EMPLOI : TRADUCTION
Une filière à exploiter
La traduction est une nouvelle filière professionnelle
qui prend de l'essor à Maurice. Plusieurs sociétés
étrangères se sont installées ici, en misant
sur le bilinguisme mauricien. Mais dans la pratique, cela passe
plus difficilement. D'où l'appel pour une formation plus
poussée au niveau des langues.
Mariée à un Mauricien, Dolores Brown a lancé,
avec celui-ci depuis l'année dernière, Ad Litteram.
Société de traduction dont la maison-mère
se trouve à Bruxelles, Ad Litteram veut toucher
un créneau particulier: la traduction créative.
Il s'agit d'une nouvelle spécialisation pour le groupe.
À Bruxelles, Ad Litteram travaille essentiellement
sur la traduction rédactionnelle: conférence, compte-rendu,
communiqué de presse, etc. Fast Forward, la filiale
hongkongaise est spécialisée dans la traduction
technique. Plus précisément les manuels d'utilisateur
des fabricants de produits électroniques. Ad Legem,
à Bruxelles toujours, se spécialise dans la traduction
juridique.
Tourisme. Avec la traduction créative, Ad Litteram
veut toucher le marché de la publicité et du tourisme.
Elle estime que c'est une manière de mettre sa longue expérience
dans le domaine au service du pays. "Contrairement à
la traduction technique et juridique où il faut respecter
les termes scrupuleusement, la traduction créative laisse
plus de liberté. On ne peut pas faire de la traduction
littérale pour des domaines comme la publicité ou
le tourisme. Il suffit de comprendre l'esprit et de le mettre
dans ses propres mots", avance-t-elle.
En revanche, ce qui doit être respecté, c'est la
qualité de la langue. Or, le contexte multiculturel et
multilingue de Maurice donne souvent pour résultats un
mélange des langues. Certains mots ou expressions, utilisés
couramment, ne sont pas tout à fait appropriés.
"Pour le client étranger cela ne passe pas."
D'où l'importance d'investir davantage dans les langues,
estime notre interlocutrice. "Il y a déjà
un gros potentiel, mais il faut professionnaliser davantage. Que
ce soit pour le français ou pour l'anglais."
Dolores Brown précise qu'elle ne veut pas dire par là,
que le niveau de français et d'anglais des Mauriciens n'est
pas correct. Il s'agit plus d'une adaptation en milieu professionnel.
Ici, la traduction. Ad litteram traduit dans toutes les
langues et a un réseau de traducteurs à travers
ses différentes filiales.
Marché. Même constat du côté
de Rogers Outsourcing Solutions (ROS). En plus d'opérer
un centre d'appels, cette compagnie mauricienne s'occupe aussi
de la traduction. Il est surtout question de traduction de sites
web, de manuels, de documentation, etc, pour différentes
sociétés. Les langues vont du russe à l'allemand,
en passant, bien entendu, par l'anglais et le français,
ainsi que le mandarin, entre autres.
Jim Besnard, HR Manager de ROS estime que la traduction
est un domaine qui a de l'avenir, mais qu'il se développe
timidement. Il avance que Maurice devrait se positionner davantage
pour ce marché en investissant dans une formation plus
poussée au niveau des langues. "Il y a, par exemple,
beaucoup de traductions qui se font en Asie, mais la qualité
n'est pas toujours au top. Maurice pourrait avoir ce marché."
Notre interlocuteur avoue travailler principalement avec des traducteurs
ayant fait leurs études dans des universités étrangères
ou ceux ayant vécu en Europe. "Nos clients sont
principalement des européens, il y a donc une certaine
exigence au niveau de la qualité." Comme Dolores
Brown, il cite des expressions pas tout à fait appropriées,
relevant de nos "défauts" culturels.
Jim Besnard ajoute que les Mauriciens sont bons en français
et en anglais et qu'il faut, maintenant viser l'excellence. "Je
dirai qu'il faut pratiquer davantage l'oral pour l'anglais et
davantage l'écrit, pour le français. Par ailleurs,
Maurice étant une île hautement touristique, il faut
investir plus dans les langues étrangères comme
l'espagnol, par exemple."
À ROS, il existe une formule de formation continue, soutient
Jim Besnard. Cela se fait par support audio, face à face
avec le formateur et aussi via internet. Outre la maîtrise
des langues, notre interlocuteur soutient qu'il faut aussi s'adapter
aux horaires européens. Les traducteurs travaillent ainsi
de 11h à 20h, du lundi au vendredi.
Compétences
Pour travailler comme traducteur, il faut, idéalement,
avoir fait des études universitaires en langues. Mais il
faut aussi avoir une bonne connaissance générale.
"À Hongkong, par exemple, nos traducteurs vont
dans les usines pour voir sur place les produits, afin d'avoir
une meilleure compréhension du matériel à
traduire", fait ressortir Dolores Brown. Pour le marché
mauricien, il faut une bonne connaissance du pays, de la culture
et faire preuve de créativité. "Quelqu'un
peut ne pas avoir fait des études supérieures en
langues, mais maîtrise parfaitement les langues",
ajoute-t-elle.
Ad Litteram travaille avec des traducteurs à plein
temps et aussi en freelance. Pour postuler, il suffit d'envoyer
un e-mail à jobs@adlitteram-group.com ou freelance@adlitteram-group.com.
Pour les renseignements, adressez le mail à info@adlitteram-group.com.
De son côté, Rogers Outsourcing Solutions
recrute aussi des traducteurs. Particulièrement en néerlandais,
espagnol et allemand. Pour se renseigner, connectez-vous sur www.rogers-outsourcing-solutions.com
ou envoyez un mail à jim.besnard@rogers-outsourcing-solutions.com.