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VENDREDI 11 AVRIL 2008
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expo
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EXPOSITION : MALIKA DHURN TEELUCK
À Elles
Les simaises du Théâtre du Plaza accueilleront, à
partir du 15 avril, Elles Maurice, 2e exposition solo de
Malika Dhurn Teeluck. S'exprimant par le biais de la peinture
et de la gravure, l'artiste propose une vintaine de travaux où
la femme est nature.
La femme est ici une forme sans visage qui évolue dans
un monde végétal. Des silhouettes qui se fondent
dans la nature, entre la mer et les flamboyants. Une forme immatérielle
pour que chaque femme puisse se voir en elles. Elles se meuvent
avec élégance parmi les hautes herbes, les lianes
ou les anthuriums, dansant et tournoyant dans des mouvements interminables.
On devine un dialogue entre ces formes profilées et les
éléments. Libres, elles errent entre les paysages
peints par l'artiste pour briser toutes les barrières.
Elles Maurice se rapproche dans la forme à Enchevêtrement
d'âmes, première expo solo de Malika Dhurn Teeluck.
Toujours ces mêmes silhouettes féminines et cette
nature inapprivoisée. "La femme et la nature sont
très présentes dans mes travaux, car les deux sont
liées. Elles sont aussi à mes yeux synonymes de
grâce et de courage", dit l'artiste.
Technique. Pour coucher ses émotions, Malika Teeluck
a choisi la peinture à l'huile et le etching, gravure
sur des plaques de métal. Une technique - pas très
populaire encore à Maurice - qui lui permet de mieux s'exprimer,
de mesurer l'intensité des traits et d'accorder plus d'attention
aux détails. C'est sur une feuille de métal qu'elle
transpose ses fantaisies, avant de les coucher sur papier. Malika
Dhurn Teeluck grave sur le zinc ses émotions les plus intimes,
ses rêveries et ses fantasmes, qu'elle n'arrive pas toujours
à exprimer avec des mots. "Ce que je fais, je le
considère comme une forme de communication. Grâce
aux couleurs, j'exprime ce que je ne peux exprimer avec les mots."
Son art représente aussi pour elle le moyen de se libérer,
de laisser échapper ses frustrations. Pour peindre ses
paysage, elle s'est inspirée de ce qu'elle possède
à l'intérieur d'elle-même. "De l'inspiration
qui vient au plus profond de soi."
Coupure. L'idée d'une deuxième exposition
a germé dans sa tête en octobre dernier. Sentant
le besoin de se remettre à sa passion après une
pause de plusieurs années à s'occuper de son enfant,
l'enseignante de dessin commence alors à peindre des ballerines.
Au fur et à mesure, l'idée prend forme pour ainsi
donner Elles Maurice, un vingtaine de travaux autour de
la femme, de la faune et de la flore mauricienne.
Après plusieurs années d'études en Fine
Arts en Inde, Malika se lance dans l'enseignement. Sans doute
pour vivre pleinement sa passion et la partager avec d'autres,
notamment ses élèves-artistes du collège
New Educational College, de Bel-Air-Rivière-Sèche,
avec lesquels elle travaille depuis une dixaine d'années.
"Je veux transmettre ma passion à mes élèves,
leur faire comprendre que l'inspiration, c'est en soi qu'on doit
la rechercher. Je veux qu'ils comprennent vraiment ce qu'ils font
et ce qu'ils veulent exprimer."
L'exposition est ouverte au public du 16 au 20 avril au Théâtre
du Plaza, à Rose-Hill. Elles Maurice sont des formes
et des couleurs qui ne manqueront, sans doute, pas de susciter
chez vous des émotions.
Etching
Le etching est une gravure en creux qui se fait généralement
sur cuivre, zinc ou acier. L'encre est ensuite déposée
dans le creux. La surface est essuyée et polie à
la main. L'artiste creuse un sillon dans la plaque de cuivre avec
un burin. Cette technique de la gravure à l'eau-forte consiste
à graver la plaque avec de l'acide. On répand sur
la totalité de la plaque un vernis protecteur qu'on ôte
ensuite aux endroits voulus avec une pointe en acier. Le cuivre
est alors plongé dans de l'acide. L'acide ne s'attaquera
qu'aux parties dépourvues de vernis.
De la résine en poudre peut aussi être déposée
sur les parties à graver afin de créer, grâce
à l'acide, un grain qui retiendra l'encre plus facilement.
Sur la plaque une fois encrée, on dépose et on presse
une feuille qui a été légèrement humidifiée,
afin d'être plus souple et d'épouser plus intimement
les creux de la plaque. La pression exercée au moment de
l'impression finit par user la plaque. L'usure varie selon la
finesse du travail de l'artiste.
Voyage
Elles Maurice fait découvrir des ballerines dansant
en synchronisation autour de paysages mauriciens, exprimant pureté
et quiétude dans un environnement extirpé de toute
haine. Il ne faudrait pas omettre de mentionner ces mélodies
harmonieuses que dégagent les uvres de l'artiste
pour qui musique et peinture sont complémentaires. Une
invitation au voyage, où Malika Dhurn Teeluck nous emmène
à Chamarel, au Morne, au pied du Pieter Both
Cette
exposition marque pour l'artiste une évolution. Bien qu'elle
ait toujours à cur de peindre les paysages locaux,
Malika Dhurn Teeluck fusionne ici créativité et
fantasie, osant l'amalgame de couleurs vives pour décrire
une nature vivante. "Ce que je voudrais, c'est que les
gens ressentent l'énergie que j'ai mise dans mes tableaux.
Qu'ils ressentent que la peinture vient de l'intérieur,
que ce que je peins est ce que je ressens."