PASSE-TEMPS : AQUARIOPHILIE
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En harmonie avec les poissons
REPORTAGE : AQUACULTURE
L'entreprenariat s'intéresse aux poissons d'aquarium
Depuis quelques mois, l'entreprenariat se diversifie en expérimentant
la production de poissons d'aquarium. L'initiative revient au
Human Ressources Development Council (HRDC). 25 personnes sont
engagées dans un premier batch qui donne des résultats
encourageants. Un deuxième batch sera recruté bientôt.
À quelques mètres du centre de Quartier Militaire,
une famille vit une expérience extraordinaire. Aarti Puttur
a, depuis deux mois, débuté la production de poissons
d'aquarium. Une activité qui a apporté beaucoup
de bonheur chez les siens. De son mari à ses enfants, tout
le monde est sous le charme des poissons. Et, comme un bonheur
ne vient jamais seul, les goldfish d'Aarti ont déjà
pondu leurs premiers ufs qui n'ont pas tardé à
éclore. "Je dois avouer que j'ai eu de la chance.
D'abord, lors du tirage au sort, je suis tombée sur les
goldfish, que j'adore ; ensuite, j'ai eu des poissons qui avaient
déjà les ufs."
Découverte. La production de poissons d'aquarium
est un projet-pilote du Human Ressources Development Council,
qui regroupe 22 femmes et 3 hommes. L'idée est de diversifier
les activités de l'entreprenariat (voir hors-texte).
Comme d'autres, Aarti Puttur suivaient des cours pour devenir
femme entrepreneur. Mère de trois enfants, dont un qui
passe ses examens de HSC cette année, elle cherchait un
créneau pour arrondir ses fins de mois. Au départ,
elle voulait vendre des gâteaux. Puis, elle a pris connaissance
du projet et n'a pas hésité à se lancer.
"J'ai trouvé que les poissons étaient intéressants.
Aujourd'hui, je peux ajouter qu'ils me rendent heureuse."
Aarti Puttur confie ainsi passer des heures à observer
les poissons. Il faut leur donner à manger, surveiller
s'il y a des ufs. Une fois que ceux-ci apparaissent, il
faut les transférer dans un autre bac.
Formation. Toutes ces techniques, notre interlocutrice
les a apprises lors de sa formation au département Fisheries
d'Albion. "Nous y sommes restés pendant deux jours.
C'était vraiment passionnant ! Les deux autres jours, nous
avons suivi une formation en marketing à la SEHDA."
Un peu plus loin, à Caroline, Nazma Maudarbaccus passe
des heures à observer ses platties. Elle a eu moins
de chance qu'Aarti Puttur, car les poissons que lui a désigné
le tirage au sort étaient encore jeunes. "Ils ont
tout de même bien grossi depuis", soutient-elle.
Dans son grand jardin, à l'arrière de sa maison,
Nazma Maudarbaccus a aménagé une pièce spécialement
consacrée à ses poissons. Trois grands bacs attendent
que les alevins apparaissent dans le premier bac pour être
transférés. "À trois mois, ils auraient
dû déjà donner naissance, mais les petits
tardent à venir." Soulignons qu'à la différence
du goldfish, le platty ne pond pas des ufs,
donnant naissance à des petits.
Compagnie. Cette activité est venue apporter un
grand bonheur dans la vie de notre interlocutrice. "Je
suis vraiment passionnée !" Il faut dire que les
animaux de compagnie ne sont pas étrangers à Nazma.
Son époux étant vétérinaire, elle
s'y est habituée depuis longtemps. Pour elle, le mot "compagnie"
est vraiment lourd de sens. "Quand ça ne va pas,
par exemple, je viens ici, je passe des heures avec les poissons.
Puis, je me sens mieux."
Comme Aarti, Nazma prend beaucoup de précautions avec ses
poissons : leur éviter trop de visiteurs, se laver les
mains, désinfecter les chaussures
"Ce sont
des mesures que nous ont recommandées les officiers d'Albion.
Comme les poissons sont destinés à la production,
il faut prendre des précautions particulières. Ce
n'est pas comme les poissons exposés dans un aquarium."
Identifier. Se penchant sur le bac contenant les parents
goldfish, Aarti nous apprend à identifier les mâles
des femelles. "Les femelles ont le ventre arrondi, tandis
que les mâles ont le ventre plat." Ces derniers
peuvent être identifiés facilement étant donné
qu'ils sont toujours en train de "courir" après
les autres. Les alevins sont placés séparément
des parents, dans un seau à côté du bac. "D'après
la formation que nous avons reçue, il faut 3 bacs pour
démarrer cette activité. Mais, je n'en ai acheté
qu'un, car je n'ai pas les moyens. J'essaye de les accomoder dans
des seaux." Plus tard, quand les alevins auront atteint
3 mois, il faudra séparer les frères et les surs.
Aarti va devoir acheter d'autres conteneurs. "Peut-être
des drums en plastique."
Avenir. Quant à savoir si c'est un secteur qui a
de l'avenir, Aarti en est convaincue. "Je réussirai
dans ce domaine. Je le sais parce que je suis passionnée.
Je me sens bien dans ce que je fais. Ce qu'il faut maintenant,
c'est trouver les moyens pour le rendre rentable." Il
faut savoir que, selon les dispositions prises par le HRDC, le
ministère des coopératives ainsi qu'une compagnie
privée achèteront les poissons des entrepreneurs.
Mais, "on ne peut pas compter uniquement dessus, il faut
penser à d'autres moyens", soutient Aarti Puttur.
VINOD SEEGOOLAM, HRDC : "Un secteur d'avenir"
Le HRDC travaille sur la production de poissons d'aquarium depuis
18 mois. Toutefois, "nous voulions nous assurer qu'il
était bien établi avant de le rendre public",
précise Vinod Seegoolam, le directeur. Ce projet-pilote
réunit plusieurs partenaires : ministère de l'Éducation
(ministère de tutelle du HRDC), ministère de l'Agriculture
à travers le centre d'Albion, la SEHDA, Enterprise Mauritius,
DBM et National Women Entrepreneur Council. "C'est la
coordination entre ces différents organismes qui fait de
ce projet une réussite. Trop souvent, il y a un manque
de communication entre les différents partenaires."
Ce projet veut aussi servir de modèle aux autres :
"Nous voulons démontrer comment le résultat
peut être différent quand il y a synergie entre les
partenaires."
Les poissons décoratifs représentent un créneau
d'avenir, selon le directeur du HRDC. Il est estimé que
le turn over dans se secteur est de Rs 20 m par an. "Ce
marché se situe un peu dans la tendance. Le soothing
effect de l'aquarium est reconnu. De même, il y a le
secteur hôtelier à exploiter." Le ministère
des Coopératives et une compagnie privée gérant
les aquariums dans certains hôtels ont déjà
pris l'engagement d'acheter les poissons des entrepreneurs.
Le projet-pilote se portant bien, il est prévu qu'un d2e
groupe d'entrepreneurs s'engage pour la formation. "Nous
avons émis des avis dans la presse et, à ce jour,
125 personnes ont démontré leur intérêt."
Le ministre Gokhool s'est dit en faveur d'une formation sur
une base régionale et cette idée est à l'étude,
dépendant du nombre d'intéressés par région.
3 variétés de poissons ont été choisies
pour la première expérience : goldfish, platty et
molly. Les résultats permettront de consolider ce projet
et d'apporter des rectificatifs, si nécessaire.