Les vergers de Labourdonnais nous a volontiers ouvert ses portes
afin de découvrir les fins secrets de la confection des
pâtes de fruits, dont il en est l'unique producteur à
Maurice. Notre détour à l'usine de Mapou nous a
enivré d'un doux parfum fruité et a ravi nos palets
de fins gourmets.
C'est un parfum suave qui nous embaume dès notre entrée
en ces lieux qui recèlent les secrets de cette fabrication.
Règles d'hygiène l'exige, bonnets et combinaisons
sont de mises. Reaz Gunga, le Fruit Processing Manager
se prête au rôle de guide. Les différentes
étapes, il les connaît par cur. Ils sont 40
employés à fabriquer ces petites douceurs.
Préparation. C'est dans une petite salle bien fermée
que débute l'art de la fabrication. "Il n'y a aucun
contact entre les produits finis et les raw materials",
précise Reaz Gunga. Une senteur fruitée chatouille
les narines, un mélange de fruits qui égayent les
sens. Dans des gros sacs, des fruits ; des oranges locales et
importées, des ananas frais, et sur une petite table des
tamarins destinés à la confection de purée.
Ici tous les produits sont fait à base de fruit du Vergers
de Labourdonnais. Aujourd'hui c'est la confection des pâtes
de fruits à l'ananas. Assises sur des tabourets deux femmes
épluchent et coupent ces fruits. Entre leurs mains passeront
des tonnes de fruits. Les peaux sont mises de côtés
pour faire des compostes. Ici pas de bijoux, ni de vernis à
ongles, les normes d'hygiènes sont respectées à
la lettre. Une fois coupé l'ananas est broyé à
l'aide d'un broyeur, la substance obtenue sera ensuite raffinée.
Une fois le raffinement terminé, les pulpes peuvent être
stockées dans la chambre froide ou directement acheminées
vers la fabrication.
Paramètres. Après les préliminaires
la salle de fabrication nous attends. Le parfum des fruits frais
laissent place aux arômes sucrés. Dans une cuve,
les pulpes sont mélangées aux sucres et aux pectines
de fruits. La cuisson prendra 2h à 2h30, "il faut
noter que des contrôles sont effectués à différentes
étapes. Le taux de sucre, d'acidité, de cuisson
sont vérifié avec un facto mètre et un ph
metre. Tous les paramètres doivent être atteint",
explique Reaz Gunga. Une fois la pâte prête, c'est
le travail d'un petit groupe de 4 femmes qui commence. À
chacune sa fonction. L'une à l'aide d'un broc prend la
pâte d'un sceau pour le disposer sur un plateau. Une autre
égalise la pâte et enlève le surplus. Une
troisième femme tient adroitement une plaque sur laquelle
retombe l'excédent. La quatrième prend ensuite le
plateau pour le disposer sur des étagères. Les mêmes
gestes sont répétés jusqu'à ce que
le sceau se dévide. S'ensuit l'étape du séchage,
les plateaux sont mis dans une chambre où ils passeront
24h.
Empaquetage. Les 24h terminées, place à l'étape
cruciale, le découpage. Attelée à un appareil
aux longs fils, une femme nous montre son habilité au découpage
des pâtes en petits cubes. Avec une spatule elle détache
la pâte du plateau et la place sur l'outil. Avec force,
elle s'exécute, coupe d'un geste sec un côté,
enlève les rebords et retourne la pâte pour ensuite
recouper l'autre face avec les fils. Le travail fini elle baigne
ses petits quartiers de fruits de sucre et enlève l'excès
en les plaçant sur un filet. Moelleux et fins, ces pâtes
de douceur sont fins prêt pour l'empaquetage. Des boîtes
en fer blanc, dorées, imprimées, rigides, des paniers
en rotins, des boîtes thermo, clip, coffret château,
des pâtes de fruits en vrac, toute une panoplie pour vous
inviter à la tentation d'une dégustation de saveurs
locales.