Après une première visite chez nous en septembre
dernier, Eric Mezino a ramené quelques danseurs de sa troupe
pour un atelier de travail sur le hip-hop. Avec ses acolytes,
le chorégraphe français transmet sa passion pour
la danse urbaine.
La danse urbaine, surtout le hip-hop, connaît un franc succès
à Maurice. Eric Mezino et trois danseurs de sa troupe Ego
donnent actuellement des cours sur le hip-hop pour essayer
de créer une structure à Maurice. "Je suis
venu en septembre de l'année dernière pour découvrir,
évaluer les danseurs mauriciens. Mon retour s'inscrit dans
la continuité de ma démarche qui est de découvrir
du potentiel. Et du potentiel, il y en a ici", dit Eric
Mezino. La trentaine de danseurs qui participent à cet
atelier de travail semblent comprendre le but du chorégraphe
et ils se donnent à fond afin d'apprendre d'avantage sur
la danse.
Différents styles musicaux se mélangent : hip-hop,
house, jazz. Pourvu que ça bouge ! Anthony, un des
danseurs de la troupe Ego, transmet les mouvements de base
du hip-hop. Ce danseur confirmé est spécialiste
de pop, lock et new school. "Avec les autres
danseurs présents, on essaie de donner un maximum d'informations
pour pouvoir danser sur toutes sortes de musique. Dès que
les bases sont acquises, tout s'enchaîne. Ensuite, les danseurs
deviendront des créateurs", lance Anthony.
Le manque de structure et d'emplacement a ralenti la progression
du hip-hop à Maurice. "Maurice a 10 à 15
ans de retard sur les pays européens en matière
de danse", indique Eric Mezino. La seule ouverture pour
les danseurs est de se produire dans les hôtels. "J'ai
entendu dire que pour percer dans le secteur hôtelier, il
faut avoir des contacts. C'est dommage d'étouffer des artistes
comme ça, alors qu'ils ont beaucoup à donner."
Il n'y a que par le biais des battles qu'on découvre
le hip-hop. L'exportation des danseurs est une solution envisagée
par notre interlocuteur. Un de ses objectifs est de rassembler
les danseurs des îles de l'océan Indien pour leur
ouvrir la voie.
Les participants à cet atelier écoutent attentivement
les conseils prodigués par leurs mentors. Malgré
quelques imperfections, ils donnent satisfaction aux instructeurs.
Signes prometteurs pour Eric Mezino, qui poursuit : "Je
ne suis pas là pour changer les choses, mais pour apporter
ma pierre à l'édifice. Je ne suis pas là
pour l'argent, mais pour connaître et partager de la culture.
J'amène un savoir-faire, à eux de savoir en tirer
le maximum." En parallèle à cet atelier,
une battle de hip-hop sera organisée le samedi 26
avril à 16h au MGI, Moka.