Week-End/SCOPE

VENDREDI 4 AVRIL 2008 ze kestionnaire


ZE KESTIONNAIRE : ANNE RITTER

Le rêve mauricien

D'origine française, Anne Ritter, mère de 3 enfants dont 2 jumelles, a du peps. Chef d'entreprise au sein de BSR Marketing, elle se révèle être une professionnelle accomplie. À 44 ans, Anne Ritter sait agrémenter son quotidien, militant aussi pour la sauvegarde de l'environnement et se passionnant pour la plongée sous-marine. L'île Maurice, devenue pour elle une terre d'accueil, est un rêve qu'elle compte prolonger encore longtemps.

Qu'est-ce qui vous motive le matin ?

Mes trois enfants. Je n'ai pas le choix, ils sont les premiers à me réveiller. (Rire) En tant que chef d'entreprise, j'ai déjà mon planning en tête, c'est aussi motivant pour commencer la journée. Une de mes qualités est que je suis pointilleuse sur l'horaire et j'arrive à tout concilier dans le timing voulu.

Le bonheur parfait, selon vous ?

Au départ, j'étais quelqu'une de sentimentale. Aujourd'hui, je gère 40 employés, les données ont changé. Il faut que je décroche des contrats, que j'arrive à donner à chaque employé son salaire de fin de mois. Avoir un équilibre familial, sans les sous, c'est aussi difficile. Le bonheur parfait pour moi serait de pouvoir équilibrer à la fois ma vie professionnelle, familiale, sentimentale et financière… : là, ce serait vraiment l'osmose.

Être maman de jumelles, quel effet cela vous fait ?

Un instant de plénitude. Entre Marianne et Raphaëlle, il y a eu, lors de l'accouchement, huit minutes d'écart. La première pesait 2kg6 et la seconde, 2kg8. C'est aussi beaucoup de travail. Je vivais à ce moment en France. Ma mère m'a beaucoup aidée, ainsi que mon mari. On changeait les couches, on donnait le biberon chacun à tour de rôle, sans parler que j'avais déjà un fils de 19 mois qui réclamait aussi de l'attention.

La dernière fois que vous avez éclaté de rire ?

Le dimanche 16 mars. J'habite Cap Malheureux en face de la mer. Avec une amie, on est parti pique-niquer. On a voulu dissuader les pêcheurs du coin à pêcher. On a fait de grands plongeons dans l'eau juste pour les déstabiliser. La copine d'un des pêcheurs, ne comprenant rien, a cru qu'on voulait faire de la bringue à son mec. Elle a commencé à nous injurier, nous disant que l'océan était grand et qu'on pouvait aller "pêcher" ailleurs. Ma copine et moi, on a été prises d'un fou-rire incontrôlable… on avait beau s'expliquer… il a mieux fallu en rire qu'en pleurer.

La chose la plus émouvante qui vous soit arrivée ?

Mon mariage. J'avais 36 ans lorsque je me suis mariée. On s'était rencontrés Marc et moi à travers Thomas, un ami commun. J'ai eu le coup de foudre. J'ai harcelé amoureusement Marc au téléphone. Comme il était architecte dans la même boîte que Thomas, c'était facile d'appeler Thomas pour finalement parler à Marc. J'ai quitté ma Normandie, suivi Marc à Singapour avec juste une valise de vêtements, plaquant famille et boulot. Mes parents me disaient : "Tu pars avec un gars que tu as rencontré seulement deux mois." Je n'avais pas tort. On s'est marié après deux ans de vie de couple parce qu'on voulait former une famille. C'est le plus beau jour de ma vie.

Votre principal trait de caractère ?

Déterminée, organisée et dynamique.

Quelles sont les qualités que vous préférez chez un homme ?

Chaque personne a sa définition propre de la beauté. Pour moi, c'est plus quelqu'un qui a du charme, qui dégage quelque chose. Tout est dans le regard quand on est amoureuse… on ne peut trouver que des qualités à son homme.

Et chez une femme ?

Tout est une question d'attitude. Une femme pas jalouse, qui a de la personnalité, qui ose s'exprimer.

Vos plaisirs favoris ?

La plongée sous-marine. Être en contact avec l'eau.

À quelle occasion mentez-vous ?

Dans l'intérêt de la personne qui est en face de moi, pour ne pas la contrarier.

Qui considérez-vous comme une personne digne d'admiration ?

Les femmes qui ont des conditions de vie très dures. Celles qui se battent seules pour élever leurs enfants et qui n'ont pas les moyens de se faire plaisir.

Votre artiste favori ?

Les groupes des années 80 en pleine révolution disco : style Abba, Beegees…

Que considérez-vous comme votre plus grande réussite ?

Mon fils Frédéric et mes deux jumelles Marianne et Raphaëlle.

Votre plus vif regret ?

De ne pas être arrivée à Maurice plus tôt.

Quel talent aimeriez-vous le plus avoir ?

Savoir chanter ou même fredonner une chanson qui toucherait plus d'un rien que pour ma voix, car, actuellement, autant ne pas y penser (rire).

