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VENDREDI 9 MAI 2008
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toxicomanie
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SOCIÉTÉ : NOUBAZ
Lutter contre la toxicomanie chez les jeunes
Face à la détérioration du comportement des
jeunes, de plus en plus attirés par les stupéfiants,
Noubaz a été créé. Placé sous
la houlette de Danny Philippe, le centre de prévention
et d'écoute fonctionne, depuis mars dernier, avec l'expertise
d'un psychologue. Son objectif : mieux cerner les problèmes
des adolescents, tout en restituant un dialogue parent-enfant.
Situé à Curepipe dans la cité Pitot, le centre
Noubaz, unité de prévention du Centre de Solidarité,
fonctionne depuis peu avec l'expertise d'un psychologue. Les responsables
du centre, ont compris que l'accompagnement psychologique reste
un facteur clé pour restituer le dialogue parent-enfant
et remettre ces derniers en confiance.
Constat. Christiane Fok Tong, psychologue clinicienne,
assure une permanence trois fois la semaine : les mercredi et
vendredi, de 13h à 17h, et le samedi, de 9h à midi.
Son rôle : accueillir les jeunes en difficultés et
les accompagner. "Dans beaucoup de cas, nous voyons que
les parents ne contrôlent plus l'adolescent. Les parents
expliquent ne plus reconnaître leurs enfants. Ils les voient
souffrir en silence et se laisser détruire. Ces jeunes
n'ont plus de repères car ils sont dépendants de
l'alcool et de la drogue. Mon rôle est de les assister et
de pousser plus loin dans le vécu pour savoir d'où
vient le mal", confie Christiane Fok Tong. "D'autres
personnes n'osent pas venir lorsqu'elles entendent parler de psychologue.
Elles doivent réaliser que seules, elles ne pourront pas
sortir de la toxicomanie."
Depuis quelques années, la consommation massive de stupéfiants
est en pleine croissance à Maurice. Les jeunes, plus facilement
influençables, sont les principales victimes de ce fléau
: colle, gandia, alcool, cigarette, drogues injectables. Un triste
constat que nous dresse Danny Philippe, responsable de Noubaz.
Ces jeunes toxicomanes sont, pour la plupart, en situation d'échec
scolaire ou délaissent tout simplement l'école.
"Certains adolescents ne réalisent pas qu'ils sont
dépendants du gandia, de la drogue, de l'alcool ou de la
cigarette. Ils ont tendance à banaliser les choses",
s'indigne Caroline Pontoise, étudiante en sociologie et
volontaire à Noubaz.
Action. À défaut d'avoir des structures pour
la désintoxication des mineurs, à Noubaz, l'accent
est aussi mis sur l'accompagnement de leurs proches souvent désorientés.
Le centre compte un service d'écoute. Parallèlement,
les volontaires effectuent un travail de prévention dans
les établissements scolaires ainsi que sur le terrain,
dans les cités dites "sensibles" du pays. Ce
fléau qui gagne de plus en plus de jeunes aujourd'hui n'a
pas de frontière. Selon des travailleurs sociaux, le gandia
est devenu un produit de consommation courante auprès des
jeunes, "Les établissements primaires et secondaires
font souvent appel à nous pour des campagnes de prévention.
Le problème de drogue touche toutes les écoles et
tous les milieux sociaux, les filles comme les garçons.
Même les écoles dites five stars", souligne
Danny Philippe.
Toutefois, Danny Philippe déplore la lenteur des démarches
administratives dans certains collèges d'État. "Nous
avons rencontré un cas où les démarches administratives
ont pris près d'un an. Lorsque nous avons eu une réponse,
elle était négative. C'est malheureux, mais nous
ne pouvons rien faire."
Les responsables du Centre sont aussi actifs auprès des
jeunes qui ont mis fin à leurs études après
le CPE. "Pour la majorité d'entre eux, ils sont
laissés à eux-mêmes et il leur faut un encadrement",
constate Christiane Fok Tong.
Pour se faire connaître, mais aussi pour toucher le terrain,
le Centre organise des sessions de sensibilisation dans les différentes
régions de l'île, dans les quartiers, dans les clubs
et dans les boîtes de nuit. "Nous avons également
une équipe très dynamique qui travaille sur le terrain,
comme à la Cité Mangalkhan où se fait un
travail de fond. Il faut faire ressortir que les jeunes qui fréquentent
le Centre ne sont pas pour autant des toxicomanes. Nous rencontrons
des cas où des adolescents touchant à une bouteille
de bière par jour ou fumant un paquet de cigarettes par
jour ont décidé d'arrêter. Pour eux, la meilleure
solution c'est de se faire aider et encadrer au Centre. À
Noubaz, nous voyons avant tout l'être humain, c'est le plus
important."
Projets. Le prochain objectif que c'est fixé Danny
Philippe est de mettre sur pied un service de renseignements pour
les jeunes fréquentant le Centre. Ainsi, avec l'aide de
sponsors, le Centre sera bientôt équipé
d'ordinateurs avec accès à l'internet. "Nous
ferons aussi une cyber prévention pour que les jeunes sachent
comment et où surfer", dit D. Philippe. Des livres
seront mis à la disposition des utilisateurs du Centre.
Ouvert 6/7
D'abord une unité de prévention basée à
Rose-Hill depuis 1998, Noubaz devient un centre de prévention
en novembre 2005. Avec l'aide de la municipalité de Curepipe
et du Rotary Club, Danny Philippe obtient un emplacement, une
maison abandonnée qui est vite restaurée. Le Centre
compte aujourd'hui 3 employés et 2 volontaires : Danny
Philippe, le responsable du centre ; Christiane, psychologue ;
Ravi, office coordinator, ainsi que Caroline et Kelly,
volontaires.
Noubaz est ouvert de 9h à 16h en semaine et de 9h à
midi le samedi. Pour plus de renseignements, appeler au 670 1724.