L'ABSA Cape Epic est réputée pour être la
course de vélo tout terrain (VTT) la plus dure du monde.
Mais cela n'a pas empêché 8 Mauriciens de dompter
cette épreuve se disputant en binôme et longue de
700 km à être couverts en 8 jours (21-28 mars dernier).
Au-delà du grand défi physique qu'impose une participation,
à cette épreuve, elle permet aussi de découvrir
les endroits magnifiques de l'Afrique du Sud sauvage. C'est aussi
pour beaucoup, l'occasion de nouer des amitiés.
Le premier des 4 duos mauriciens au classement général
final était celui composé de Yannick Lincoln et
Thomas Desvaux (Mauritius MTB), qui sont, en fait, les deux meilleurs
cyclistes mauriciens. Ils ont fini à une très honorable
37e place (31e place chez les hommes) sur les 503 binômes
qui sont parvenus à aller au bout avec un temps combiné
de 35h05.30,4. " Il y a pas de mot pour exprimer ce qu'est
le Cape Epic. Je suis content de n'avoir pas eu de gros soucis
physiques et mécaniques. Mais d'abord, je tiens à
remercier ceux qui ont rendu possible notre déplacement.
Les sponsors que sont la Standard Bank, Villas Valriche, GHD,
Look, CRA, Francis Maurel et les bénévoles. C'est
une course exceptionnelle et il faut y participer pour mesurer
son ampleur ", indique Lincoln.
De leur coté, Christophe Gérard et Sébastien
Hacques de Offroad Mauritius ont pris la 154e place en 41h17.11,5
(111e chez les hommes). Le premier nommé en était
à sa deuxième participation après celle de
2008 lors de laquelle, il avait dû faire une bonne partie
de la course seul vu que son partenaire, Mathieu Rivet avait été
+contrait à l'abandon pour raisons médicales. Gérard
a trouvé que cette année, le Cape Epic était
" légèrement moins difficile. " "
Il me semble que la course était légèrement
moins difficile. Néanmoins, c'était quand même
costaud. J'ai souffert de crampes lors de la première étape
et cette fois, j'ai vu que c'était différent quand
on fait la course à deux car l'an dernier, je m'étais
retrouvé seul à un moment quand mon partenaire avait
abandonné. Toutefois, Sébastien et moi, nous nous
sommes très bien entendus. On se surveillait pour ne pas
se perdre et on roulait au même rythme tous les deux. Bon,
il y a eu les aléas de la course, Sébastien a eu
des crevaisons, puis il a fait une chute à la suite de
laquelle, il avait très mal à la jambe mais physiquement
et mentalement, nous avons tenu le coup. Nous ne sommes pas des
super-héros, on fait juste quelque chose qu'on aime et
cette course, même si elle paraît être la plus
dure du monde, reste faisable ", confie Christophe Gérard.
Alors que d'autres auraient pu ne jamais prendre le départ
d'une course après avoir connu la mésaventure d'un
abandon après une déshydratation complète,
Mathieu Rivet l'a fait. Il avait cette fois Jean-Philippe Tyack
comme partenaire au sein du binôme Island Riders. "
Ça s'est bien passé sauf que Jean-Philippe a cassé
son vélo lors de la 2e étape. Cela nous a coûté
4 heures de pénalité. Lorsqu'il a cassé son
vélo, Jean-Philippe m'a dit de continuer ma route. Lui,
il a marché 6 km pour atteindre le premier point de ravitaillement
et là, il a rencontré un concurrent sud-africain
qui avait abandonné qui lui a proposé de prendre
son vélo. Ce qu'il a fait et il a terminé l'étape.
Mais cela nous a valu cette pénalité. On finit 400e
au général (en 51h34.19,4 et la 246e chez les hommes)
et sans la pénalité, nous aurions été
classés dans les 250. Jean-Philippe a aussi eu des problèmes
de dos qui ont nécéssité des injections mais
il a quand même terminé la course, ce qui est tout
à son honneur ", relate Mathieu Rivet.
Pour la toute première fois, Maurice était représentée
au Cape Epic par une formation mixte. Cette dernière sponsorisée
par les Villas Valriche était composée de la championne
d'Afrique du contre-la-montre individuel de 2006, Aurélie
Halbwachs et de son frère, Fabien. Ils ont terminé
à la 207e place au général et la 24e dans
leur catégorie avec un temps combiné de 43h22.28,7.
" Mon frère et moi, nous nous sommes soutenus tout
au long de la course et il n'y a pas eu un moment ou on a eu envie
d'arrêter. Au départ, on ne savait pas ou se situer
par rapport aux adversaires mais très vite, on a vu que
nous pouvions figurer dans la première moitié de
notre catégorie et de là, on a géré
et fait le maximum pour finir la course tout en l'appréciant.
J'étais même chagrine en me levant le lendemain de
la dernière étape ", raconte Aurélie.
Mine de rien, cette course qui était encore inconnue dans
notre île il y a quelques années est en train d'attirer
de plus en plus l'attention. L'on devrait ainsi s'attendre à
ce que davantage de Mauriciens s'y aligner à l'avenir,
bien que le coût de participation est très élevé.
Mais quand on se passionne pour quelque chose, on trouve toujours
le moyen de s'y adonner.
À noter que les grands vainqueurs de l'édition 2009
ont été les Allemands Karl Platt et Stefan Sahm
de Team Bulls. Le duo s'était déjà imposé
en 2007 et cette année, Platt s'est disloqué l'épaule
à deux reprises. Une chose qui vaut la peine d'être
mentionnée