VENDREDI 25 JUILLET 2008
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COUPLE : STÉRILITÉ
Un enfant à tout prix!
La stérilité n'est pas l'apanage des femmes. Elle
concerne aussi les hommes. Elle peut aussi être d'origine
mixte mais aussi d'origine inconnue. Les causes sont multiples.
L'absence d'enfant quand elle est voulue, est souvent mal vécue,
des tensions peuvent alors se créer.
Le désir d'avoir un enfant est non seulement un besoin
naturel, mais également la réalisation d'un rêve
d'une relation à deux. Mettre un enfant au monde est certainement
la plus belle preuve d'amour que l'on puisse donner à son
conjoint. Malheureusement, ce désir naturel n'est pas possible
pour tout le monde. Aujourd'hui la stérilité touche
une bonne partie de la population mondiale, hommes et femmes.
Elle représente l'incapacité pour un couple de concevoir
un enfant. Le risque d'être stérile est le même
chez la femme et chez l'homme. D'une façon générale,
il est préférable d'aller consulter un médecin
si au bout de deux ans de rapports sexuels non protégés
il n'y a toujours pas de signes de grossesse.
État. Prendre conscience de son infertilité
peut provoquer un choc émotionnel, le couple se sent alors
hors norme et cela entraîne des sentiments de déception,
de colère, de souffrance et de culpabilité, allant
jusqu'à une rupture totale de la communication entre les
conjoints. Les causes de la stérilité sont multiples.
Il existe deux types de stérilité. La stérilité
primaire lorsqu'aucune grossesse ne s'est encore déclarée
dans le couple après deux ans de vie sexuelle normale sans
aucun moyen de contraception, et la stérilité secondaire,
quand un couple qui a déjà eu un ou plusieurs enfants
ne peut pas concevoir ou porter à terme un autre bébé
après bien sur deux années de vie sexuelle normale
sans aucun moyen de contraception.
Causes. Les troubles de l'ovulation sont la cause la plus
commune de la stérilité féminine, l'ovulation
peut être absente ou présente mais de mauvaise qualité;
la fécondation ne peut alors se faire. Ces deux anomalies
se voient fréquemment chez les femmes en pré ménopause
mais sont aussi possibles chez les jeunes femmes. Une atteinte
des trompes des Fallope peut empêcher une fécondation
ou une nidation, la possibilité de rencontre entre l'ovocyte
et les spermatozoïdes serait minime. Ces anomalies sont généralement
les séquelles d'une infection génitale ou d'une
intervention chirurgicale. La stérilité est aussi
due à une anomalie de la glaire cervicale mais aussi à
l'endométriose qui est une affection touchant à
des degrés différents de nombreuses femmes. Elle
est caractérisée par des localisations anormales
de la muqueuse utérine qui sécrètent des
substances défavorables à la fécondation
et au développement de l'embryon. Dans les cas ou les trompes
sont irréparables, on doit pratiquer une FIV (fécondation
in vitro). Le col peut être mécaniquement imperméable
mais il peut aussi parfois gêner la montée des spermatozoïdes
par insuffisance de quantité de glaire ou par une glaire
de mauvaise qualité (infectée ou trop épaisse).
Parfois la glaire est de bonne qualité mais contient des
anticorps antispermtoz qui conduit les spermatozoïdes à
s'agglutiner en gros paquets. Dans près de la moitié
des cas, un facteur masculin contribue à l'infertilité
du couple et dans 20%, il en est la seule cause. C'est pourquoi
une évaluation du conjoint est toujours nécessaire.
Le plus souvent, il s'agit d'une diminution du nombre et de la
qualité des spermatozoïdes contenus dans l'éjaculât.
La cause peut être une inflammation, une infection, ou la
présence d'une varice au niveau du scrotum appelée
varicocèle. Il n'est cependant pas rare de ne pas trouver
de cause évidente à une diminution de la qualité
du sperme. Quand l'éjaculation ne contient aucun spermatozoïde,
on parle d'azoospermie. Cette situation peut être provoquée
par une obstruction ou une absence congénitale des canaux
excréteurs, ou à un défaut de production
des spermatozoïdes au niveau des testicules.
Solutions. À Maurice, les couples peuvent s'orienter
vers deux centres spécialisés dans le traitement
de la stérilité. Le Harley Street Fertility Centre
et la Clinique du St Esprit. Ces deux centres pratiquent, en autres
techniques, la fécondation in vitro, les injections intracytoplasmique
de spermatozoïdes. L'accompagnement du couple d'un psychologue
est très important afin d'aider le couple à accepter
les échecs. Sur 162 FIV de juillet 2002 à janvier
2007 au Centre Harley Street Fertility, le taux de réussite
est de 70 soit 43% des couples qui ont eu un enfant. Alors que
pour l'ICSI (Intracytoplasmic Sperm Injection) 62 cas sur 168
ont été positifs.
