Week-End/SCOPE
VENDREDI 25 JUILLET 2008


ROSE-BELLE : ÉCOLE DE MUSIQUE

Avenir en péril

Annoncée au courant de 2007, l'école de musique que voulait créer Alain Auriant à Rose-Belle a vu le jour en début d'année. 80 élèves la fréquentent régulièrement où ils suivent des cours de chant, guitare, violon ou encore de danse. Toutefois, un manque de finance pourrait mener à la fermeture de l'école.

"C'est enn cité ki pena nannier. Noune décidé pou fer kitsoz de positif et noune vinn en avant avek sa prozé école de musique là. Nou inn comence par pran enn batiment et nou inn commence bann cours. Formation important kan ou envi zouer la mizik", dit Alain Auriant, fondateur de l'école au nom des force-vives de la région. Son projet s'est concrétisé cette année et à ce jour 80 jeunes de la région y sont inscrits. "Beaucoup de ces jeunes ne fréquentent pas l'école. Et ils sont très heureux de venir apprendre un métier ici. Au lieu d'aller jouer de la musique dans les coins des rues, ils peuvent le faire dans un lieu propice. Qui plus est, nous leur dispensons aussi des cours de français et d'anglais."

Difficultés. Le bonheur d'avoir mis sur un pied un tel projet a vite laissé la place au soucis de son roulement quotidien. Un manque de financement à long-terme pourrait causer la fermeture de l'école. "S'il arrive que nous n'avons pas de sources de financement dans les mois à venir, nous devrons fermer l'école", indique Alain Auriant. Grâce au soutien de quelques sponsors dont la banque Barclays et des associations comme Nouveau Regard et Espoir et Développement, l'école a pu être dôtée d'une batterie et les formateurs pourront avoir un cachet pour le mois de juillet. Mais d'autres fonds restent à être trouvés pour le reste de l'année. Quant au Trust Fund, il s'est engagé à financer des équipements sonores pour l'école et Alain Auriant pense que c'est un grand pas en avant. "Avoir ces équipements pourrait nous aider à trouver des fonds par nous-même. On pourrait organiser des concerts et lever des fonds à travers des prestations musicales."

Appel. En attendant que cela se fasse, l'auteur d'Allé Moris tient à lancer un appel à ceux qui voudraient parrainer l'école de musique. "Ceux qui veulent nous aider financièrement sont les bienvenus. C'est important qu'on trouve des fonds pour pouvoir payer les formateurs qui se dévouent complètement aux cours. Si nous n'avons pas de formateurs, nous n'aurons pas d'école de musique. Ils ne demandent pas grand-chose. Une somme de Rs 30 000 par mois devraient suffir pour leur octroyer un cachet à tous."

Social. Voulant coincider son projet musical au travail social, Alain Auriant, a organisé un déjeuner la semaine dernière où plusieurs associations de la région étaient invitées ainsi que Lindsay Couronne d'Amnesty International Maurice et un membre du Trust Fund. Il faut souligner que le batîment abritant l'école de musique est également un lieu de réunion pour quelques associations oeuvrant dans le social dans l'endroit.


Projets

Alors qu'il se bat corps et âme pour trouver des fonds pour sauver son école de musique, Alain Auriant a une actualité plutôt chargée. Il vient de lancer l'album Branché séga dont les interprètes sont Graziella et Jocelyn Bouc, deux ressortissants réunionnais qu'Alain Auriant à rencontré lors d'une de ses prestations dans un hôtel de l'île. Les huit titres portent la signature du chanteur mauricien de même que la production de l'opus. De plus, l'auteur d'Allé Moris a été invité à écrire un album pour le compte d'Amnesty International Maurice sur le communalisme dans le pays. L'opus devrait réunir plusieurs artistes et les chansons devraient regrouper plusieurs styles.