Près de 300 millions de personnes dans le monde souffrent
d'asthme. Bien qu'il n'existe pas de remède contre cette
maladie, elle peut être contrôlée. Un traitement
approprié peut permettre aux asthmatiques de vivre une
vie normale et active. À l'occasion de la journée
mondiale de l'asthme, dimanche prochain, intéressons-nous
à cette maladie qui affecte de nombreux Mauriciens.
Essoufflement, respiration sifflante, difficultés à
parler et vous avez la toux. Ces symptômes sont ceux de
l'asthme. D'après une étude de l'International Society
for Augmentative and Alternative Communication (ISAAC) dans 60
pays, l'asthme n'a cessé d'augmenter durant ces 20 dernières
années. Le nombre d'asthmatiques dans le monde s'élève
à environ 300 millions. À Maurice, cette maladie
connaît également une hausse avec une fréquence
de 5% de la population enfantine.
Déclencheurs. Selon le Dr Pierre Roland Donat, pneumologue,
quatre facteurs amènent au développement de l'asthme
: prédisposants, causaux, contributifs et déclenchants.
"Les parents qui sont atteints de la rhinite allergique
ont plus de risques d'avoir des enfants asthmatiques. On associe
souvent l'asthme à la rhinite, car la majorité des
asthmatiques sont allergiques. Si un membre de votre famille souffre
d'eczéma, vous êtes plus susceptible de devenir asthmatique",
dit le Dr Donat.
Les éléments déclencheurs sont multiples.
Chaque personne atteinte d'asthme possède son propre ensemble
d'inducteurs et de déclencheurs. Si vous respirez un élément
auquel vous êtes allergique - comme de la poussière
ou du pollen - ou si vous avez une infection virale, vos voies
respiratoires peuvent présenter une inflammation, devenant
alors rouges et enflées. Respirer de la fumée ou
de l'air froid peut mener à une contraction des muscles
entourant vos voies respiratoires, ce qui laisse moins d'espace
pour la circulation d'air. "Pour contrôler l'asthme,
il vous suffit d'avoir une hygiène de vie. Un chat peut
être un facteur à risque, tout comme fumer lorsqu'on
est asthmatique. En évitant tout contact avec ces facteurs,
cela peut prévenir une crise d'asthme. Il est très
important pour chaque personne atteinte d'asthme de connaître
ses déclencheurs et ses inducteurs de symptômes,
afin de les éviter", souligne le Dr Donat.
Répercussions. En résumé, un asthme
mal contrôlé peut avoir des répercussions
sur la vie scolaire, familiale et personnelle des jeunes asthmatiques
: mauvais résultats scolaires, absentéisme, sentiment
d'exclusion, repli sur soi
Hélas, pour certains parents,
la maladie est source d'anxiété. "Il est
important que les parents brisent ce tabou. L'asthme n'est pas
un drame et, surtout, pas une honte. Je rencontre beaucoup de
parents qui n'acceptent pas la maladie de leurs enfants. Ils viennent
chercher un second avis", constate le Dr Donat.
Sport et asthme. Parfois, par peur d'une crise d'asthme,
l'enfant asthmatique se détourne des activités sportives.
Halte aux idées reçues : tout asthmatique peut et
doit faire du sport ! Lorsque l'asthme est bien contrôlé,
aucun sport n'est contre-indiqué, sauf la plongée
sous-marine avec bouteilles (en cas de crise sous l'eau, le patient
serait dans l'impossibilité d'inhaler le moindre médicament).
Bien au contraire, l'exercice physique permet aux personnes atteintes
de vivre comme les autres. Toutefois, certaines consignes doivent
être respectées pour éviter tout risque de
crise. Lorsqu'une crise survient quelques minutes après
l'effort, elle est appelée asthme d'effort.
Pour prévenir l'asthme d'effort, certaines habitudes sont
bonnes à prendre : respecter le temps d'échauffement
; arrêter progressivement l'activité ; éviter
toute pratique en période de forte pollution, de pollen
ou de froid sec. Plus l'air est froid et sec, plus les chances
de déclarer une crise augmentent.
Pour le Dr Donat, il est avant tout important que le patient accepte
sa maladie. "C'est important d'apprendre à vivre
avec son asthme, et cela en se renseignant, en faisant l'éducation
des malades. Cela apporte une meilleure connaissance de la maladie
et de ses traitements."