Week-End/SCOPE


PRÉSENTATION : MODE

Something… de Richard Favory

Scope vous présente cette semaine quelques images de la dernière création de Richard Favory. Something Truely Special raconte l'évolution de cet artiste polyvalent de la génération pop.

Quelques bouts de toiles. Des vêtements relookés d'impressions ou de coups de lames. Des couleurs sombres, réfléchissantes, de la lumière, un brin d'ombre. Des plumes d'ange dans une cadre drapé de voiles étincelantes. Ambiance soyeuse, bling et sensuelle où des corps s'effleurent et se touchent. Où les mouvements se figent et suggèrent. Dans les limites de la décence. Avec ce désir de provoquer sans indigner. Pour collection sexy chic, il a voulu de Something truly special. C'est ainsi qu'il l'a baptisée. Une création artistique immortalisée par le photographe Nicolas Malachie et réalisée avec l'étroite complicité du français Oliver Garringue, d'Astride Laroche, de Mélissa Medan et du maquilleur Stéphane Mootoo.

Return. Collection éphémère, créée pour être appréciée, Something… est aussi l'occasion que s'est offerte Richard Favory de renouer avec la mode. C'est par là qu'il avait commencé. Mais des engagements professionnels et d'autres passions l'avaient gardé momentanément éloigné. Il y a cependant des choses qui, innées, finissent toujours par ressurgir comme un besoin : "Il fallait le faire. Cela faisait trop longtemps depuis que je ne m'étais pas laissé aller dans ce genre de création."

Portrait. Richard Favory : le nom est connu. Une bonne douzaine d'années depuis qu'on l'entend régulièrement revenir à l'avant scène. Il y a eu ces prestigieux défilés, ces spectacles délurées où les couleurs se mélangent aux formes, etc. Étroitement associé aux soirées électro-pop le nom se fait aussi entendre dans le domaine de la décoration à travers une approche nouvelle qui reste toujours fashion. Le nom est connu, mais pas le personnage. Quelques bribes arrachés ça et là au détour d'une phrase et lentement le portrait se dessine. 35 ans, Rosehillien, créateur, amateur d'électro, passionné de mode, designer de haut niveau, artiste-peintre, aime l'originalité, n'a pas peur d'innover, gentil provocateur. Convenons-le, le portrait restera incomplet. Nous aurons pourtant essayé, il aurait préféré que l'on parle de ses collaborateurs, de ses créations. Poliment, avec un brin de timidité, l'homme a choisi la discrétion : "rester dans l'ombre", comme il le fait habituellement. D'un côté pour toujours jouir de la liberté que la popularité l'aurait amenée à sacrifier. De l'autre pour ne jamais s'interposer entre le regard du spectateur et sa création. Que le champ de vision reste libre. Richard Favory crée pour partager.

Artiste. Finalement ni designer, ni décorateur, ni peintre. Mais un peu de tout-ça en même temps: "Je suis un artiste." Ou encore quelqu'un : "qui veut surtout se laisser aller et créer." Ca a commencé dans ses cahiers d'école. Puis dans les postes de designer qu'il avait décroché et à travers ces différentes expériences acquises dans la peinture, le montage, le body painting, la création en générale. Dans son édition du 11 - 17 septembre 1997 (No 450) Scope lui consacrait déjà sa Une. Avec l'aide de ses partenaires Richard Favory avait organisé un défilé de facture international avec des mannequins français dans un prestigieux hôtel du littoral. Un pari fou qui avait donné lieu à un somptueux spectacle où le jeune homme s'était révélé. "Pour cette première publique, j'avais voulu faire fort", se souvient-il.

Fantaisie. De là, bien des portes s'étaient ouvertes. Richard Favory a eu une carrière remplie d'expériences sans cesse nouvelles dans un foisonnement de couleurs et souvent avec une bonne dose de provocation. Designer pour l'une des plus grandes entreprise de textile locale pendant un certain temps, il a ce feeling qui lui permet d'identifier ce qui plaira au plus grand nombre. Puis, viennent, pour son plaisir, des création plus fantaisistes "J'aime bien faire des costumes de spectacles ou habiller des personnalités", explique-t-il. Dans ces créations, à travers le sexy-chic, il fricote souvent avec l'érotisme quelque part pour provoquer, mais veillant bien à ne pas sombrer dans l'indécence ou la vulgarité. Son principal désir est de "Sortir du conventionnel et du conformisme." Se disant être "quelqu'un qui veut vibrer avec son temps", Richard Favory a souvent été à l'avance de son temps. Son style restant perpétuellement futuriste. Un jour, il espère passer international, son rêve serait d'organiser une soirée show dans l'une des plus grandes boîtes du monde.

"Quand je crée, il me faut de la musique. Beaucoup de musique. De l'électro." Sa musique joue en sourdine pendant la conversation. Artiste de la génération pop, Richard Favory a adapté l'univers où il crée et où il vit selon à ses envies. Une bobine de bois retravaillée en table du milieu, des pages de magazines de mode pour habiller ses murs aux côtés de designs abstraits, rideaux rouges et jaunes, des bibelots colorés et du plastique transparent qui pendent du toit. Mais contrairement à l'apparence extravagante de l'atelier "moi je préfère rester sobre et discret. C'est pourquoi je m'habille souvent en noir."

Dans cette discrétion, il s'évertue à "écouter et à observer pour créer." Dans des classeurs qu'il feuillette, plusieurs photos de ses précédentes créations et spectacles. Mais aussi des graphismes, des peintures et autres. Richard Favory a un besoin vital de créer. Et d'étonner.