CONCERT : RED GREEN GOLD PARTY MIX 1
Cocktail explosif à Anjalay
La grande messe vocale du dancehall a eu lieu ce samedi au Stade
Anjalay, Belle-Vue. Le Red Green Gold Party Mix 1, orchestré
par Gial Événement a vacillé entre feu de
paille et feu de braise toute la nuit.
19h30. Top chrono ! Les portes du stade s'ouvrent. Une maigre
foule avance. Du rap et du Hip Hop desservit en guise d'entrée.
Le combo North Side Zoo donne le ton. S'ensuit un plateau local
versatile. Quelques prestations étincelantes ça
et là. Des brindilles commencent à brûler.
Ce n'est qu'aux petites heures du matin que les calibres internationaux
font leur apparition. La température monte en flèche.
La foule se laisse prendre. Sonorité impeccable, Dj Almighty
balance des clips mixés en live. Des images affluent sur
écrans géants. Commandé par le Dj le public
valse de gauche à droite. "Devant, derrière,
en bas." Poings levés, les adeptes du dancehall
"aboient" en choeur: whoop!whoop!
Mais c'est le petit prodigue des West Indies qui déclenche
le détonateur. Fumigènes, sirènes ! Et la
"colonne de fer" Admiral T émerge. De la rage
dans ses aiguës. Le concert est à son apogée.
"Peu importe la religion, c'est ce qu'on a dans le cur
qu'importe " poétise Admiral T.
Locomotive inépuisable, Admiral T enchaîne coup
sur coup ses plus grands succès. Du remix Gwadada repris
en cur par l'assemblée, au Les Mains Levés,
le king distille du majestic vibes.
Quant à Daddy Morry, c'est une autre histoire. De la vivacité
à l'état brut. Celui qu'on surnomme Speedy Gonzales
a embarqué d'emblée le public dans une folle virée
au pays de la feuille dentelée. Fidèle à
sa philosophie, le rastaman a aussi fait l'apologie du
gandia et des trafiquants
Débit de lyriques à la vitesse de l'éclair.
Tout y passe dans son collimateur: police, raciste, Sarkozy, autorité
française. Son homophobie est aussi clairement affichée
Paradoxalement il dénonce aussi l'intolérance des
racistes. Allez comprendre!
Quelques fans finissent par rejoindre le king pour une danse électrique.
Au grand regret du public, le duo entre Daddy Morry et Admiral
T n'a pas lieu. Et c'est l'heureux Dagger killa qui finalement
monte au coté de Daddy Mory, offrant une prestation énergétique.
Tandis que le soleil se lève sur Belle-Vue, c'est une foule
rassasiée qui rentre avec en mémoire une soirée
Dance Hall vécue intensément.
Partie locale : Des étoiles
Les gars de chez nous ont été à la hauteur
de l'événement grandiose...ou presque. La prouesse
de Solda Kaz Bad sur scène est à saluer. Les élèves
de maître Yo n'ont pas manqué de faire danser la
foule. Le morceau marche marcher, à nou ale marche marcher
dan la forêt a été entonné en coeur
avec la foule.
Néanmoins la mèche allumée par le collectif
de Bois d'oiseaux n'a pas toujours perduré. Bien que Crossbreed
Supersoul avait fait un carton plein lors du festival Sakifo.
Tel n'a pas été le cas lors du Dancehall Night.
Le public peut enclin au rock a quelque peu boudé les rockeurs.
Mais éveil spontané à l'apparition du
lyrical badman Don Panik. Le poet coltar a déchiré
avec ses textes. Et comment passer à côté
des hommes en blanc: Negro pou Lavi accompagné de Natir
de Chamarel. Pure moment d'euphorie. Des messages d'amour et d'amitié
ont coulé. Chapeau bas aux danseurs de Hip Hop qui ont
contribué énormément à colorer l'événement.
Des étoiles montantes incontestablement.
Ambiance festive
Il était peu nombreux à avoir fait le déplacement
au Stade Anjalay. Néanmoins, une ambiance festive a régné.
Plusieurs échoppes ont été aménagées
dans l'enceinte du stade. Quelques tableaux de Karo ont aussi
été exposés l'artiste étant une fidèle
de ce type d'événement. Des T-Shirts, des tongs,
bijoux étaient aussi en vente. Boissons et snacks étaient
disponibles toute la nuit. Deux ou trois tentes avaient été
plantées sur la pelouse plantaient dans le décor.
On se croirait presque à la fête foraine...