DANSE : ZABINE RAMGOOLAM
D'amour et de passion
C'est une belle histoire d'amour et de passion qu'elle raconte
quand elle parle de la danse. Formée en danse classique
indienne, Zabine Ramgoolam, 25 ans, voit dans le mélange
des genres une occasion de créer. Habitant Montagne Blanche,
elle met tous les atouts de son côté pour faire carrière.
Jori No 1 en 2007, Dance Fever jusque la semaine
dernière. Pour Zabine Ramgoolam, les concours sont aussi
ces plateformes où l'occasion est offerte aux artistes
d'aller à la rencontre du public. Ou encore de découvrir
de nouvelles sensations et de vivre ces nouvelles expériences
que procurent la scène et l'échange avec les autres
candidats. Qu'elle ne soit pas montée sur la plus haute
marche après la compétition ne la dérange
pas outre mesure. D'autres de ses objectifs ont été
atteints. Dont ce besoin essentiel de donner le meilleur d'elle-même.
Pour son propre plaisir et surtout pour celui du public. La danse,
lui a enseignée le sens du partage et de la méticulosité.
Avec les techniques de la danse classique indienne pour bases,
au gré des expériences, elle y mélange d'autres
genres : bollywood, arabe, plus récemment le séga.
La transition et la fusion se faisant au feeling. Lentement,
elle se construit, mélange le mouvement, définit
un style avec en ligne de mire l'originalité. Zabine Ramgoolam
espère une carrière professionnelle en tant que
danseuse. Et pourquoi pas Bollywood? Une lueur dans les yeux,
elle explique qu'elle y travaille. Du talent, elle en a, aussi
bien que de la détermination.
Passion. Inspirée et dévouée, la jeune
danseuse vît la danse, passionnément. Tel un besoin
essentiel qui ressurgit chez elle à tout moment. A l'écoute
d'une mélodie à la radio ou la télé.
Ou tout simplement, comme ça, quand cela lui prend.
"C'est bien plus qu'un passe-temps pour moi. Je me retrouve
à danser tous les jours, à n'importe quel moment
de la journée", raconte-t-elle. Le visage lumineux,
elle est ici sur un terrain qui lui plaît. Les mots lui
viennent sans qu'elle n'ait à aller les chercher. Tout
a été pensé et réfléchi depuis
longtemps: "Je vis avec la danse!" Et c'est ainsi
qu'elle aime bien se laisser aller quand le rythme devient accrocheur:
"Souvent, je me retrouve à improviser des mouvements
que j'utilise pour mes chorégraphies plus tard."
La danse, rappelle-t-elle, c'est aussi une histoire de création
perpétuelle. Autodidacte dans un tout premier temps, elle
a appris à progresser d'instinct pour conférer un
sens, une émotion à chacun de ses mouvements. Quand
elle s'élance, raconte-t-elle, c'est chaque partie de son
être qui sert à la chorégraphie. "Je
m'imprègne entièrement du personnage que je veux
incarner afin de lui donner vie." Autour plus rien n'existe,
et tout s'enchaîne naturellement. Gestes, mouvements, déhanchements,
sourires, regards, c'est l'ensemble qui donne un sens. La danse
est ce mode d'expression dans lequel elle se retrouve et se redécouvre
en permanence.
Spectacle. En dehors des concours à travers lesquels
le grand public l'a récemment découverte, Zabine
Ramgoolam a aussi participé à plusieurs spectacles.
Dans certains cas, elle y avait pris part en compagnie des autres
éléments du groupe de danse dont son cadet était
responsable. Mais depuis peu, l'équipe a été
mise en veilleuse, quelques membres du groupe devant se concentrer
sur leurs études ou ayant d'autres obligations. "En
ce moment, je suis la seule à avoir continué",
explique-t-elle. Mais on l'a aussi compris, chez elle, la danse
c'est aussi une affaire de famille
Environnement. Une ruelle hors de la route principale conduit
à la demeure de la famille Ramgoolam à Montagne
Blanche. C'est là, dans l'ambiance pittoresque de cette
autre île Maurice qu'elle a grandi, avec un décor
fait de champs de cannes et de hautes montagnes. La sérénité
des lieux ne pouvait qu'être une source d'inspiration pour
l'aînée de la famille qui, très tôt,
développe un goût certain pour la danse traditionnelle
indienne. " J'avais 5 ou 6 ans ", essaie-t-elle
de se souvenir, lorsqu'elle s'y met, imitant acteurs et danseurs
qu'elle a l'occasion de voir. Ses proches et ceux de sa famille
finissent par la remarquer et quelques années plus tard,
elle participe à des spectacles donnés par des associations
socioculturelles dans son village. Montagne Blanche gardera toujours
un il bienveillant sur la petite danseuse qui devient la
protégée du voisinage tandis qu'elle gravit les
échelons. Elle était en Form I lorsque s'inscrit
à des cours de danse au MGI. À 25 ans, elle y est
toujours. En ce moment, elle se prépare pour ses examens
au niveau Advance 2.
Soutien. Alors qu'elle était déjà
sur la lancée pour Dance Fever, un bouleversement
dans sa vie l'avait presque amenée à abandonner
la compétition. Mais aussitôt, sa mère s'est
mise à ses côtés, raconte la danseuse, pour
l'aider à surmonter l'épreuve et reprendre la course.
"Je lui suis très reconnaissante", dit
Zabine Ramgoolam. À ce stade du témoignage, elle
précise sa nécessité "d'honorer mes
parents". Ils ne lui ont pas seulement retransmise cette
flamme. Mais depuis son enfance, l'ont encadrée et encouragée
pour que la passion reste allumée et ardente. "L'avis
de mon père sur ce que je fais m'a toujours été
très précieux. Il nous a toujours encadrés,
mon frère et moi. Et m'a toujours corrigée pour
m'aider à m'améliorer. Si je danse aujourd'hui,
c'est en grande partie grâce à lui."
Simplicité. Dans son perpétuel apprentissage
vers le perfectionnement, Zabine Ramgoolam a appris que la simplicité
est un des meilleurs états d'esprit qui permet à
l'artiste d'avancer. Au lieu de s'enfermer dans une tour d'ivoire,
elle relance sans cesse la communication avec son entourage et
fait montre de respect envers ceux qui l'approchent pour la saluer
de ses performances. "Nous devons savoir montrer notre
reconnaissance vis-à-vis du public. C'est grâce à
lui que l'on avance", dit-elle en guise de message à
l'ensemble de la communauté artistique.
À un moment, elle a suivi des cours de théâtre
auprès de Gaston Valayden. Puis, elle s'est aussi intéressée
de près à la peinture. Ses costumes, c'est elle-même
qui les prépare, lui permettant de se rapprocher de l'ambition
qu'elle avait à un moment de devenir designer. Finalement,
c'est l'art dans son ensemble qui l'a séduite.
Elle a choisi sa voie.
Bollywood
Initiée au Bharatanatyam au MGI, Zabine Ramgoolam est aussi
une fervente du Khatak. Un choix aussi pratique, dit-elle:
"parce que si je veux passer par Bollywood, j'ai beaucoup
plus de chance avec le Khatak." Pour s'initier, là
encore elle y va au feeling ou en observant. Par exemple,
en reprenant la mémorable chorégraphie exécutée
par Madhuri Dixit dans Devdas. Bollywood est, en effet,
une de ses grandes ambitions, "Un rêve d'enfance",
qu'elle espère un jour voir se concrétiser.
Il y a quelque temps, elle était sur le plateau d'une des
équipes venues en tournage à Maurice. Le rêve
a commencé à prendre forme.