ENVIRONNEMENT : ONG
La sauvegarde bute contre un problème de fonds
Leur but, sauvegarder l'environnement de notre île à
travers des projets de conservation et des campagnes de sensibilisation.
Les ONG travaillant dans le domaine de l'environnement font, cependant,
face à des soucis de financement et ce régulièrement.
Comment font-ils pour survivre? Nous leur avons demandé.
Les ONG uvrant pour l'environnement obtiennent des fonds,
pour mener à bien leurs projets de conservation, de source
locale aussi bien qu'internationale. Jacqueline Sauzier, présidente
de la Mauritius Marine Conservation Society (MMCS), explique que
la majorité des fonds permettant à l'ONG de survivre
provient de source privée. "Nous n'obtenons des
fonds qu'après avoir monté des projets bien spécifiques.
La plupart provient d'organismes privés et des fondations
internationales. Cet argent-là est dirigé directement
dans les projets. S'agissant du roulement même de la MMCS,
on n'a même pas de fonds directs." Ainsi, explique-t-elle,
c'est grâce à l'argent provenant des publicités
parues dans la newsletter de l'ONG, les inscriptions des
membres et à la générosité de quelques
donateurs que la MMCS survit. Pour la Mauritian Wildlife Foundation
(MWF), les fonds sont obtenus à 60 % de source locale
et à 40 % de source internationale. Ceci parce que les
instances internationales à l'instar du Darwin Initiative
ou encore de l'Union Internationale pour la Conservation de la
nature exigent que des fonds locaux soient trouvés avant
d'apporter leur soutient.
Projets. Jacqueline Sauzier précise que le budget
alloué aux différents projets comme le Dolphin
Watching n'est pas énorme. "Nous sommes toujours
à la recherche de fonds supplémentaires. Souvent
on initie des projets et on doit trouver d'autres sources d'argent
en cours de route. Souvent on se demande comment est-ce qu'on
va faire pour tenir 15 jours de plus. Pour nos différents
projets, on tire le diable par la queue." À la
MWF, même son de cloche, "on a des projets qui sont
pending à cause d'un manque de finance. Quand on reçoit
un funding, on assure les projets déjà existants.
On ne démarre pas un nouveau projet si le financement n'est
pas là."
Taxe. La situation s'est empirée depuis que le gouvernement
a enlevé la déduction possible sur la taxe des compagnies
qui financent les ONG. "Désormais on a le Corporate
Social Responsability. En faisant cela, certaines entreprises
sont venues directement concurrencer les ONG au lieu de nous aider
dans nos projets car ils mettent en uvre leurs projets eux-mêmes",
indique Jacqueline Sauzier. Parlant de taxe,
la présidente de la MMCS soutient que l'ONG a fait
la demande d'une réduction de taxe pour les ONG dans l'achat
des papeteries mais que cela n'a pas été pris en
considération. "Si on pouvait récupérer
la TVA, ce serait énorme pour nous."
Initiateurs. Le système employé à
Maurice est différent d'autres pays comme les États-Unis
ou la France. Si dans ces pays-là, le gouvernement prend
une part active à l'initiation des projets, à Maurice,
ce sont plutôt les ONG qui initient et le gouvernement qui
collabore. "À la MMCS, on a toujours été
les instigateurs de beaucoup de projets pour la protection de
l'environnement réalisés sans soutien financier
de la part des autorités. C'est vrai qu'on a la collaboration
du gouvernement mais ils ne s'implique pas complètement.
Par exemple, pour le projet de Dolphin Watching, ils ont
lancé les Guidelines pour sensibiliser les propriétaires
de bateaux, mais après plus rien. On a eu à expliquer
notre cas par nous-mêmes. On a demandé à la
Tourism Authority de nous aider, ils nous ont dit qu'ils peuvent
nous donner des casquettes et des stickers", sourit Jacqueline
Sauzier.
Gouvernement. La MWF indique qu'elle travaille en étroite
collaboration avec le gouvernement dans ses projets de conservation.
Celui-ci, même s'il ne finance pas régulièrement
l'ONG, apporte son aide en matière d'infrastructures.
"Le gouvernement met à notre disposition des terres
où des travaux doivent être entrepris ainsi que d'autres
infrastructures comme par exemple des cabanes nous permettant
de travailler sur les pigeons roses à Plaine Lièvre."
Boulet. À la MMCS, c'est exclusivement une équipe
de volontaires qui accorde sont temps à la conservation
de l'environnement marin. Ce qui implique qu'il arrive que ces
volontaires ne soient pas disponibles pour des réunions
avec le gouvernement. "Dans d'autres pays, le gouvernement
finance beaucoup les ONG. Notre boulet à la MMCS est de
ne pas pouvoir employer quelqu'un qui pourrait assister à
toutes les réunions. Ce genre de choses aurait pu être
financé par le gouvernement. Qui plus est, ils organisent
les réunions en pleine semaine à 14h, ce qui fait
que nous, qui travaillons, on ne trouve personne pour venir. Et
après, ils vont se plaindre que nous ne venons pas."
Exigences
Ainsi que l'explique Lone Raffray de la MWF, les compagnies qui
sponsorisent les projets veulent des projets valables. "Ils
veulent que les projets soient soutenables. Ils veulent savoir
où est ce que va l'argent. Si une ONG n'a pas d'administration
et une bonne gestion des projets, elle n'obtient pas de fonds.
Même nous qui avons un track record éprouvons des
difficultés", dit Lone Raffray.