Grandiose !
CONCERT : À PAILLES
The Noah Show
S'il y a une chose à reprocher à Yannick Noah, ce
serait l'extrême précision dans le concert qu'il
a donné à Pailles, vendredi. Incongrue, comme reproche,
penserez-vous ? Sans doute, mais nous insistons à penser
qu'un brin de spontanéité aurait provoqué
des émotions encore plus vraies et des frissons comme on
se plaît à les ressentir quand le feeling
confère une autre dimension aux voix et à la musique.
Et pourtant, chanteur, choristes et mucisiens, l'avons-nous compris,
se sont faits un point d'honneur pour marquer la différence
et offrir un spectacle vivant dans une ambiance conviviale et
chaleureuse. De là, il aurait suffi de peu, de très
peu pour que l'instant devienne magique. Mais, ce petit quelque
chose capable de marquer la différence s'est retrouvée
étouffée par un show trop bien calculé qui
n'a laissé que peu d'espace à l'impro. Yannick Noah
en concert, c'est un spectacle de grande qualité, réglé
comme sur du papier à musique. De nombreux autres sauront
certainement apprécier. Après une tournée
de plus d'une centaine de concerts, on comprend que Noah et son
équipe sont amplement rôdés pour savoir jouer
le jeu et mener la danse
Côté technique, une
fois la sono rectifiée pour laisser plus d'espace à
la voix, il ne nous restait plus qu'à apprécier
le jeu de lumière et les effets contribuant à modeler
l'ambiance.
Son traditionnel passage dans la foule a, cette fois, été
bref, contrairement à la balade qu'il avait faite à
la Citadelle en 2005. Grand séducteur des foules, Yannick
Noah joue toujours la carte de la communication avec son public.
L'homme et ses musiciens savent quand s'arrêter pour parler
et raconter, pour commenter les mots d'amour qui lui sont lancés,
pour parler un peu de sa famille et faire des allusions aux choses
du monde. Et le cousin Yannick n'a pas perdu son sens de l'humour,
ce qui ne peut que le rendre encore plus sympathique aux yeux
des fans déjà conquis.
Puis, la musique reprend, puissante, riche, parce que métisse,
venant d'ici et d'ailleurs. Osant des versions retouchées
à la sauce rock, reggae, groovy, la promenade Noah entraîne
à travers des histoires profondément humaines d'hommes
et de lionnes dans un monde où il faut changer les choses.
Et voilà qu'il pleut du soleil.
Une salle remplie a accompagné le chanteur qui a proposé
ses principaux titres pour ce concert. Pas de Face B du concert,
contrairement à 2005. Cette fois, uniquement deux emprunts
à l'heure du rappel, notamment en souvenir du groupe Téléphone
et un au revoir au son de Redemption Song.
Tenu au Centre des Conventions Swami Vivekananda, ce concert,
pour rappel, a été organisé par l'agence
Immedia.
CONCERT
Grandiose !
Ainsi fut le rendez-vous donné aux amateurs du reggae,
ragga et dance hall au stade Anjalay Coopen, à Belle Vue,
samedi dernier. Considéré comme l'une des manifestations
musicales les plus attendues de l'année, Le Festival
Reggae Donn sa 3 a triomphé sur de nombreux plans.
Cette édition a largement surpassé les précédentes.
Une première partie assurée avec brio par nos artistes
locaux et les deux rastaman des Seychelles. Une musique à
la fois roots et funky signée Otentikk Groove.
Une sono et une scène de niveau international. Des jeux
de lumières spectaculaires. Une prestation à la
hauteur de ceux qu'on surnomme la "Famille Royale"
du reggae pour clôturer le show aux petites heures du
matin. Le public venu en masse des quatre coins de l'île
n'a, certes, pas regretté d'avoir fait le déplacement
jusqu'au stade ce soir-là.
Communion. Attraction principale du Festival Reggae
Donn sa, saison 3, Morgan Heritage a conquis le cur
de ses nombreux fans lors de son passage sur scène. Attendus
de pied ferme par la foule, Peter, Lukes, M. Mojo, Gramps et Una
ont commencé leur show aux alentours d'1h45. Dans le pur
style jamaïcain, les mélodies du groupe n'ont pas
tardé à accrocher ce public, qui de Don't Haffi
Dread à She's still loving me, était
en communion totale avec ses idoles.
C'est aux alentours de 20h45, lorsque Blakowes Crew monte sur
scène, que le ton est donné. Ayant pour mission
de mettre le public dans le bain après deux heures de sound
system assurées par DJ Did Steph et DJ Kingdom, ce
jeune crew réussit son pari lorsqu'en compagnie
de Tian Corentin, il lance les premières paroles de son
titre phare Pa kit mwa. La foule, chauffée à
bloc, donne de la voix. "Ala li criyé pa kit mwa
to alé. Ala li criyé pa kit mwa tousel dan maré
noir
" Certes, le refrain, ils le connaissent par
cur. Séduit, le public se laisse davantage entraîner
dans l'ambiance par Ras Nininn et son Observe.
Sublime ! L'hystérie de la soirée fut lorsque
Linzy Bacbotte, l'unique voix locale féminine du Festival,
se présente sur scène. Sa chaleureuse présence
scénique et son timbre de voix groovy ont, une fois
de plus, fait mouche. En solo sur Amoureuse et alongside
le OSB Crew sur Prié bondié, la
sublime Linzy a fait vibrer la foule sans relâche pendant
une bonne quinzaine de minutes.
Les dalons Jahrimba et Ras Ricky ont su maintenir le rythme jusqu'au
moment de laisser la place à ceux que le public réclame
depuis un moment déjà. Ceux considérés
comme leaders incontestables du ragga/seggae/reggae à Maurice.
Ceux qui ne ne cessent de surprendre concert après concert
depuis leur tournée en Europe. Eh oui, il s'agit bien du
quatuor OSB ! Surprise
Don Panik fait son apparition sur
scène. De l'énergie, il en a à en revendre.
Les paroles, il ne les mâche pas. Bougeant au rythme de
ses rimes, Don Panik sème la panique et fait monter la
température d'un cran.
Nouveauté. Comme à l'accoutumée, OSB
Crew a, par la suite, livré une prestation digne de sa
réputation. Rendant hommage à Kaya, ils ont aussi
marqué la commémoration du 25e anniversaire du
International AIDS Candlelight Memorial avec Viris.
Si le public a dansé et chanté à l'unisson
avec le groupe, tel n'était pas le cas avec Rezolisyon
et Rock for people, deux morceaux figurant sur leur
prochain album et que leurs fans découvraient pour la première
fois sur scène. On salue Bruno Raya et ses acolytes pour
avoir osé prendre le pari de lancer ces deux nouvelles
chansons dans une ambiance qui n'était pas de circonstance.