Week-End/SCOPE

VENDREDI 11 AVRIL 2008 aquaculture


REPORTAGE : AQUACULTURE - L'entreprenariat s'intéresse aux poissons d'aquarium
  PASSE-TEMPS : AQUARIOPHILIE - En harmonie avec les poissons


REPORTAGE : AQUACULTURE

L'entreprenariat s'intéresse aux poissons d'aquarium

Depuis quelques mois, l'entreprenariat se diversifie en expérimentant la production de poissons d'aquarium. L'initiative revient au Human Ressources Development Council (HRDC). 25 personnes sont engagées dans un premier batch qui donne des résultats encourageants. Un deuxième batch sera recruté bientôt.

À quelques mètres du centre de Quartier Militaire, une famille vit une expérience extraordinaire. Aarti Puttur a, depuis deux mois, débuté la production de poissons d'aquarium. Une activité qui a apporté beaucoup de bonheur chez les siens. De son mari à ses enfants, tout le monde est sous le charme des poissons. Et, comme un bonheur ne vient jamais seul, les goldfish d'Aarti ont déjà pondu leurs premiers œufs qui n'ont pas tardé à éclore. "Je dois avouer que j'ai eu de la chance. D'abord, lors du tirage au sort, je suis tombée sur les goldfish, que j'adore ; ensuite, j'ai eu des poissons qui avaient déjà les œufs."

Découverte. La production de poissons d'aquarium est un projet-pilote du Human Ressources Development Council, qui regroupe 22 femmes et 3 hommes. L'idée est de diversifier les activités de l'entreprenariat (voir hors-texte). Comme d'autres, Aarti Puttur suivaient des cours pour devenir femme entrepreneur. Mère de trois enfants, dont un qui passe ses examens de HSC cette année, elle cherchait un créneau pour arrondir ses fins de mois. Au départ, elle voulait vendre des gâteaux. Puis, elle a pris connaissance du projet et n'a pas hésité à se lancer. "J'ai trouvé que les poissons étaient intéressants. Aujourd'hui, je peux ajouter qu'ils me rendent heureuse." Aarti Puttur confie ainsi passer des heures à observer les poissons. Il faut leur donner à manger, surveiller s'il y a des œufs. Une fois que ceux-ci apparaissent, il faut les transférer dans un autre bac.

Formation. Toutes ces techniques, notre interlocutrice les a apprises lors de sa formation au département Fisheries d'Albion. "Nous y sommes restés pendant deux jours. C'était vraiment passionnant ! Les deux autres jours, nous avons suivi une formation en marketing à la SEHDA."

Un peu plus loin, à Caroline, Nazma Maudarbaccus passe des heures à observer ses platties. Elle a eu moins de chance qu'Aarti Puttur, car les poissons que lui a désigné le tirage au sort étaient encore jeunes. "Ils ont tout de même bien grossi depuis", soutient-elle. Dans son grand jardin, à l'arrière de sa maison, Nazma Maudarbaccus a aménagé une pièce spécialement consacrée à ses poissons. Trois grands bacs attendent que les alevins apparaissent dans le premier bac pour être transférés. "À trois mois, ils auraient dû déjà donner naissance, mais les petits tardent à venir." Soulignons qu'à la différence du goldfish, le platty ne pond pas des œufs, donnant naissance à des petits.

Compagnie. Cette activité est venue apporter un grand bonheur dans la vie de notre interlocutrice. "Je suis vraiment passionnée !" Il faut dire que les animaux de compagnie ne sont pas étrangers à Nazma. Son époux étant vétérinaire, elle s'y est habituée depuis longtemps. Pour elle, le mot "compagnie" est vraiment lourd de sens. "Quand ça ne va pas, par exemple, je viens ici, je passe des heures avec les poissons. Puis, je me sens mieux."

Comme Aarti, Nazma prend beaucoup de précautions avec ses poissons : leur éviter trop de visiteurs, se laver les mains, désinfecter les chaussures… "Ce sont des mesures que nous ont recommandées les officiers d'Albion. Comme les poissons sont destinés à la production, il faut prendre des précautions particulières. Ce n'est pas comme les poissons exposés dans un aquarium."

