Ce sera l'un des plus grands événements de la musique
de ces dernières années dans le pays. Deux jours
de concerts pour le premier Festival Sakifo organisé à
Maurice. Prévu pour les 2 et 3 août sur un terrain
spécialement aménagé à l'arrière
du Parking de Les Salines. Fort de leurs expériences à
la Réunion, les organisateurs ont lancé un grand
chantier afin que le festival reste dans les annales. Cette semaine,
Scope vous propose de mieux comprendre cet ambitieux projet.
AU PROGRAMME
Samedi 2 août, à partir de 17h
Linzy Bacbotte : Breathes
De l'émotion et de la fraîcheur pour donner le ton.
Samedi, c'est Linzy Bacbotte qui ouvrira le festival avec le charme
et le charisme qu'on lui connaît. Breathe Again, son
dernier album, a été l'occasion pour l'artiste de
présenter une autre facette d'elle-même à
son public. L'année dernière c'est une artiste mûre
et ouverte qui a conquis un public plus large. Linzy Bacbotte
ayant profité de sa longue expérience dans la chanson
et sur scène pour se consolider et se positionner dans
les premiers rangs. Son concert donné il y a quelques mois
ayant été l'un des grands moments de la musique
locale cette année. Il était donc normal qu'elle
soit à l'affiche du festival.
Crossbreed Supersoul : Di dap dap
En envoyant A letter to G l'année dernière,
Crossbreed Supersoul est venu démontrer que ses ambitions
en matière de musique sont réelles. Précédemment,
le groupe s'était fait connaître à travers
Live to BBC album sur lequel il a construit ses assises.
Quelques mois plus tard, il avait bel et bien évolué
offrant un nouveau visage et une nouvelle sonorité au rock
mauricien. Influencé par Radiohead, U2 et autres, il propose
une musique accessible à tous. Crossbreed Supersoul, pour
précision, participera aussi au Sakifo de La Réunion
où il a déjà un public. En effet, le groupe
s'y est rendu en tournée il y a quelques semaines. Il y
avait reçu un accueil chaleureux.
Toguna (La Réunion) : Sans frontière
Alchimiste de la musique, Toguna crée la sienne en mélangeant
reggae, folk, rock et maloya. La formule fonctionne, prenant la
forme d'un son suave set raffiné. Un de sites qui leur
est consacré fait ressortir: "Amoureux des mots
et des mélodies, Sîla & ses dalons prônent
l'ouverture et bannissent les frontières: transcendant
les genres en mixant reggae/ soul/ folk rock & des instruments
particuliers comme la slide guitar, le kayamb, le roulèr...
Entre ferveur et émotion, rythmique massive et acoustique
planante, Toguna est apprécié internationalement
pour la qualité des voix & des grooves! Le premier
album "Sans frontières", enregistré &
mixé à La Réunion puis masterisé par
une pointure à Washington DC, devrait répandre ses
vibes bien au delà des frontières..."
Camille Bazbaz (France) : Le bonheur
De France, Camille Bazbaz nous permettra d'apprécier son
univers brodé de pop/reggae/soul. Bazbaz est une grosse
pointure qui a plusieurs réalisations et a été
nommé dans la catégorie révélation
scène de l'année lors des Victoires de la musique
2006. En mai 2007, il a enregistré une partie de son album
Le bonheur fantôme à Kingstown avec le batteur
Sly Dunbar, le bassiste Robbie Shakespeare et Earl Smith à
la guitare (les mêmes qui accompagnent Serge Gainsbourg
sur Aux armes etc et Mauvaise nouvelles des Étoiles).
Camille Bazbaz évolue dans le monde de la musique depuis
les années 80. À cette époque, il était
membre de Cri de mouche. Influencé par le punk, il a été
marqué par le reggae, la soul,et le blues. Il a travaillé
avec Joey Starr, André Manoukian et d'autres artistes.
Accompagné de son piano Rhodes, il est présente
comme une vraie bête de scène.
Dionysos (France) : Mécanique du coeur
Dans la mythologie grecque, Dionysos est le dieu de la vigne,
du vin et de ses excès. Il y a aussi cette bande de copains
du sud de la France, qui ont monté un groupe de rock et
qui l'ont appelé Dionysos. Le groupe s'est rapidement imposé
comme le meilleur groupe de rock en France. Ils enfilent les disques
d'or, les tournées, les albums et les DVD live. Ils donnent
tout sur scène. Ils aiment les rencontres, les défis
et les voyages, des États-Unis à l'Islande. Ils
créent un univers en expansion permanente. À chaque
fois, ils gardent la foi, et chaque étape est comme une
première fois. La Mécanique du coeur, est
aussi un livre. Le troisième de son chanteur Mathias. Sur
le disque, les personnages du roman sont incarnés par des
voix invitées. Et quel casting: Emily Loizeau, Arthur H,
Olivia Ruiz, Rosy de Palma, Grand Corps Malade, Jean Rochefort,
Alain Bashung et Eric Cantona. Dionysos est un groupe puissant.
