Week-End/SCOPE
VENDREDI 4 SEPTEMBRE 2008


CONCERT : RED GREEN GOLD PARTY MIX 1

Cocktail explosif à Anjalay

La grande messe vocale du dancehall a eu lieu ce samedi au Stade Anjalay, Belle-Vue. Le Red Green Gold Party Mix 1, orchestré par Gial Événement a vacillé entre feu de paille et feu de braise toute la nuit.

19h30. Top chrono ! Les portes du stade s'ouvrent. Une maigre foule avance. Du rap et du Hip Hop desservit en guise d'entrée. Le combo North Side Zoo donne le ton. S'ensuit un plateau local versatile. Quelques prestations étincelantes ça et là. Des brindilles commencent à brûler. Ce n'est qu'aux petites heures du matin que les calibres internationaux font leur apparition. La température monte en flèche. La foule se laisse prendre. Sonorité impeccable, Dj Almighty balance des clips mixés en live. Des images affluent sur écrans géants. Commandé par le Dj le public valse de gauche à droite. "Devant, derrière, en bas." Poings levés, les adeptes du dancehall "aboient" en choeur: whoop!whoop!

Mais c'est le petit prodigue des West Indies qui déclenche le détonateur. Fumigènes, sirènes ! Et la "colonne de fer" Admiral T émerge. De la rage dans ses aiguës. Le concert est à son apogée. "Peu importe la religion, c'est ce qu'on a dans le cœur qu'importe " poétise Admiral T.

Locomotive inépuisable, Admiral T enchaîne coup sur coup ses plus grands succès. Du remix Gwadada repris en cœur par l'assemblée, au Les Mains Levés, le king distille du majestic vibes.

Quant à Daddy Morry, c'est une autre histoire. De la vivacité à l'état brut. Celui qu'on surnomme Speedy Gonzales a embarqué d'emblée le public dans une folle virée au pays de la feuille dentelée. Fidèle à sa philosophie, le rastaman a aussi fait l'apologie du gandia et des trafiquants…

Débit de lyriques à la vitesse de l'éclair. Tout y passe dans son collimateur: police, raciste, Sarkozy, autorité française. Son homophobie est aussi clairement affichée… Paradoxalement il dénonce aussi l'intolérance des racistes. Allez comprendre!

Quelques fans finissent par rejoindre le king pour une danse électrique. Au grand regret du public, le duo entre Daddy Morry et Admiral T n'a pas lieu. Et c'est l'heureux Dagger killa qui finalement monte au coté de Daddy Mory, offrant une prestation énergétique. Tandis que le soleil se lève sur Belle-Vue, c'est une foule rassasiée qui rentre avec en mémoire une soirée Dance Hall vécue intensément.


Partie locale : Des étoiles…

Les gars de chez nous ont été à la hauteur de l'événement grandiose...ou presque. La prouesse de Solda Kaz Bad sur scène est à saluer. Les élèves de maître Yo n'ont pas manqué de faire danser la foule. Le morceau marche marcher, à nou ale marche marcher dan la forêt a été entonné en coeur avec la foule.

Néanmoins la mèche allumée par le collectif de Bois d'oiseaux n'a pas toujours perduré. Bien que Crossbreed Supersoul avait fait un carton plein lors du festival Sakifo. Tel n'a pas été le cas lors du Dancehall Night. Le public peut enclin au rock a quelque peu boudé les rockeurs. Mais éveil spontané à l'apparition du lyrical badman Don Panik. Le poet coltar a déchiré avec ses textes. Et comment passer à côté des hommes en blanc: Negro pou Lavi accompagné de Natir de Chamarel. Pure moment d'euphorie. Des messages d'amour et d'amitié ont coulé. Chapeau bas aux danseurs de Hip Hop qui ont contribué énormément à colorer l'événement. Des étoiles montantes incontestablement.


Ambiance festive

Il était peu nombreux à avoir fait le déplacement au Stade Anjalay. Néanmoins, une ambiance festive a régné. Plusieurs échoppes ont été aménagées dans l'enceinte du stade. Quelques tableaux de Karo ont aussi été exposés l'artiste étant une fidèle de ce type d'événement. Des T-Shirts, des tongs, bijoux étaient aussi en vente. Boissons et snacks étaient disponibles toute la nuit. Deux ou trois tentes avaient été plantées sur la pelouse plantaient dans le décor. On se croirait presque à la fête foraine...