Identifier. Se penchant sur le bac contenant les parents goldfish, Aarti nous apprend à identifier les mâles des femelles. "Les femelles ont le ventre arrondi, tandis que les mâles ont le ventre plat." Ces derniers peuvent être identifiés facilement étant donné qu'ils sont toujours en train de "courir" après les autres. Les alevins sont placés séparément des parents, dans un seau à côté du bac. "D'après la formation que nous avons reçue, il faut 3 bacs pour démarrer cette activité. Mais, je n'en ai acheté qu'un, car je n'ai pas les moyens. J'essaye de les accomoder dans des seaux." Plus tard, quand les alevins auront atteint 3 mois, il faudra séparer les frères et les sœurs. Aarti va devoir acheter d'autres conteneurs. "Peut-être des drums en plastique."

Avenir. Quant à savoir si c'est un secteur qui a de l'avenir, Aarti en est convaincue. "Je réussirai dans ce domaine. Je le sais parce que je suis passionnée. Je me sens bien dans ce que je fais. Ce qu'il faut maintenant, c'est trouver les moyens pour le rendre rentable." Il faut savoir que, selon les dispositions prises par le HRDC, le ministère des coopératives ainsi qu'une compagnie privée achèteront les poissons des entrepreneurs. Mais, "on ne peut pas compter uniquement dessus, il faut penser à d'autres moyens", soutient Aarti Puttur.


VINOD SEEGOOLAM, HRDC : "Un secteur d'avenir"

Le HRDC travaille sur la production de poissons d'aquarium depuis 18 mois. Toutefois, "nous voulions nous assurer qu'il était bien établi avant de le rendre public", précise Vinod Seegoolam, le directeur. Ce projet-pilote réunit plusieurs partenaires : ministère de l'Éducation (ministère de tutelle du HRDC), ministère de l'Agriculture à travers le centre d'Albion, la SEHDA, Enterprise Mauritius, DBM et National Women Entrepreneur Council. "C'est la coordination entre ces différents organismes qui fait de ce projet une réussite. Trop souvent, il y a un manque de communication entre les différents partenaires." Ce projet veut aussi servir de modèle aux autres : "Nous voulons démontrer comment le résultat peut être différent quand il y a synergie entre les partenaires."

Les poissons décoratifs représentent un créneau d'avenir, selon le directeur du HRDC. Il est estimé que le turn over dans se secteur est de Rs 20 m par an. "Ce marché se situe un peu dans la tendance. Le soothing effect de l'aquarium est reconnu. De même, il y a le secteur hôtelier à exploiter." Le ministère des Coopératives et une compagnie privée gérant les aquariums dans certains hôtels ont déjà pris l'engagement d'acheter les poissons des entrepreneurs.

Le projet-pilote se portant bien, il est prévu qu'un d2e groupe d'entrepreneurs s'engage pour la formation. "Nous avons émis des avis dans la presse et, à ce jour, 125 personnes ont démontré leur intérêt." Le ministre Gokhool s'est dit en faveur d'une formation sur une base régionale et cette idée est à l'étude, dépendant du nombre d'intéressés par région.

3 variétés de poissons ont été choisies pour la première expérience : goldfish, platty et molly. Les résultats permettront de consolider ce projet et d'apporter des rectificatifs, si nécessaire.


PASSE-TEMPS : AQUARIOPHILIE

En harmonie avec les poissons

Avoir un aquarium à la maison apporte beaucoup de bonheur aux petits comme aux grands. Qui plus est, il est aujourd'hui connu que l'aquariophilie contribue à la relaxation. Mais il n'est pas toujours évident de se lancer dans ce domaine. Mark Yeung, de Marks Aquarium, qui compte 33 ans dans ce domaine, nous donne quelques conseils pour réussir.

Choisir son aquarium

Pas trop petit ni trop grand. Optez pour les cuves plutôt longues que hautes, car la manipulation du décor sera difficile et l'éclairage aura peu d'effet sur les plantes. Il existe aujourd'hui des aquarium en kit. C'est-à-dire, des cuves vendues avec leurs filtres et lumières incorporées. Selon Mark Yeung, il faut prévoir à partir de Rs 700 pour démarrer un aquarium.

Filtrage

Le filtre est un matériel essentiel à l'aquarium. Les poissons respirent, se nourrissent et produisent des déchets qu' il faut éliminer ou transformer pour les rendre assimilables par les plantes. C' est le premier but de la filtration mécanique. Le second objectif est de maintenir la limpidité de l'eau et se débarrasser des matières en suspension. Il peut être présent sous différentes formes : filtre à ventouse, bac à décantation, filtre extérieur, filtre sous gravier.

