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VENDREDI 25 AVRIL 2008
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RENCONTRE : PATRICE D'AVRINCOURT
Magicien des notes enchaînées
Celui qui jadis occupait le poste d'arrière-central de
la Fire Brigade enflamme désormais les nuits electro. Patrice
D'Avrincourt, ex-footballeur reconverti en pyromane des platines,
est animé d'une passion communicative à l'antenne
comme dans la vie. Itinéraire d'un homme passionné.
"Le foot mauricien a connu son apogée dans le passé.
Maintenant, c'est le deejaying qui draine les foules." Patrice
d'Avrincourt anticipe ce mouvement depuis une décennie
et dribble les notes au rythme electro. Question adrénaline
: pas de manque ressenti. "Le foot et le deejaying m'apportent
la même sensation. Je suis toujours aussi heureux de sentir
vibrer la foule." Entendre les clameurs des stades comme
celles des pistes de dance
même combat ou plutôt
même passion.
Patrice D'Avrincourt dit avoir toujours été en contact
avec le deejaying. Ses souvenirs de jeunesse sont ceux
d'un adolescent qui au collège se chargeait d'animer des
fêtes estudiantines, d'un jeune homme qui balançait
des décibels. Ses 40 ans sont à peine perceptibles
sur son visage. Encore moins dans son attitude fougueuse. Pat,
sur les ondes radios, semble éperdûment se moquer
des affres du temps qui passe. "Pour moi, l'âge
n'est pas un problème !"
Valton. Son téléphone n'arrête pas
de sonner. Un texto et Patrice D'Avrincourt apprend une bonne
nouvelle. Le voilà tonton frais émoulu ! Occasion
rêvée pour évoquer son enfance dans ce village
de Montagne Longue où il habite toujours. Plus précisément
dans le quartier de Valton. Des souvenirs pleins la tête.
Ceux de matches de foot avec ses potes sur un îlot de gazon
au milieu des champs. Le deejay se dit un fou de foot. Autant
que le fut son père quand ce dernier l'encouragea à
intégrer le Racing Club, puis la Fire Brigade.
Montagne Longue, plus particulièrement son quartier de
naissance, tient une place importante dans son cur. Autant
que son fils Sean, 16 ans, et sa fille Lætitia, 6 ans. Patrice
D'Avrincourt concède que son but est de continuer à
faire ce qu'il aime le plus longtemps possible et être en
mesure d'accorder un maximum de temps à ses enfants. Au
sujet de son emploi du temps de noctambule, le deejay confie :
"C'est la seule chose qui est malheureux dans ma vie.
Mais, je suis sûr que ça s'arrangera avec le temps
"
Retour dans le passé. Celui qui fut capitaine de
la sélection Maurice inscrit un point final à sa
carrière footballistique au niveau national en 1996 et
laisse libre cours à son autre passion. On le retrouve,
dès lors, mixant des tubes à l'Executive Club. Ce
fut un des premiers maillons sonores de celui qui enchaînera
les notes au fil de ses passages dans les meilleures boîtes
du moment. Il se remémore la fin des nineties ainsi
que de l'apparition des vibes House dans les soirées
mauriciennes. Ce genre musical nouveau est alors loin de faire
l'unanimité.
Techno. Le public se montre des plus conservateurs à
l'égard des sonorités techno. Extrêmement
controversées, car perçues comme une musique de
débauchés, pour ne pas dire de drogués !
Les deejays sont contraints de prendre le mal en patience, convaincus
d'être sur la bonne voie. Notre interlocuteur de remarquer
que cette même House attire aujourd'hui une foule massive.
Et de citer l'affluence du dernier concert de David Guetta
"qui n'est, cependant, pas le nec plus ultra",
dixit Patrice D'Avrincourt.
Références. Que le public réponde
aussi favorablement est preuve que la House est une bonne musique,
constate-t-il, en ajoutant que tout le monde se retrouve dans
ce genre à travers des remix dont le propre est d'englober
toutes les musiques du monde. Les créations de Vendetta,
notamment, en attestent fortement. Notre interlocuteur ne cache
pas son aversion pour le commercial. Ses références
à lui s'appellent Armand Van Helden, Axwell et Dirty South.
Fusion. Lui se dit rocker dans l'âme. Les groupes
desquelles son inspiration est puisée sont The Police,
U2 et Pink Floyd, pour ne citer qu'eux. Ces sonorités sont
malaxées d'electro. Dosées d'une essence parfumée
années 80. Une fusion dans le creuset House. "Le
set d'un deejay doit raconter une histoire qui invite le public
dans son monde. Un deejay est créateur d'atmosphère.
Un bon deejay sait raconter une histoire en musique et créer
une osmose avec son audience."
Son audience, c'est aussi à la radio que Patrice D'Avrincourt
l'a trouvée voilà maintenant presque dix ans que
sa voix résonne sur les fréquences hertziennes.
Ses débuts radiophoniques sur une onde Fm sucrée
en 97, à l'invite d'une certaine Marie-Michèle Étienne,
sont encore et toujours une histoire de passion pour cet animateur
qui clame avec fougue que rien ne vaut la peine sans passion.
Sa force motrice pour avancer et enchaîner les notes
de son histoire.
Far away from Ibiza
Ceux qui comparent la mouvance electro mauricienne à une
mini-Ibiza ne savent pas de quoi ils parlent ! Patrice D'Avrincourt
aka Mister Magoo ne passe pas par quatre chemins : Maurice est
très loin d'être comparable ne serait-ce qu'à
une micro-Ibiza. Le deejay dit, cependant, noter une évolution
rapide de l'electro. Un mouvement trop rapide quand on passe de
Gaudino à Tiësto. Une étape supérieure
a été franchie. La courbe de niveau des deejays
de passage à Maurice a grimpé en flèche.
Mister Magoo espère que cette courbe ne chute pas aussi
rapidement qu'elle est montée, en entraînant l'intérêt
du public noctambule pour la House dans sa course.