Week-End/SCOPE


MÉTIER : AUXILIAIRE DE SANTÉ

Vouer sa vie aux handicapés

Ils ont choisi pour métier de s'occuper des personnes vivant avec des handicaps sévères. Prisca battour, 20 ans, et Amrita Laddu, 37 ans, expliquent ce choix et le bonheur qu'elles ressentent à oeuvrer pour les autres.

Rencontrées sur leur lieu de travail les deux femmes ont la mine radieuse. Nous sommes dans le nouveau Centre pour les handicapés sévères et les personnes âgées à Pointe aux Sable. Ici, Prisca Battour, Amrita Laddu et leurs collègues côtoient quotidiennement des personnes sévèrement handicapées ou très âgées dont les proches ne peuvent plus s'occuper. "C'est un travail difficile. Il faut être au chevet de nos patients dès qu'ils ont besoin de nous", indique Amrita Laddu. Plusieurs des patients éprouvent du mal à communiquer et ont besoin d'une assistance permanente. La tâche semble éprouvante :"Mais quand vous avez choisi ce métier et que vous êtes heureux de porter cet uniforme, tout devient beaucoup plus aisé", poursuit-elle.

Cours. Nos deux interlocutrices bénéficient d'un cours offert par le ministère de la Sécurité Sociale et de la Solidarité Nationale. C'est d'ailleurs à travers ce cour qu'elles se sont retrouvées à exercer au centre pour handicapés. C'est en avril 2009 que les cours prendront fin et ce n'est que là que Prisca Battour et Amrita Laddu sauront si elles vont continuer à travailler dans ce centre pour handicapés. "Si on m'offre un emploi ici, je veux bien rester. Je m'y sens bien, je me suis habituée avec les patients. Sinon j'intégrerais sûrement un hôpital ou un autre centre de santé", dit Prisca Battour.

Rôle. Prisca Battour et Amrita Laddu jonglent entre les classes et leur travail. "On suit des cours 4 fois par semaine et le reste du temps nous sommes au centre avec les patients. Ce cours est gratuit, c'est une bonne chose pour nous même. Nous passons énormément de temps dans le centre. On travaille quelques dimanches également", disent-elles. À l'heure actuelle le tout nouveau centre pour handicapés comporte moins d'une dizaine de patients. Le rôle des auxiliaires de santé est de prendre soin de ces personnes, leur donner leur bain, les nourrir ou les aider à le faire, les aider à faire des exercices ou, s'ils ne peuvent pas, des petits mouvements pour compenser et aussi surtout s'assurer qu'elles ne manquent de rien. Une tâche prenante qui nécessite beaucoup de patience et de compréhension. "Il faut avant tout comprendre nos patients. Ils ont besoin de nous. Il ne faut surtout pas faire ce métier que pour avoir un salaire. Il faut l'aimer et être heureux quand vous le faites. Moi je fais mon travail avec le sourire", dit Amrita Laddu. Et Prisca Battour d'ajouter, "on n'est pas seulement là pour les soigner mais également pour leur parler, les écouter. Les patients ont souvent besoin d'une oreille attentive pour se sentir mieux."Si l'on en croit les deux dames, la seule difficulté dont elles ont à faire face est quand il faut soulever les patients pour les faire prendre leur bain. "C'est en gros la seule difficulté que nous avons, surtout qu'on est petite", sourit Prisca Battour.

Parcours. Prisca Battour parle de son métier comme celui qu'elle a toujours voulu faire. "Depuis que je suis enfant, je voulais faire un travail comme celui-ci. Aider les gens qui en ont besoin a toujours été un désir. Quand j'allais rendre visite aux malades à l'hôpital, j'adorais voir les infirmières s'occuper d'eux. C'est ce que je me voyais faire plus tard." C'est ainsi que pendant ses vacances scolaires, alors qu'elle touche à la fin de son cycle d'études secondaire, Prisca Battour suit un stage à la clinique De Lorette à Curepipe. Trois mois de stage durant lesquels elle acquiert de l'expérience. "On m'a montré comment prendre la tension des patients, faire un test de diabète ou vérifier le sérum. J'étais très contente d'apprendre tout ça." Ses études secondaires terminées, la jeune fille suit un cour de Health Assistance où elle décroche un certificat. Pour sa consœur, Amrita Laddu, il en est tout autre. Travaillant dans une usine textile jusqu'à tout récemment, elle décide de changer de voie quand elle prend connaissance de la tenue de cette formation. "Je n'ai jamais pensé que je pouvais faire ce travail-là. Mais je ne regrette pas mon choix. Je suis ici depuis un mois et demi environ et je m'y plais. C'est un travail que je découvre et qui me rend heureuse."


Centre pour les handicapés sévères et les personnes âgées

Le Centre pour les handicapés sévères et les personnes âgées situé à Pointe aux Sables qui ouvrira officiellement ses portes prochainement est un projet émanant de 1996. Conscient de la nécessité d'un tel centre pour répondre aux besoins des handicapés sévères, le gouvernement d'alors décide de créer cette structure qui s'étale sur 2 arpents. À noter que qu'il y a environ 45 000 personnes sévèrement handicapés à Maurice selon le gouvernement. La création de cette structure a nécessité des investissements de Rs 55 millions, incluant la fourniture et la mise en place des équipements sophistiqués par le gouvernement de Luxembourg. Le centre est cogéré par le ministère de la Sécurité Sociale et de la Solidarité Nationale et le Arya Sabha qui a favorablement répondu à un appel du gouvernement. Le centre comprend 2 Living Units qui pourront accueillir 32 personnes. Chaque unité est composée de 4 chambres avec 4 lits chacune ainsi que des salles de bains et des toilettes spéciales pour les handicapés. Chaque unité est munie d'une Special Care Unit. Un médecin est présent en permanence ainsi qu'un staff médical composé de 6 infirmières sans compter les auxiliaires de santé.


Formation

Ils sont 25 comme Prisca Battour et Amrita Laddu dont une grande majorité de femmes à jouir de ce cours de formation de 44 semaines qu'offre le ministère de tutelle. Ils sont dispersés dans le centre, dans les hospices, les institutions charitables et résidences pour personnes âgées sous gestion du secteur privé. Durant la formation, les stagiaires bénéficient d'une allocation mensuelle de Rs 3000. À la fin du stage, l'évaluation finale sera sanctionnée par une attestation qui éventuellement leur garantirait un emploi permanent.