Week-End/SCOPE
VENDREDI 27 JUIN 2008



LES HUMEURS DE CHLOÉ

Défloraison hivernale

Contemplation d'une journée brodée de solitude. Planquée dans un coin de jardin, sous la caresse du soleil couchant. J'voudrais lui écrire quelques mots pour lui dire que le temps n'est pas beau et surtout que j'ai mal. Lui crier que je pense à lui souvent. Sous ce vent qui souffle au loin les pétales de notre amour. Une fleur qui dans le froid solitaire s'étiole…

La passion et la peine sont comme deux saisons d'un même sentiment. Est-ce parce que je l'ai trop aimé que je ressens tant de peine? Que me reste-t-il à présent hormis des souvenirs qui tiennent mon cœur au chaud dans ce grand lit froid? Je cherche parfois son regard sous la pluie… mais j'ai perdu mon amour par mauvais temps. Et perdu ma virginité à jamais.

Me voilà corps et âme une femme. Daphnis m'a aimée un jour et m'aime sans doute toujours. Le vide de son absence me pèse grave. Je ne lui en veux pas de m'avoir déflorée. Comment pourrais-je d'ailleurs? Il m'a révélé la douceur de l'amour. M'a rendue femme dans ma chair et mon esprit. Une ombrageuse pensée hante cependant le cœur de mes nuits: m'aimera-t-il encore malgré la distance qui nous sépare?

Je ne peux m'empêcher de penser aux personnes qui réduisent l'acte amoureux à un commerce. À ces filles vendues comme des marchandises. Aux mecs qui assouvissent leurs pulsions dans le vice. Sont-ils à la recherche de chaleur humaine? J'me demande ce que doivent ressentir ces filles et ces femmes? J'ai envie de leur demander pourquoi elles font commerce de leur corps. On dit que la misère ne leur laisse pas d'autres portes de sortie…

Mais qu'en est-il de ceux qui exploitent cette misère pour se mettre du fric plein les poches? Ceux qui montent des sites Internet et des réseaux pour vendre des femmes. Pire, ceux qui prostituent des enfants! Ceux qui abusent des écoliers ou des étudiantes dans des terrains vagues. C'est quoi leur problème à eux? Serait-ce que les violeurs ne savent pas exprimer leur sexualité? Sexualité du reste opprimée par les tabous?

J'sais pas trop quoi en penser. Sauf que j'aimerais pas être à la place d'une de ces filles! Encore moins de celles qui sont sous le joug d'un de ces salauds de macs. Ceux qui tendent une seringue avec un grand sourire. J'essai un instant de me mettre dans leur peau… devoir coucher avec un mec qu'on connaît ni d'Adam ni d'Ève. C'est style être ensevelie sous des décombres. Crier dans l'obscurité sans personne qui réponde à vos appels de détresse.

D'autres filles trouvent le moyen de se la jouer Pretty Woman. Ne rechignent pas à se donner à des mecs friqués pour leur soutirer un max de blé. Celles-là ne sont pas tellement dans le besoin. Juste envie de rouler dans de grosses bagnoles et de se prendre pour une starlette au resto ou en boîte. C'est quoi leur blème à celles-là? Qu'en est-il des sentiments dans tout ça? Une chose est sûre: le sexe n'est pas l'amour. L'amour n'a pas de prix.

Bisous doux

Chloé