Week-End/SCOPE
VENDREDI 30 MAI 2008



DANSE : ZABINE RAMGOOLAM

D'amour et de passion

C'est une belle histoire d'amour et de passion qu'elle raconte quand elle parle de la danse. Formée en danse classique indienne, Zabine Ramgoolam, 25 ans, voit dans le mélange des genres une occasion de créer. Habitant Montagne Blanche, elle met tous les atouts de son côté pour faire carrière.

Jori No 1 en 2007, Dance Fever jusque la semaine dernière. Pour Zabine Ramgoolam, les concours sont aussi ces plateformes où l'occasion est offerte aux artistes d'aller à la rencontre du public. Ou encore de découvrir de nouvelles sensations et de vivre ces nouvelles expériences que procurent la scène et l'échange avec les autres candidats. Qu'elle ne soit pas montée sur la plus haute marche après la compétition ne la dérange pas outre mesure. D'autres de ses objectifs ont été atteints. Dont ce besoin essentiel de donner le meilleur d'elle-même. Pour son propre plaisir et surtout pour celui du public. La danse, lui a enseignée le sens du partage et de la méticulosité.

Avec les techniques de la danse classique indienne pour bases, au gré des expériences, elle y mélange d'autres genres : bollywood, arabe, plus récemment le séga. La transition et la fusion se faisant au feeling. Lentement, elle se construit, mélange le mouvement, définit un style avec en ligne de mire l'originalité. Zabine Ramgoolam espère une carrière professionnelle en tant que danseuse. Et pourquoi pas Bollywood? Une lueur dans les yeux, elle explique qu'elle y travaille. Du talent, elle en a, aussi bien que de la détermination.

Passion. Inspirée et dévouée, la jeune danseuse vît la danse, passionnément. Tel un besoin essentiel qui ressurgit chez elle à tout moment. A l'écoute d'une mélodie à la radio ou la télé. Ou tout simplement, comme ça, quand cela lui prend. "C'est bien plus qu'un passe-temps pour moi. Je me retrouve à danser tous les jours, à n'importe quel moment de la journée", raconte-t-elle. Le visage lumineux, elle est ici sur un terrain qui lui plaît. Les mots lui viennent sans qu'elle n'ait à aller les chercher. Tout a été pensé et réfléchi depuis longtemps: "Je vis avec la danse!" Et c'est ainsi qu'elle aime bien se laisser aller quand le rythme devient accrocheur: "Souvent, je me retrouve à improviser des mouvements que j'utilise pour mes chorégraphies plus tard." La danse, rappelle-t-elle, c'est aussi une histoire de création perpétuelle. Autodidacte dans un tout premier temps, elle a appris à progresser d'instinct pour conférer un sens, une émotion à chacun de ses mouvements. Quand elle s'élance, raconte-t-elle, c'est chaque partie de son être qui sert à la chorégraphie. "Je m'imprègne entièrement du personnage que je veux incarner afin de lui donner vie." Autour plus rien n'existe, et tout s'enchaîne naturellement. Gestes, mouvements, déhanchements, sourires, regards, c'est l'ensemble qui donne un sens. La danse est ce mode d'expression dans lequel elle se retrouve et se redécouvre en permanence.

Spectacle. En dehors des concours à travers lesquels le grand public l'a récemment découverte, Zabine Ramgoolam a aussi participé à plusieurs spectacles. Dans certains cas, elle y avait pris part en compagnie des autres éléments du groupe de danse dont son cadet était responsable. Mais depuis peu, l'équipe a été mise en veilleuse, quelques membres du groupe devant se concentrer sur leurs études ou ayant d'autres obligations. "En ce moment, je suis la seule à avoir continué", explique-t-elle. Mais on l'a aussi compris, chez elle, la danse c'est aussi une affaire de famille…

Environnement. Une ruelle hors de la route principale conduit à la demeure de la famille Ramgoolam à Montagne Blanche. C'est là, dans l'ambiance pittoresque de cette autre île Maurice qu'elle a grandi, avec un décor fait de champs de cannes et de hautes montagnes. La sérénité des lieux ne pouvait qu'être une source d'inspiration pour l'aînée de la famille qui, très tôt, développe un goût certain pour la danse traditionnelle indienne. " J'avais 5 ou 6 ans ", essaie-t-elle de se souvenir, lorsqu'elle s'y met, imitant acteurs et danseurs qu'elle a l'occasion de voir. Ses proches et ceux de sa famille finissent par la remarquer et quelques années plus tard, elle participe à des spectacles donnés par des associations socioculturelles dans son village. Montagne Blanche gardera toujours un œil bienveillant sur la petite danseuse qui devient la protégée du voisinage tandis qu'elle gravit les échelons. Elle était en Form I lorsque s'inscrit à des cours de danse au MGI. À 25 ans, elle y est toujours. En ce moment, elle se prépare pour ses examens au niveau Advance 2.

Soutien. Alors qu'elle était déjà sur la lancée pour Dance Fever, un bouleversement dans sa vie l'avait presque amenée à abandonner la compétition. Mais aussitôt, sa mère s'est mise à ses côtés, raconte la danseuse, pour l'aider à surmonter l'épreuve et reprendre la course. "Je lui suis très reconnaissante", dit Zabine Ramgoolam. À ce stade du témoignage, elle précise sa nécessité "d'honorer mes parents". Ils ne lui ont pas seulement retransmise cette flamme. Mais depuis son enfance, l'ont encadrée et encouragée pour que la passion reste allumée et ardente. "L'avis de mon père sur ce que je fais m'a toujours été très précieux. Il nous a toujours encadrés, mon frère et moi. Et m'a toujours corrigée pour m'aider à m'améliorer. Si je danse aujourd'hui, c'est en grande partie grâce à lui."

Simplicité. Dans son perpétuel apprentissage vers le perfectionnement, Zabine Ramgoolam a appris que la simplicité est un des meilleurs états d'esprit qui permet à l'artiste d'avancer. Au lieu de s'enfermer dans une tour d'ivoire, elle relance sans cesse la communication avec son entourage et fait montre de respect envers ceux qui l'approchent pour la saluer de ses performances. "Nous devons savoir montrer notre reconnaissance vis-à-vis du public. C'est grâce à lui que l'on avance", dit-elle en guise de message à l'ensemble de la communauté artistique.

À un moment, elle a suivi des cours de théâtre auprès de Gaston Valayden. Puis, elle s'est aussi intéressée de près à la peinture. Ses costumes, c'est elle-même qui les prépare, lui permettant de se rapprocher de l'ambition qu'elle avait à un moment de devenir designer. Finalement, c'est l'art dans son ensemble qui l'a séduite.

Elle a choisi sa voie.


Bollywood

Initiée au Bharatanatyam au MGI, Zabine Ramgoolam est aussi une fervente du Khatak. Un choix aussi pratique, dit-elle: "parce que si je veux passer par Bollywood, j'ai beaucoup plus de chance avec le Khatak." Pour s'initier, là encore elle y va au feeling ou en observant. Par exemple, en reprenant la mémorable chorégraphie exécutée par Madhuri Dixit dans Devdas. Bollywood est, en effet, une de ses grandes ambitions, "Un rêve d'enfance", qu'elle espère un jour voir se concrétiser. Il y a quelque temps, elle était sur le plateau d'une des équipes venues en tournage à Maurice. Le rêve a commencé à prendre forme.