Week-End/SCOPE


DANSE CONTEMPORAINE : CORRESPONDANCES

Échanges chorégraphiques

Elles ont tenté de déborder la contenance des mots pour exprimer le langage des corps. Des corps en mouvement dans un décor quasi inexistant qui recentrent les regards sur de sensuelles silhouhettes. Celles des deux protagonistes féminins de Correspondances. Un numéro duettiste composé par Kettly Noël et Nelisiwe Xaba, empruntant au théâtre un questionnement intime des sentiments et des désirs.

La scène du Serge Constantin deviendra le temps d'un spectacle, un lieu privilégié des ébats et débats corporels. Reste que cette expression chorégraphique contemporaine peine à engager une réflexion et à dégager une réelle émotion. Un spectacle qui aurait été difficile d'accès sans une intervention de la parole pour expliciter le langage des corps et le dessein des mouvements.

On comprendra mieux la revendication féminine ou féministe et les clins d'œil en direction du continent Noir. Après un court extrait de discours : Je suis une femme malade/Vraiment malade/D'ailleurs j'aime l'argent/J'aime avoir de l'argent, beaucoup d'argent/Parce que l'argent appelle l'argent/Avec l'argent on peut tout acheter […] /Avec l'argent on peut acheter un continent/Tiens, pourquoi pas l'Afrique ? /Parce qu'en Afrique avec l'argent, on devient une queen […]

Ce n'est pas pour autant que ce numéro de danse deviendra moins hermétique. D'une enfance de pantin et une jeunesse en boîte de nuit viendra le point culminant. Un probable symbolisme de maternité ou de purification par jets de lait. La bande sonore donnera une certaine intensité à la scène des mamelons par des bourrasques rock. Esthétique mais hermétique.