Week-End/SCOPE

VENDREDI 25 AVRIL 2008 concert


CONCERT : GINA JEAN CHARLES

Organique jazz

Son interprétation d'Imagine entendue sur les ondes semble avoir battu le rappel. La salle du conservatoire quatrebornais n'a, sans doute, jamais été aussi comble que ce vendredi soir. On s'est pressé en foule pour découvrir celle qui a le jazz dans la voix. Celle qui donne l'impression d'avoir été nourrie de cette sonorité dès le berceau.

Cuivré. Elle joue des cordes vocales comme d'un instrument à vent. Sa voix sied au registre comme le saxophone au jazz. Entre Ernest Wiehe et Philippe Thomas, Gina Jean Charles appose son timbre cuivré. Affranchit le public pour un voyage musical duquel on ne ressort pas indemne. La chanteuse louvoie entre les courants de la rivière du jazz.

Mélancolie. Ses phrasés suavement puissants se transforment en volutes éthérées dans les aigus. Son interprétation de Summertimes dans une version tonique n'est pas moins émouvante. Gina Jean Charles dégage comme une douce peine. Une incroyable émotion, surtout sur de mélancoliques mélodies. Sensation accentuée par un Ernest Wiehe qui laisse un temps son saxophone pour une flûte. La chanteuse pose sa voix sur ces airs enchantés.

On note son admirable maîtrise du souffle, ses scats autant que ses vibrants vibratos. On goûte chaque partie vocale avec délectation, au milieu des solos remplis de virtuosité d'Ernest Wiehe, Philippe Thomas, Noël Jean, Kursley Peetumbur et Jalill Auckbarally. Le trac de la chanteuse est perceptible, mais on ne saurait lui en tenir rigueur. Ce ne sont pas les amateurs de jazz qui diront le contraire !


Miss jazz

"Gina est une personne qui a un talent exceptionnel. C'est un immense plaisir de travailler avec elle." Ces mots sont ceux d'Ernest Wiehe quand on lui demande d'évoquer cette chanteuse de 26 ans. Qui évolue en freelance dans le circuit hôtelier depuis 7 ans et qui, paradoxalement, n'a découvert le jazz que depuis deux ans. D'aucuns auraient parié fort que Gina Jean Charles a été élevé au rythme du jazz depuis son enfance. Tel ne fut pas le cas. C'est au registre des variétés que cette chanteuse commence à donner de la voix. Le jazz est venu à elle par hasard, alors qu'elle devait remplacer une chanteuse. Son interprétation de Cry me a river fut une révélation autant pour elle que pour les jazzmen qui, ce jour-là, l'entendent. Une voix manifestement faite pour chanter du jazz. Celle qui ne connaissait pas ce registre se découvre alors une passion, notamment, à l'écoute de Deedee Bridgewater. "Enn zafer etranz inn trap mwa", lâche-t-elle d'une voix flûtée. Vivement un deuxième concert en attendant une éventuelle sortie d'album.