Tabac: la fertilité part en fumée
Il est important de rappeler les méfaits du tabac sur la
fertilité féminine. Ils sont nombreux et puissants.
La fertilité d'une femme qui fume diminue de 15 à
40%. En d'autres termes, les fumeuses qui souhaitent concevoir
un bébé ont presque deux fois moins de chances de
tomber enceinte que les non-fumeuses. Le délai de conception
est accru de 6 mois à un an et le risque de fausse couche
augmente aussi. Le taux de réussite de la fécondation
in vitro est moins bonne. Autre inconvénient, la ménopause
est plus précoce de 2 ans chez les fumeuses. Mais bonne
nouvelle, ces risques seraient réversibles à l'arrêt
du tabac et ils sont aussi proportionnels au nombre de cigarettes
fumées.
Chez l'homme fumeur enfin, certaines études montrent que
la vitalité des spermatozoïdes et leur morphologie
sont altérées. Des cas d'embryons de morphologie
anormale sont observés chez les fumeurs. Le tabagisme paternel
augmente aussi le risque de fausse couche.
La pilule ne réduit pas votre fertilité
L'utilisation de la pilule sur le long terme met-elle en péril
vos chances de tomber rapidement enceinte? Il était jusqu'alors
bien difficile de répondre à cette question. Mais
aujourd'hui, des spécialistes apportent des précisions
rassurantes.
Toutes les femmes participaient au programme européen de
Surveillance active sur les contraceptifs oraux (baptisé
Euras-OC), un essai clinique contrôlé portant sur
60 000 femmes utilisatrices de pilules contraceptives. Parmi elles,
2 064 ont stoppé leur contraception pour avoir un enfant
et ont été alors suivies pendant au moins deux ans.
Le temps d'un cycle menstruel après l'arrêt de la
pilule, 21,2 % des femmes sont tombées enceintes, ce qui
est comparable au taux naturel de grossesse par cycle qui oscille
entre 20 et 25 %. Un an après avoir mis au placard leur
pilule, 79,4 % des femmes attendaient un heureux événement,
une proportion qui est encore tout à fait comparable à
celle des non-utilisatrices de contraceptifs.
Le temps moyen de conception était de trois mois: la moitié
des femmes sont tombées enceinte avant et l'autre moitié
après.
Ainsi, la durée pendant laquelle les femmes ont pris leur
contraceptif n'a pas d'influence sur les chances de conception.
79,3 % des femmes qui ont pris la pilule pendant moins de deux
ans sont tombées enceintes dans l'année. C'est le
cas de 81 % des femmes qui y ont eu recours pendant plus de deux
ans. Ce qui veut dire qu'aucune différence significative
n'a été observée, quel que soit le type d'hormone
contraceptive utilisée. Autre clarification: l'utilisation
de la pilule n'a pas plus d'influence sur la fertilité
des femmes plus âgées. Aucune différence entre
les taux de grossesse entre les femmes de plus de 35 ans ayant
utilisé la pilule et les autres comme en témoignent
les résultats dans le tableau ci-dessous. Ces taux de conception
sont comparables à ceux des femmes du même groupe
d'âge n'ayant jamais utilisé de contraceptifs oraux.
L'infertilité liée à l'âge
Dans la société d'aujourd'hui, les femmes envisagent
de fonder une famille à un âge plus avancé
qu'autrefois. Beaucoup d'entre elles attendent d'avoir terminé
leurs études et de stabiliser leur situation professionnelle
avant de planifier une grossesse. Ce désir tardif d'une
maternité est en partie responsable de l'augmentation des
problèmes d'infertilité, l'horloge biologique n'ayant
malheureusement pas suivi les changements de notre mode de vie.
La fertilité féminine, comme la fertilité
masculine, diminue progressivement avec l'âge. Ce déclin
est déjà perceptible vers 30 ans et s'accélère
rapidement à partir de 35 ans. Par exemple, une femme de
30 ans a environ 20% de chance d'être enceinte chaque mois.
À 40 ans, ce taux n'est plus que de 5%. Parallèlement
à la diminution de la fertilité, on observe une
augmentation du risque de fausse couche. Ces phénomènes
sont consécutifs à une diminution du nombre et de
la qualité des ovocytes avec l'âge.
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