Week-End/SCOPE

VENDREDI 18 AVRIL 2008 événement


MUSIQUE : ÉVÉNEMENT

Ti Frère, la mémoire gravée

Août 1989 : une équipe d'OCORA, filiale de Radio France Internationale, enregistre - dans les champs de cannes à Camp-de-Masque - le disque-mémoire de Ti Frère. Le ségatier, alors 89 ans, est aveugle et a l'audition qui commence à défaillir… Week-End Scope est partenaire de cette opération de sauvetage du patrimoine et de la réhabilitation du père du séga.

Les yeux fermés, l'expression figée et l'inséparable chapeau sur la tête… Ti Frère est à la Une de notre édition du 28 avril au 4 mai 1989. Six jours plus tôt, il avait fêté ses 89 ans. L'article, intitulé La voix de nos racines, n'était pas un simple portrait consacré à la musique locale. Il avait été écrit pour dénoncer l'indifférence des autorités envers " l'autre Chacha de l'île Maurice. " Notre ancienne collègue Marylène François n'y va pas de main morte : " La voix de la révolte. La nôtre. Contre l'indifférence, l'abus d'exercice folklorique fait autour de la personne de Ti Frère. Soixante-cinq années de chansons n'ont pas changé grand-chose dans sa vie, sinon d'avoir été décoré MBE par la Reine et d'être invité au Réduit… Les droits d'auteur ? N'y pensons pas, même si lui, fataliste, y pense : "mo sagrin mem, me ki pu fer ?" "

Contre l'oubli. Week-End Scope commence ainsi sa campagne contre l'oubli, contre l'indifférence. Le magazine rejoint le plaidoyer du belge Lucien Putz. Ce dernier est à l'origine de ce sauvetage culturel. C'est lui qui entreprend les démarches auprès d'OCORA, spécialisé dans la collection des musiques traditionnelles. Dans notre édition du 30 juin-6 juillet 1989, Lucien Putz explique sa démarche : " C'est un simple voyageur, amoureux de musique qui s'est rendu un jour chez Ti Frère, tout simplement dans l'espoir de trouver chez lui des disques ou des cassettes originales que l'on ne trouvait plus ailleurs. Ce voyageur n'a trouvé ni disque ni cassette, mais un homme, un maître qui lui a fait l'immense cadeau de son amitié et de son chant. Il ne savait pas encore que ce disque, cette cassette qu'il ne trouvait pas il y a sept ans, allait voir le jour des années plus tard, que ce disque non seulement allait se faire, mais qu'il en serait un des artisans, qu'il en serait le producteur. Ce voyageur, c'est moi… "

Partenaire. Week-end Scope participe pleinement à cette démarche. Ses journalistes Gilles Michel Ducasse et Marylène François aideront à rédiger le livret accompagnant le CD, traduiront les paroles de Ti Frère en français. Deux couvertures du magazine sont consacrés au griot de Quartier Militaire en l'espace de 3 mois. " Cela peut paraître excessif. Pourtant, ces ouvertures de cœur pour un être d'exception ne sont qu'hommage largement mérité ", précise GMD dans le magazine du 4-10 août. Ce dernier ajoute plus loin : " OCORA nous rend Ti Frère tel que nous n'aurions jamais dû le perdre : légendaire. " Ce 22 avril 2008 marque le 108e anniversaire de la naissance d'Alphonse Ravaton, dit Ti Frère.


Coup de cœur

Ayant toujours à cœur la reconnaissance de nos artistes, Scope lance en 2004 le concours Coup de cœur. Nos lecteurs sont ainsi invités à élire l'album de l'année d'après une sélection de 20 albums les plus populaires durant l'année en cours. Alain Ramanisum remporte le 1er trophée Coup de cœur pour son album Prisonnier. L'année suivante, King se distingue avec Let me fly. La même année, la rédaction de Scope décide d'accorder un trophée spécial au groupe Evoloziq pour son originalité. En 2006, les lecteurs choisissent Meera Mohun pour son album Waves, tandis que la diva séga Nancy Dérougère s'impose tout naturellement en 2007. Elle avait déjà raflé quelques semaines plus tôt le prix de la meilleure chanteuse de séga aux MASA Awards et aux Bonnto Awards.


