Pierre Thiery est un jeune cascadeur moto. À 20 ans, le
jeune Réunionnais est vraiment dans un monde à part.
La seule chose qui compte vraiment à ses yeux: sa monture.
Elle lui permet de vivre ce dont il raffole; des poussées
d'adrénaline intenses. Voulant faire carrière en
tant que stuntman, c'est à ce fou dingue que la
Fédération Mauricienne de Motocyclisme (FMM) a fait
appel pour animer la reprise des activités dimanche à
la Place d'Armes.
Pierre Thiery a eu le virus de la moto par ses parents qui sont
tous deux motards. "Ma mère et mon père
roulent à moto pour se déplacer plus facilement.
Ils utilisent une moto genre trail de grosse cylindrée,
mais c'est uniquement comme moyen de transport. C'est à
travers eux que j'ai eu le premier contact avec le monde de la
moto." A 15 ans Pierre débute comme cascadeur.
Déjà à cette époque, il affichait
ses ambitions : faire carrière dans l'acrobatie à
moto. "J'ai eu des ambitions à l'époque
de mes 15 ans et c'est là que la passion est vraiment née.
J'avais aussi constaté que je préférais l'acrobatie
à la course car c'était plus spectaculaire, et en
terme de sensations fortes c'était un cran au-dessus. Je
m'y suis mis donc à fond. J'ai appris les numéros
de cascades quasiment par moi-même."
Pierre Thiery commence alors à faire des shows lors
des finales du championnat de super-motard et il gagne en notoriété.
Il anime également l'assistance lors des salons de moto
pour des marques comme Triumph ou encore Buell. Il a aussi touché
au freestyle, le genre de cascades effectuées à
bord des motos tout-terrain où les figures sont extrêmement
spectaculaires mais aussi dangereuses. "Mon véritable
amour reste quand même le wheely à 90°, le stoppie
ou encore les burn-outs. Je fais aussi une figure appelée
le Jesus Walk. Et également des cascades avec une passagère
en l'occurrence ma fiancée." Lors du numéro
de wheely à 90°, l'acrobate fait toucher sa
plaque d'immatriculation au sol. Les burn-outs consistent
à accélérer la moto tout en freinant simultanément,
ce qui fait patiner la roue arrière, qui laisse des traces
du pneu sur le pavé. Le stoppie consiste à
freiner en sorte que la moto se mette sur la roue avant. Des numéros
sans doute à couper le souffle et amusants auxquels le
public présent pour le Grand-Prix de l'Indépendance
à la Place d'Armes dimanche a pu assister stupéfait.
Le cascadeur a dû faire le déplacement à Maurice
sans sa moto, une Yamaha R6 de cylindrée de 600 cc, pour
un poids de 175 kg. Cette machine fait partie du cercle très
fermé des terreurs de la moto aux côtés des
Suzuki GSX-R et autres Kawasaki Ninja. "Si je reviens
une prochaine fois je préfère 'emmener'ma Yamaha
R6. Elle a vraiment des accélérations folles. C'est
tout simplement une moto explosive. Elle peut abattre le 0 à
100 km/h en moins de 3 secondes et le 0 à 200 km/h en 5,4
secondes. Ce sont des chiffres qui peuvent battre les Ferraris
de route et aussi d'autres supercars." Sans sa monture,
le cavalier s'est contenté d'une grosse cylindrée
que la FMM a mise à sa disposition. Mais le dompteur sait
maîtriser tous les fauves.
Le motard qui suit des études d'infirmier à La Réunion
a regagné son pays hier. La FMM a réussi à
mettre la main sur lui grâce à Pascal Ravilly, président
du club ASPC Magma dont il est pensionnaire et également
président de la Ligue Réunionnaise de Moto (LRM).
"J'aimerais remercier Pascal Ravilly qui a rendu ma visite
possible à Maurice et aussi Valéry Murat, président
de la FMM."