Mais depuis quelque temps, il existe aussi la filtration biologique. Explications de Mark Yeung : à la place des graviers classiques que nous connaissions, il y a maintenant, ce qu'on appelle le substrat. Il s'agit de roches de lave. Comme elles sont poreuses et légères, elles sont propices aux bonnes bactéries, nécessaires dans le processus de filtration. Avec la filtration biologique, on peut aussi mettre un plus grand nombre de poissons dans un aquarium.

Pompe à eau

Le rôle de la pompe à eau, c'est d'oxygéner l'eau. En effet il suffit que le rejet de la pompe à eau laisse la surface du bac constamment en mouvement pour créer une oxygénation suffisante. Il existe de nos jours des modèles combinant filtre et pompe à eau.

Le décor

Le décor joue un rôle important dans l'esthétisme de votre aquarium. Il y a tout d'abord le sol qui remplit plusieurs rôles importants : l'esthétisme, le support nutritif pour les plantes et aussi le lieu que colonisent les bactéries nécessaires à la dégradation des matières organiques (excréments des poissons, débris de végétaux…). Pour la composition du sol, Mark Yeung dit sa préférence pour le substrat (voir ht filtrage). Il conseille même d'acheter du sol déjà colonisé, c'est-à-dire, déjà utilisé dans la boutique, ce qui représente une plus grande chance de réussite.

Si vous utilisez le gravier, il faut les laisser tremper au moins une nuit dans l'eau, avant de les placer dans l'aquarium, afin d'éliminer toute trace de produit dangereux à la vie aquatique.

Concernant les plantes, vous avez le choix entre les artificielles et les naturelles. Toutefois, renseignez-vous si les poissons que vous voulez introduire sont herbivores. Dans ce cas, il vaut mieux opter pour les plantes artificielles, car les poissons vont détruire la végétation. Si vous optez pour les plantes naturelles, le sol doit être adapté pour cela. De même, la lumière est indispensable pour le processus de photosynthèse.

Les poissons

Il convient de respecter le mode de vie des poissons. Certains vivent en trio, d'autres en couple ou encore en groupe… Ce critère est important, car les poissons stressent rapidement si ils ne sont pas maintenus correctement, ce qui est source de maladie. Renseignez-vous auprès de votre fournisseur.

Le poisson les plus apprécié à Maurice est le poisson rouge (goldfish). Mais il existe localement une grande variété de poissons. À l'exemple du Discus, qui est considéré comme le roi de l'aquarium. Il y a aussi un intérêt pour le Dragon Fish, considéré comme un poisson porte-bonheur. "Le Dragon Fish coûte très cher. Une espèce ordinaire varie entre Rs 500 à Rs 3 000, dépendant de la taille. L'espèce aux couleurs dorées ou rouges, peut aller jusqu'à Rs 300 000." Mark Yeung précise, toutefois, que seuls les convaincus achètent des poissons à ce prix. De même, comme s'il s'agit d'un poisson porte-bonheur et qu'on veut à tout prix le préserver, il est généralement élevé seul.

Emplacement de l'aquarium

Un aquarium doit être posé sur un support solide prévu à cet effet. Cela est d'autant plus important pour les gros volumes. Il faut savoir qu'un aquarium de 100 litres pèsera environ 120 kilogrammes en comptant le poids de l'eau, du sol et de la décoration. Choisissez un emplacement où l'aquarium sera mis en valeur dans votre domicile. Évitez de le placer à proximité d'une fenêtre, une trop forte influence du soleil risque de provoquer une prolifération d'algues indésirables.

Selon les concepts du feng shui, un aquarium doit être placé en direction sud-ouest. Il ne doit en aucun cas se trouver dans la chambre à coucher.

Le nettoyage

Avec le filtrage biologique, il n'est pas nécessaire de vider son aquarium pour changer l'eau et le laver. Il faut toutefois, remplacer l'eau évaporée. L'eau du robinet étant calcaire et donc nocif pour les poissons, il faut la laisser poser pendant au moins une nuit avant de l'introduire dans l'aquarium. Pour nettoyer la vitre, il suffit de passer une éponge vierge à l'intérieur. "Pas de détergent, c'est un poison pour les poissons", prévient Mark Yeung.