment, il y a plus d'endroits où
on peut se faire dépister. Par ailleurs, pour que le traitement
soit efficace, il faut que la qualité des soins soit correcte.
Ils doivent être réorganisés, qu'il y ait
un médecin référant dans chaque hôpital
pour que ce ne soit pas des médecins non-spécialistes
qui soient en charge des patients. Ce n'est pas inné de
savoir soigné un séropositif. Il faut être
formé, c'est très particulier, c'est une spécialité
à part entière. Et puis il y a une façon
de parler aux patients et de les aborder. Il y a aussi des patients
qui meurent de complications liées à l'usage de
drogues. Et ça non plus les gens ne savent pas soigner.
On va protocoliser tout ça et ce sera généralisé.
Des affiches seront placardées dans les hôpitaux
dans les urgences, les maternités, etc. On fera une mobilisation
générale parce qu'il y a une volonté politique.
Comment ces informations seront-elles communiquées au
public?
Ce sera très important de le faire. Il faut faire un enseignement
du public sur le VIH, l'Hépatite C, etc. Il faut l'informer.
Parce que les gens discriminent quand ils ne savent pas et lorsqu'ils
ont des peurs fantasmagoriques. Il faut aussi les informer sur
le dépistage, la prise en charge. Il faudra faire des campagnes
de prévention plusieurs fois par an sur le VIH et l'usage
de drogue. Multiplier les émissions et spots radio et télé.
Il faut aussi aller dans les écoles, les centres, les associations.
Il fait aussi former tout le monde. Une fois que l'on aura fait
tout ça il faudra toujours continuer. Et recommencer le
travail. L'une des raisons pour lesquelles nous avons une prévalence
basse à la Réunion vient du fait que nous n'avons
jamais cessé. On fait plusieurs campagnes spécifiques
durant l'année sur l'éducation sexuelle sur le respect
de l'autre, les ravages de la drogue et de l'alcool, contre la
discrimination, sur la banalisation du dépistage et on
n'arrête pas.
On fait aussi un travail de proximité et de soutien aux
patients. Ils sont aidés s'ils ont un problème social.
On peut leur donner un appartement pour un certain temps, les
aider à trouver un travail, on peut parler à leurs
familles, on lutte contre l'isolement. C'est un travail très
global. La prise en charge du VIH ce n'est pas uniquement une
prise en charge médicale. Elle doit aussi être thérapeutique,
psychologique, nutritionnelle, sociale, éducative. Et c'est
aussi une prise en charge de la famille et de l'entourage.
Comment voyez-vous l'action de la société civile
dans la lutte contre le VIH à Maurice?
La société civile d'ici est très impliquée.
Mais avec le Global Fund (ndlr : fond mondial aidant au financement
de la lutte contre le VIH) qui arrive, il faudra faire attention
aux opportunistes du SIDA. C'est-à-dire qu'il y a un certain
nombre de gens dans tous les pays pour qui SIDA veut dire argent.
Il faudra que le gouvernement fasse attention aux motivations
des nouvelles associations de lutte contre le SIDA. Il y aura
certainement des gens biens et très motivés, mais
il faudra regarder de très près. On peut dire que
l'on est spécialiste du SIDA alors que ce n'est pas le
cas et de là faire des ravages. Il faut aussi se méfier
et regarder les motivations. Dans le SIDA il y a des infections
opportunistes et des gens qui sont des opportunistes. Il faut
se méfier d'eux. Vous verrez ça va bientôt
fleurir ici. Au gouvernement d'être vigilant, d'exiger de
voir la qualification des acteurs, un rapport d'activités
et de les auditer.
Maintenant que le AIDS Act a été promulgué
pensez-vous que son utilisation pourrait aider à lutter
contre la stigmatisation, par exemple?
Là encore on ne peut que se féliciter que ça
a été voté. C'est extrêmement important,
indispensable d'avoir une loi. Maintenant il faut voir comment
cette loi peut être impliquée. Dans la pratique ce
n'est pas facile et en ce qui concerne la discrimination c'est
toujours très difficile pour quelqu'un de mener un combat.
C'est déjà difficile déjà de dire
que l'on est séropositif cela demandera un sacré
courage maintenant d'aller se batailler devant les tribunaux pour
un acte de discrimination. Il y aura très certainement
une première personne qui commencera. Il faudra se faire
aider des ONG.
RIVE a fêté ses 15 ans il y a quelques semaines
quelles sont vos priorités à ce niveau?
15 ans de RIVE, c'est un beau bébé. Et en même
temps c'est un adolescent. Ce n'est pas toujours facile il faut
qu'elle prenne un virage on est dans l'accompagnement à
la vie, on essaie de parler de la sexualité en général.
On espère que cette association continuera à vivre
avec ses petites cousines : PILS et les associations des autres
îles. C'est quelque chose d'extrêmement émouvant.
RIVE, je l'ai formée avec des patients, dont Adrien qui
est mort. Je pense à lui à chaque fois que je pense
à RIVE. C'est significatif parce qu'il ne faut pas oublier
ceux qui sont morts. C'est aussi pour eux qu'on se bat, pour tout
le combat qu'ils ont fait. `