Tiken Jah Fakoly
Tiken Jah Fakoly clôturera la première partie de
ce festival. Le chanteur ivoirien nous proposera une partie de
ce qui compose le répertoire de sa tournée commencée
après le lancement de son album l'année dernière.
À la rencontre des ses "frères et surs
mauriciens" cette grande voix d'Afrique espère
laisser une trace et aussi toucher les conscience. Tiken Jah Fakoly
est un militant engagé dans la lutte pour l'égalité
et contre les injustices. Ce combat, il le mène à
travers sa musique.
Dimanche 3 août - à partir de 15h
Eric Triton : Vinn guété
Pour un tel festival, Eric Triton et sa guitare étaient
incontournables. Le bluesman mauricien sera aux Salines pour rencontrer
son public avec un répertoire qui annoncera une deuxième
partie aussi riche que la veille. Triton, pour rappel, travaille
en ce moment sur son prochaine album: Vinn guété
donnant ainsi une suite aux excellents Blues dans mwa et
Nation.
Avial : Nadanada
Surtout n'évoquez pas Bollywood. Avial, c'est une toute
autre forme de musique: du rock alternatif Mayali. Imaginez donc
un rock & folk à la sauce indienne. Avial est excellent
dans ce domaine faisant penser à d'autres grandes expériences
musicales de l'Inde/Pakistan et offertes par Rémo Fernandes
ou encore Junnoon. Le groupe comprend cinq membres: Anand Raj,
Tony John, Rex Vijayan), Naresh Kammeth et Mithun Puthenveetil.
Et quand ils parlent de leur influences, ces derniers citent:
Led Zeppelin, Frank Zappa, Radiohead, Verve, Oasis ,Jamiroquai,
Bjork, etc.
Menwar : Ay ay lolo
Il se passe de présentation. Menwar étant de ces
rares artistes mauriciens à avoir pu évoluer à
travers les générations. Au fil des années,
sa musique s'est enrichie permettant à l'artiste de s'installer
comme une vraie référence. Désormais, Menwar
est aussi l'un des meilleurs ambassadeurs de la musique locale.
Récemment il était aux États-Unis, au Canada,
puis en Europe. Sakifo lui sera une occasion de retrouver son
public après quelques mois pour nous raconter Sizanne et
le sagaï.
Asa (Nigeria) : Fire on the mountain
Dites Asha! C'est ainsi que se prononce le nom de cette autre
voix d'Afrique. Asa chante la vie et dénonce en fusionnant
le folk à la culture yoruba. Le mélange est
exquis. Et c'est ainsi que la Nigérienne née à
Paris continue son pari de se faire entendre. Elle a grandi donc
à Lagos, ville surpeuplée, survoltée mais
aussi profondément empreinte de spiritualité. L'islam
y côtoie le christianisme dans un esprit de tolérance,
la jeunesse y pastiche l'Amérique et la ville brûlante
s'agite sans fin, dans un ballet infernal et pourtant harmonieux,
où se croisent amour et haine, rire et violence, misère
et richesse. Un brin de Ayo, quelque chose de Chapman, Asa symbolise
une révolution musicale. Presque toujours présentée
avec sa guitare, Jailer et Fire on the Mountain
sont parmi les titres les plus accrocheurs de son premier album.
Keziah Jones (Nigeria/GB) : Rhythm' n' love
Un rêve devenu réalité diront ceux qui ont
déjà été conquis par ce virtuose de
la guitare électrique. Né à Lagos au Nigeria
et fils d'une grande famille de Lagos, il est élevé
en Angleterre et commence à jouer du piano à l'âge
de treize ans, avant d'adopter la guitare trois ans plus tard.
C'est dans le métro parisien qu'il se fait remarquer par
un directeur artistique de Delabel France en 1991. Largement influencé
par la personnalité politique et morale du musicien nigérian
Fela, par le jeu de Jimi Hendrix et de Prince, il signe en 1993
le disque-manifeste Blufunk Is A Fact, un mélange
de R&B et de blues acoustique porté par le succès
planétaire du single Rhythm is love. Le relatif
échec commercial d'African Space Craft (1995), dans
lequel il évoque les problèmes de l'artiste africain
contemporain, et de Liquid Sunshine (1999) l'éloignent
des feux de la rampe, jusqu'en 2003, année durant laquelle
la publication de Black Orpheus lui permet de retrouver
la faveur des médias. Il prépare en 2007 un nouvel
album, prévu pour le 1e septembre 2008 dans les studios
new-yorkais Electric Ladyland.