Week-End/SCOPE
VENDREDI 27 JUIN 2008



EMPLOI : TRADUCTION

Une filière à exploiter

La traduction est une nouvelle filière professionnelle qui prend de l'essor à Maurice. Plusieurs sociétés étrangères se sont installées ici, en misant sur le bilinguisme mauricien. Mais dans la pratique, cela passe plus difficilement. D'où l'appel pour une formation plus poussée au niveau des langues.

Mariée à un Mauricien, Dolores Brown a lancé, avec celui-ci depuis l'année dernière, Ad Litteram. Société de traduction dont la maison-mère se trouve à Bruxelles, Ad Litteram veut toucher un créneau particulier: la traduction créative. Il s'agit d'une nouvelle spécialisation pour le groupe. À Bruxelles, Ad Litteram travaille essentiellement sur la traduction rédactionnelle: conférence, compte-rendu, communiqué de presse, etc. Fast Forward, la filiale hongkongaise est spécialisée dans la traduction technique. Plus précisément les manuels d'utilisateur des fabricants de produits électroniques. Ad Legem, à Bruxelles toujours, se spécialise dans la traduction juridique.

Tourisme. Avec la traduction créative, Ad Litteram veut toucher le marché de la publicité et du tourisme. Elle estime que c'est une manière de mettre sa longue expérience dans le domaine au service du pays. "Contrairement à la traduction technique et juridique où il faut respecter les termes scrupuleusement, la traduction créative laisse plus de liberté. On ne peut pas faire de la traduction littérale pour des domaines comme la publicité ou le tourisme. Il suffit de comprendre l'esprit et de le mettre dans ses propres mots", avance-t-elle.

En revanche, ce qui doit être respecté, c'est la qualité de la langue. Or, le contexte multiculturel et multilingue de Maurice donne souvent pour résultats un mélange des langues. Certains mots ou expressions, utilisés couramment, ne sont pas tout à fait appropriés. "Pour le client étranger cela ne passe pas." D'où l'importance d'investir davantage dans les langues, estime notre interlocutrice. "Il y a déjà un gros potentiel, mais il faut professionnaliser davantage. Que ce soit pour le français ou pour l'anglais."

Dolores Brown précise qu'elle ne veut pas dire par là, que le niveau de français et d'anglais des Mauriciens n'est pas correct. Il s'agit plus d'une adaptation en milieu professionnel. Ici, la traduction. Ad litteram traduit dans toutes les langues et a un réseau de traducteurs à travers ses différentes filiales.

Marché. Même constat du côté de Rogers Outsourcing Solutions (ROS). En plus d'opérer un centre d'appels, cette compagnie mauricienne s'occupe aussi de la traduction. Il est surtout question de traduction de sites web, de manuels, de documentation, etc, pour différentes sociétés. Les langues vont du russe à l'allemand, en passant, bien entendu, par l'anglais et le français, ainsi que le mandarin, entre autres.

Jim Besnard, HR Manager de ROS estime que la traduction est un domaine qui a de l'avenir, mais qu'il se développe timidement. Il avance que Maurice devrait se positionner davantage pour ce marché en investissant dans une formation plus poussée au niveau des langues. "Il y a, par exemple, beaucoup de traductions qui se font en Asie, mais la qualité n'est pas toujours au top. Maurice pourrait avoir ce marché."

Notre interlocuteur avoue travailler principalement avec des traducteurs ayant fait leurs études dans des universités étrangères ou ceux ayant vécu en Europe. "Nos clients sont principalement des européens, il y a donc une certaine exigence au niveau de la qualité." Comme Dolores Brown, il cite des expressions pas tout à fait appropriées, relevant de nos "défauts" culturels.

Jim Besnard ajoute que les Mauriciens sont bons en français et en anglais et qu'il faut, maintenant viser l'excellence. "Je dirai qu'il faut pratiquer davantage l'oral pour l'anglais et davantage l'écrit, pour le français. Par ailleurs, Maurice étant une île hautement touristique, il faut investir plus dans les langues étrangères comme l'espagnol, par exemple."

À ROS, il existe une formule de formation continue, soutient Jim Besnard. Cela se fait par support audio, face à face avec le formateur et aussi via internet. Outre la maîtrise des langues, notre interlocuteur soutient qu'il faut aussi s'adapter aux horaires européens. Les traducteurs travaillent ainsi de 11h à 20h, du lundi au vendredi.


Compétences

Pour travailler comme traducteur, il faut, idéalement, avoir fait des études universitaires en langues. Mais il faut aussi avoir une bonne connaissance générale. "À Hongkong, par exemple, nos traducteurs vont dans les usines pour voir sur place les produits, afin d'avoir une meilleure compréhension du matériel à traduire", fait ressortir Dolores Brown. Pour le marché mauricien, il faut une bonne connaissance du pays, de la culture et faire preuve de créativité. "Quelqu'un peut ne pas avoir fait des études supérieures en langues, mais maîtrise parfaitement les langues", ajoute-t-elle.

Ad Litteram travaille avec des traducteurs à plein temps et aussi en freelance. Pour postuler, il suffit d'envoyer un e-mail à jobs@adlitteram-group.com ou freelance@adlitteram-group.com. Pour les renseignements, adressez le mail à info@adlitteram-group.com.

De son côté, Rogers Outsourcing Solutions recrute aussi des traducteurs. Particulièrement en néerlandais, espagnol et allemand. Pour se renseigner, connectez-vous sur www.rogers-outsourcing-solutions.com ou envoyez un mail à jim.besnard@rogers-outsourcing-solutions.com.