DÉCLARATIONS

Jerry Nayna , Danseur professionnel : "Refreshing and entertaining"

"I like Scope Magazine. It's refreshing and entertaining. You want to know what's going on in Mauritius, just take a look at Scope. On trouve absolument de tout : mode, spectacle, infos. C'est le magazine qui va toujours à la rencontre des artistes, de M. et Mme tout le monde. C'est cette proximité avec ses lecteurs qui fait le succès de ce magazine. Il y a le prix aussi, qui est très abordable. Moi, je suis fan de Scope, et ce, dès ses débuts. J'ai eu la chance en trois fois de faire la Une. Il n'y a pas meilleure récompense pour un artiste. C'est un 20e anniversaire qui s'inscrit dans la continuité."


Krishna Luchoomun , Artiste-Peintre et président du réseau d'artistes pARTage :"Constamment en train d'innover"

"Scope est un magazine très intéressant avec un esprit jeune. Il a su pendant ces vingt dernières années être innovant pour toujours répondre aux attentes de ses lecteurs. Scope est selon moi le seul magazine qui accorde autant de place à la culture artistique. Sur le plan personnel, je dois avouer que Scope m'a énormément aidé. Mes expositions ont toujours été répercutées dans le magazine. Même l'association pARTage a toujours eu une très bonne couverture. En ce qui concerne les journalistes, je dois dire qu'ils font preuve eux aussi d'un esprit jeune et sont toujours en train d'innover."


Anna Patten , Danseuse et chorégraphe: "Il n'y a vraiment pas grand-chose"

"Je vais être directe : il n'y a vraiment pas grand-chose à lire dans Scope. La qualité de la couverture est à revoir, surtout lorsqu'on met en Une des artistes ou des gens inconnus. Il faut aller vers le professionnalisme. Certains comme Menwar, Éric Triton, Linzy Bacbotte font un travail de pro et méritent qu'on leur donne de la valeur. Mais, ce n'est pas le cas pour tous. Très rarement, on lit quelque chose d'intéressant sur les artistes. Trop de pages sont consacrées aux artistes. Là encore, il faut voir combien sont vraiment des pros dans leur domaine. Le problème, c'est que tous ont le même traitement, que ce soit au niveau des interviews et des portraits qui se ressemblent. Il faut aussi revoir la qualité des photos : manque de lumière et une lacune au niveau de la présentation. Trop d'amateurisme. Il faut revoir aussi le choix des artistes et la pertinence des sujets traités. En 20 ans… il n'y a pas vraiment eu de progression."


Prakash Samputh, DJ et animateur Kool FM : "Près du cœur"

"Je suis un fervent lecteur de Scope, et ce, depuis 20 ans. J'avais moi-même 21 ans, lorsque Scope a été lancé. C'est un magazine qui est resté très jeune d'esprit. C'est divertissant, frais, pétillant, spontané. Scope pour moi, c'est aussi un lien très fort. Comme une histoire d'amour avec ses lecteurs. Ce magazine m'a aussi permis de me faire connaître en tant qu'animateur. Je me souviens du lancement de Kool FM, le 15 décembre 91, Scope était présent dans les locaux. Ce que je souhaite personnellement, c'est qu'il y ait une rubrique qui pourrait mieux aider les jeunes sur le choix d'un métier. Encore plus de rubrique autour de la mode, de la techno. Félicitations, en passant pour la rubrique sur le newsweb, et à toute l'équipe rédactionnelle pour le bon travail accompli."


Sandra Mayotte , Chanteuse et animatrice de radio : "Toujours proche des lecteurs"

"Scope a beaucoup contribué à mon cheminement en tant qu'artiste. À la sortie de chacun de mes albums, j'ai fait la couverture de Scope. J'ai aussi fait la Une en tant que présentatrice de Teens + 1. Scope pour moi, c'est devenu un must. Tous les mercredis, j'achète mon magazine préféré. Il m'arrive parfois d'acheter plusieurs exemplaires pour envoyer à la famille à La Réunion. Ce que j'aime dans Scope c'est aussi vibrationzen. Cette rubrique est intéressante, puisqu'elle me permet de mieux comprendre les jeunes. J'aime aussi les jeux, mots fléchés. La page destinée aux sms est sympa, c'est une autre approche, un moyen de se rapprocher des lecteurs. Numéro 1 000 déjà… la preuve c'est que le magazine se porte bien et qu'il est appelé à durer encore longtemps."