Week-End/SCOPE

VENDREDI 2 MAI 2008 vih & sida


PRÉVENTION : SIDAWARE

L'info chez vous

PILS présente Hivo et Dassy, deux personnages à l'allure sympathique qui se proposent de venir chez vous pour parler du VIH et du SIDA. À travers SidAware, l'ONG offre une nouvelle forme de prévention primaire où ses volontaires feront du porte à porte. L'objectif : faire passer l'info, vaincre l'ignorance et les préjugés et sauver des vies.

S'informer et parler du VIH & SIDA est aujourd'hui vital et essentiel. Pourquoi ne pas le faire chez soi, chez le voisin ou dans le lieu de rencontre du voisinage ? L'essentiel étant d'encourager un dialogue ouvert et positif dans un environnement convivial et pro actif. Pour animer la rencontre : un volontaire dûment formé délégué par l'association PILS. Faisant bel et bien partie de la réalité de l'humanité, le VIH & SIDA concerne tous les individus, indistinctement. Autant donc en parler autour de soi, avec les siens et son entourage. La formule encourage la discussion au sein des familles et du voisinage sur des questions généralement tabous et pourtant vitales.

Tupperware. SidaWare s'inspire de la technique de vente en porte et porte, pratiquée par certaines compagnies, dont Tupperware. Session de prévention de proximité, elle se fait à la demande des particuliers ou autres à domicile en présence des membres de la famille et des invités comme le font habituellement les ambassadeurs commerciaux. Sauf qu'ici, aucun produit à vendre, mais des informations à partager. Pour l'aider, l'animateur a, à sa disposition, des documents, du matériel visuel et autres gadgets destinés à l'aider à faire l'ABCD du VIH & SIDA et à répondre aux questions de l'auditoire.

Besoin. Ce nouveau projet de PILS, comme l'indique sa conceptrice et ancienne directrice, Audrey D'Hotman, vient avant tout répondre à un urgent besoin ressenti au sein de la population. Celui d'avoir accès à une information correcte et aussi complète que possible sur le VIH et le SIDA. "Malgré l'activisme de PILS qui dure depuis bientôt 12 ans, des grosses lacunes en termes de connaissance persistent, contribuant à alimenter une situation de préjugés envers le VIH/SIDA et les personnes vivant avec le virus. Le constat qui ressort des années d'expérience dans le domaine de la prévention est que pour lutter contre cette épidémie et les préjugés qui l'entourent, il est essentiel de combattre l'ignorance qui règne autour du VIH/SIDA", dit PILS.

Lutte. Forum permettant la dissémination d'informations, SidAware à plusieurs objectifs spécifiques : la lutte contre la méconnaissance, l'ignorance et les préjugés et la discrimination qui en découlent. Le programme encouragera aussi les individus à vivre de manière positive face au VIH et d'avoir une meilleure approche vis-à-vis de ceux qui sont infectés et affectés par le virus. Parce que "le manque d'informations engendre la peur, la stigmatisation et les discriminations. Pire encore, cette ignorance instaure un climat propice à la propagation du virus." D'où le défi de l'association "d'enrayer ce cercle vicieux."

Dans ce projet, PILS a bénéficié du soutien de la MCB, de la Fondation Médine Horizons, de la Fondation Espoir et Développement et du Charles Telfair Institute.


Be Aware

Pour faire appel aux services de PILS dans le cadre de SidAware, les intéressés doivent prendre contact avec l'association sur le 2107075/47. Généralement, ce sont aux membres du public de déterminer de l'heure, du lieu et des participants à la rencontre. De là, les arrangements nécessaires seront faits pour qu'un volontaire soit au rendez-vous. Le langage et le ton sont appelés à s'adapter à l'audience afin que nul ne se sente léser ou embarrasser par les propos et le sujet lui-même. La causerie s'adresse donc à tous. Hivo et Dassy sont deux personnages dessinés qui accompagneront les participants durant les différents chapitres de la campagne. La rencontre a été calculée pour durer approximativement une heure. Là encore, tout dépendra de la participation de l'audience. Après la sessions, des brochures et éventuellement des outils de prévention seront remis aux participants.


Volontaires, avis de recherche

C'est majoritairement la dynamique équipe du Center of Learning de Barkly qui compose le premier groupe de volontaires de SidAware. À ce jour, une vingtaine de personnes ont été formées sur le VIH, le SIDA et les sujets associés, de même que sur les techniques d'animation pour faire partie du projet. PILS espère néanmoins disposer d'une équipe comprenant au moins 50 personnes. D'où l'appel lancé au grand public, SidAware ayant pour ambition de disposer d'une équipe dont les membres seraient des différentes parties du pays. Les rencontres étant prévues en dehors des heures de travail, un appel spécial est lancé aux professionnels. Une fois formés et acceptés dans le projet, les animateurs recevront un certificat de même qu'un matériel adapté à leurs besoins. Ils seront encadrés par les effectifs de l'association et des rencontres seront aussi organisées régulièrement pour permettre le suivi. Là encore, les intéressés doivent s'enregistrer sur le 2107075/47.


Situation

Depuis 1987, le ministère de la Santé a enregistré 3 244 cas de personnes vivant avec le VIH à Maurice. Selon les statistiques officiels le pays pourrait compter de 13 000 à 14 000 individus déjà infectés par le virus au sein de la population des 14 à 49 ans. Ces dernières années, le VIH s'est surtout répandu à travers le partage de seringues entre usagers de drogue. En sus de ce mode de transmission, l'épidémie progresse davantage à travers les relations sexuelles non-protégées. Dans cette conjoncture, la vigilance est de mise, alors que les femmes sont considérées comme étant plus vulnérables. Parallèlement, en raison de la méconnaissance, l'ignorance et la bêtise, le SIDA continue à engendrer des préjugés, la stigmatisation et la discrimination. Une situation qui provoque des souffrances et qui va jusqu'à tuer. Plusieurs malades préfèrent vivre dans la clandestinité plutôt que d'avoir recours au soutien et au traitement.


Leadership pour la coordination

Plus de 20 ans après l'enregistrement de son premier cas, Maurice a aujourd'hui un cadre plus approprié pour une lutte efficace contre le VIH et le SIDA. "Nous avons à l'île Maurice tous les ingrédients d'une recette nationale" constate Michel Cundasawmy, président de PILS. Mais comme Nicolas Ritter, fondateur et directeur de l'association, il s'indigne face à une lacune qui persiste. Et elle se situe au sommet de l'État, là où aurait dû se faire la coordination entre les différentes actions et partenaires engagés. Cela fait de longs mois depuis que le National Aids Council ne s'est pas réuni. Présidée par le PM, c'est cette instance qui a la responsabilité de coordination. "Sans une coordination centrale et efficace, nous courrons dans un mur et cela risque de faire très mal", dit Michel Cundasawmy. Pour Nicolas Ritter, sans un National Aids Committee (NAC) "fort et présent", dit-il : "Ce que nous faisons ne servira à rien."