Week-End/SCOPE

VENDREDI 2 MAI 2008 concert


  À PAILLES - The Noah Show
  Grandiose !


CONCERT : À PAILLES

The Noah Show

S'il y a une chose à reprocher à Yannick Noah, ce serait l'extrême précision dans le concert qu'il a donné à Pailles, vendredi. Incongrue, comme reproche, penserez-vous ? Sans doute, mais nous insistons à penser qu'un brin de spontanéité aurait provoqué des émotions encore plus vraies et des frissons comme on se plaît à les ressentir quand le feeling confère une autre dimension aux voix et à la musique. Et pourtant, chanteur, choristes et mucisiens, l'avons-nous compris, se sont faits un point d'honneur pour marquer la différence et offrir un spectacle vivant dans une ambiance conviviale et chaleureuse. De là, il aurait suffi de peu, de très peu pour que l'instant devienne magique. Mais, ce petit quelque chose capable de marquer la différence s'est retrouvée étouffée par un show trop bien calculé qui n'a laissé que peu d'espace à l'impro. Yannick Noah en concert, c'est un spectacle de grande qualité, réglé comme sur du papier à musique. De nombreux autres sauront certainement apprécier. Après une tournée de plus d'une centaine de concerts, on comprend que Noah et son équipe sont amplement rôdés pour savoir jouer le jeu et mener la danse… Côté technique, une fois la sono rectifiée pour laisser plus d'espace à la voix, il ne nous restait plus qu'à apprécier le jeu de lumière et les effets contribuant à modeler l'ambiance.

Son traditionnel passage dans la foule a, cette fois, été bref, contrairement à la balade qu'il avait faite à la Citadelle en 2005. Grand séducteur des foules, Yannick Noah joue toujours la carte de la communication avec son public. L'homme et ses musiciens savent quand s'arrêter pour parler et raconter, pour commenter les mots d'amour qui lui sont lancés, pour parler un peu de sa famille et faire des allusions aux choses du monde. Et le cousin Yannick n'a pas perdu son sens de l'humour, ce qui ne peut que le rendre encore plus sympathique aux yeux des fans déjà conquis.

Puis, la musique reprend, puissante, riche, parce que métisse, venant d'ici et d'ailleurs. Osant des versions retouchées à la sauce rock, reggae, groovy, la promenade Noah entraîne à travers des histoires profondément humaines d'hommes et de lionnes dans un monde où il faut changer les choses. Et voilà qu'il pleut du soleil.

Une salle remplie a accompagné le chanteur qui a proposé ses principaux titres pour ce concert. Pas de Face B du concert, contrairement à 2005. Cette fois, uniquement deux emprunts à l'heure du rappel, notamment en souvenir du groupe Téléphone et un au revoir au son de Redemption Song.

Tenu au Centre des Conventions Swami Vivekananda, ce concert, pour rappel, a été organisé par l'agence Immedia.


CONCERT

Grandiose !

Ainsi fut le rendez-vous donné aux amateurs du reggae, ragga et dance hall au stade Anjalay Coopen, à Belle Vue, samedi dernier. Considéré comme l'une des manifestations musicales les plus attendues de l'année, Le Festival Reggae Donn sa 3 a triomphé sur de nombreux plans. Cette édition a largement surpassé les précédentes.

Une première partie assurée avec brio par nos artistes locaux et les deux rastaman des Seychelles. Une musique à la fois roots et funky signée Otentikk Groove. Une sono et une scène de niveau international. Des jeux de lumières spectaculaires. Une prestation à la hauteur de ceux qu'on surnomme la "Famille Royale" du reggae pour clôturer le show aux petites heures du matin. Le public venu en masse des quatre coins de l'île n'a, certes, pas regretté d'avoir fait le déplacement jusqu'au stade ce soir-là.

Communion. Attraction principale du Festival Reggae Donn sa, saison 3, Morgan Heritage a conquis le cœur de ses nombreux fans lors de son passage sur scène. Attendus de pied ferme par la foule, Peter, Lukes, M. Mojo, Gramps et Una ont commencé leur show aux alentours d'1h45. Dans le pur style jamaïcain, les mélodies du groupe n'ont pas tardé à accrocher ce public, qui de Don't Haffi Dread à She's still loving me, était en communion totale avec ses idoles.

C'est aux alentours de 20h45, lorsque Blakowes Crew monte sur scène, que le ton est donné. Ayant pour mission de mettre le public dans le bain après deux heures de sound system assurées par DJ Did Steph et DJ Kingdom, ce jeune crew réussit son pari lorsqu'en compagnie de Tian Corentin, il lance les premières paroles de son titre phare Pa kit mwa. La foule, chauffée à bloc, donne de la voix. "Ala li criyé pa kit mwa to alé. Ala li criyé pa kit mwa tousel dan maré noir…" Certes, le refrain, ils le connaissent par cœur. Séduit, le public se laisse davantage entraîner dans l'ambiance par Ras Nininn et son Observe.

Sublime ! L'hystérie de la soirée fut lorsque Linzy Bacbotte, l'unique voix locale féminine du Festival, se présente sur scène. Sa chaleureuse présence scénique et son timbre de voix groovy ont, une fois de plus, fait mouche. En solo sur Amoureuse et alongside le OSB Crew sur Prié bondié, la sublime Linzy a fait vibrer la foule sans relâche pendant une bonne quinzaine de minutes.

Les dalons Jahrimba et Ras Ricky ont su maintenir le rythme jusqu'au moment de laisser la place à ceux que le public réclame depuis un moment déjà. Ceux considérés comme leaders incontestables du ragga/seggae/reggae à Maurice. Ceux qui ne ne cessent de surprendre concert après concert depuis leur tournée en Europe. Eh oui, il s'agit bien du quatuor OSB ! Surprise… Don Panik fait son apparition sur scène. De l'énergie, il en a à en revendre. Les paroles, il ne les mâche pas. Bougeant au rythme de ses rimes, Don Panik sème la panique et fait monter la température d'un cran.

Nouveauté. Comme à l'accoutumée, OSB Crew a, par la suite, livré une prestation digne de sa réputation. Rendant hommage à Kaya, ils ont aussi marqué la commémoration du 25e anniversaire du International AIDS Candlelight Memorial avec Viris. Si le public a dansé et chanté à l'unisson avec le groupe, tel n'était pas le cas avec Rezolisyon et Rock for people, deux morceaux figurant sur leur prochain album et que leurs fans découvraient pour la première fois sur scène. On salue Bruno Raya et ses acolytes pour avoir osé prendre le pari de lancer ces deux nouvelles chansons dans une ambiance qui n'était pas de circonstance.