Le ciblage est le thème récurrent de ces dernières
semaines. Les autorités n'arrivent pas à prendre
de décisions concrètes concernant le ciblage. Le
domaine de l'éducation est celui le plus concerné
avec les subsides. Des élèves en 2e année
d'HSC du Collège du Saint-Esprit, tous âgés
de 17 ans, donnent leur avis sur la question.
Éducation
Anand Kalloo : Le ciblage ne devrait pas être appliqué
à l'éducation. Pour moi, les riches doivent payer
la totalité des frais d'examens. Les subsides sur l'éducation
ne servent à rien puisqu'on a toujours à payer,
que ce soit en matière de transport ou de matériel
scolaire.
Riyaad Salamut : Tout le monde a les même droits
en matière d'éducation. Le gouvernement devrait
rétablir les subsides comme auparavant.
Kushal Ramma : Il y a un dicton qui dit que Education
is free, schooling is not. C'est bien que le transport pour
les étudiants soit gratuit, mais combien de jeunes bénéficient
réellement de cette mesure ? On devrait revoir le système
concernant le transport pour les étudiants.
Ludovic Balancy : Le ciblage est une bonne chose puisqu'on
arrive à déterminer un seuil de pauvreté
afin d'aider ceux dans le besoin. Les subsides sur l'éducation
pour les plus riches devraient ne plus exister. Cet argent doit
être canalisé vers les plus pauvres afin d'acheter
du materiel scolaire pour ces jeunes.
Yanick Larosée : C'est une bonne chose si le gouvernement
veut aider les pauvres puisque l'éducation est ouverte
à tout le monde. Tous les jeunes ont droit à l'éducation
et le ciblage permettra d'atteindre cette égalité.
Subsides
Anand : Les subsides des frais d'examens pour les pauvres
aident ; sinon, ces gens n'auraient pas la chance de participer
aux examens nationaux. Mais, il ne faut tout mettre sur le dos
des riches. Il ne peuvent pas payer tout. Il y a d'autres choses
qu'ils ont à payer aussi.
Riyaad : Les plus aisés n'ont pas besoin de ces
subsides. Ils ont assez d'argent pour payer la totalité
des frais d'examens. Reorientez cet argent pour aider les pauvres.
Kushal : Ceux ayant un salaire mensuel de moins que Rs
7 500 devraient bénéficier de l'aide du gouvernement.
Surtout les familles où plusieurs enfants prennent part
aux examens en même temps. Aussi aider les pauvres dans
d'autre domaines que l'éducation.
Ludovic : Je pense que le gouvernement devrait continuer
à payer les 100% pour les familles touchant moind de Rs
10 000. Ne pas payer du tout pour les familles touchant au-dessus
des Rs 50 000 puisqu'ils peuvent se permettre de payer.
Yanick : Définitivement, les familles ayant deux
enfants ou plus doivent avoir ces subsides ! Les familles avec
un revenu mensuel conséquent ne doivent pas obligatoirement
être aidées, même s'il faut analyser leur situation
avec minutie.
Pauvreté
Anand : Le gouvernement ne doit pas enlever les subsides
sur les produits ménagers. Une baisse conséquente
de la taxe sur les produits alimentaires pourrait aider à
éradiquer cette pauvreté dont souffre notre pays.
L'aide doit venir du gouvernement et pas des riches.
Riyaad : Ne pas s'appuyer sur les riches pour aider les
pauvres. Un moyen pour aider les pauvres sans taxer les riches
doit être trouvé.
Kushal : D'abord, il faut que les gens changent leur façon
de voir les pauvres. Ce n'est pas de sa faute si quelqu'un est
pauvre. Tout le monde n'a pas les mêmes chances, surtout
concernant l'éducation. Des jeunes sont obligés
de quitter l'école à un très jeune âge
et de se lancer dans le domaine du travail. Les organisations
non gouvernementales font des dons aux pauvres, mais je pense
qu'elles devraient être plus actives.
Ludovic : La création de l'emploi et l'éducation
sont les seuls moyens pour éradiquer ce fléau. Dans
le court terme, le gouvernement devrait mettre plus de taxes sur
les produits de luxe et moins sur les denrées alimentaires.
Yanick : Si on veut éradiquer la pauvreté,
on doit éliminer les stéréotypes et les préjudices
moraux sur la classe pauvre et ouvrière. Ce travail doit
être fait dès que l'enfant entre dans le cycle primaire,
afin que, par la suite, tout le monde soit sur le même pied.
Alternatives au ciblage
Anand : Plus d'opportunités d'emploi proposées
aux pauvres. On n'aura pas besoin de ciblage dans ce cas. Moins
de favoritisme pour certains élèves qui fréquentent
des écoles dites Star Schools. Chacun devrait bénéficier
de la même chance concernant l'éducation.
Riyaad : Cibler uniquement les plus démunis parce
que, parfois, il y a des lacunes dans le système de ciblage.
Il ne faut pas négliger les gens de la classe moyenne,
non plus. Au niveau de l'éducation, plus de subsides pour
les frais d'examens des pauvres et un peu moins pour ceux de la
classe moyenne, dépendant du revenu mensuel.
Kushal : Orienter les gens vers des emplois qui sont plus
adaptés à leurs capacités. Si chacun trouve
sa voix, le ciblage ne sera plus nécessaire. Se servir
des statistiques officielles concernant les pauvres. Dans certains
cas, ces données sont trafiquées et ce sont les
pauvres qui paient les pots cassés.
Ludovic : Une alternative serait d'arrêter le gaspillage
de fonds. Il faut donner priorité à l'éducation
car c'est la base de toute société moderne et la
clé du succès pour beaucoup de gens. Ne pas prendre
de l'argent pour financer un projet qui ne servirait pas à
la population et, surtout, où uniquement les gens riches
bénéficieraient. Le ministère de l'Éducation
devrait accorder plus d'importance au sport car c'est, peut-être,
un moyen de s'en sortir pour les gens dans le besoin.
Yanick : Le ciblage que le gouvernement propose est un
moyen à court terme. Sur le long terme, une étude
approfondie sur les revenus mensuels pourrait aider, et non pas
regarder le statut social de la personne en question. Une amélioration
concernant les subsides est nécessaire puisque ce ciblage
en cours est discriminatoire vis-à-vis de la classe moyenne,
qui est aussi dans le besoin.