Le talent que vous avez ?

Dessiner. J'ai aussi le don de pouvoir réaliser une bonne coupe de cheveux, de faire des massages, de préparer aussi des plats salés…

Votre rêve le plus fou ?

Passer trois jours aux Maldives avec mon mari, sans les enfants. Se retrouver en amoureux comme au premier jour.

Qu'est-ce que la vie pour vous ?

Un combat permanent. Nourrir sa famille, ne pas se laisser aller physiquement, surveiller sa santé.

Si vous pouviez changer une chose dans le monde ?

Arrêter les guerres, surtout le terrorisme.

Comment nous verrons-vous dans 20 ans ?

À 64 ans, je travaillerai encore et mes 3 enfants seront à mes côtés. Je ne me projette pas dans l'avenir. Je vis l'instant présent.

De quoi parlerez-vous au PM si vous le receviez à l'heure du thé ?

On parle beaucoup d'arrivée de touristes, d'entrée de devises étrangères, c'est bien tout ça. Mais, dans le concret, moi qui suis pour l'écologie, l'environnement, je demanderais au PM de revoir la qualité de nos plages et de nos lagons. Il n'y a qu'à aller à l'île d'Ambre pour voir tous les déchets, la pollution… Il m'arrive de ramasser sur la plage de Cap-Malheureux des seringues, des verres brisés, du papier huilé, etc. Faut vraiment faire un effort de ce côté et encourager tout un chacun à respecter l'environnement.

Comment dépensez-vous votre argent en ce moment ?

Pour les enfants surtout et pour moi de temps à autre, une visite dans un institut de beauté. J'adore les massages et les huiles essentielles. C'est relaxant, revigorant, un soin du corps dans un spa. Le rêve !

Si vous rencontrez Dieu, qu'aimeriez-vous Lui dire ?

Je ne suis pas croyante. Par contre, je ne suis pas insensible aux souffrances des autres. Je lui demanderais surtout pourquoi autant d'injustice et pourquoi ne sommes-nous pas tous nés égaux ?


Be Kestioned 2

Cette rubrique de Scope se propose d'aller à la rencontre des lecteurs. Nos pages vous sont donc ouvertes. Pour participer, envoyez vos coordonnées à Scope, 8 rue St Georges, Port-Louis (BP7), en mentionnant ZE Kestionnaire sur l'enveloppe. Si vous êtes du genre adepte de l'informatique : wes@lemauricien.com. Et si vous n'aimez pas vous compliquer la vie, appelez sur le 207 8301… une douce voix vous répondra.


Le grand bleu

Dans sa maison à Cap-Malheureux qui fait face à la mer, Anne Ritter vit. Adepte de la plongée sous-marine, c'est dans l'eau qu'elle se sent le mieux. Cet univers aquatique, elle le dépeint avec des notes colorées, mettant en relief toute cette vie qui sommeille sous l'eau. "J'ai appris à me familiariser avec plusieurs espèces de poissons. La plongée sous-marine, je la décris comme un monde du silence, à la fois paisible et vivant." Frédéric, son fils aîné, la tire de sa rêverie. Il vient de ramasser sur la plage un petit crabe et demande à sa mère : "Tu voudrais un p'tit massage au crabe ?" Anne Ritter rit de bon cœur. Ses enfants, c'est aussi son monde. Ses jumelles Marianne et Raphaëlle "sont nées le même jour, mais ne se ressemblent pas physiquement." Couvrant d'un regard tendre cette progéniture, Anne Ritter se souvient des moments difficiles passés en France. "J'avais trois enfants et je travaillais dans un poste à haute responsabilité. On m'a mis à l'écart prétextant qu'avec des enfants, je ne pouvais être "rentable" pour la société. Après avoir subi la pire humiliation, j'ai finalement gagné mon procès dans cette affaire. L'île Maurice, c'est le rêve ! En tant que professionnelle ou mère de famille, on a le respect qui est dû à la femme." Chef d'entreprise au sein de sa société, BSR Marketing, Anne Ritter raconte qu'elle travaille dans tout ce qui touche au marketing opérationnel, animation commercial, vente de produits et qu'elle se charge même de la vente de l'album Tikoulou, la BD locale imaginée par Henry Koombes. Une de ses qualités : la ponctualité. Éclats de rire. "J'arrive toujours à l'heure, jamais une minute de retard ou d'avance." L'intervenante adore faire la cuisine : "Tout ce qui est salé de préférence, je déteste le sucre." Elle parvient aisément à captiver son auditoire avec des mots qui lui viennent du cœur, n'en faisant jamais trop. Sensible lorsqu'elle parle de la condition de vie de certaines femmes. Elle sait donner de la voix lorsqu'il s'agit de protéger l'environnement et nos lagons. Anne Ritter est aussi une femme amoureuse. Mariée à Marc, un architecte, elle n'a qu'un rêve : "Passer trois jours de vacances en amoureux aux Maldives."