Week-End/SCOPE

VENDREDI & MARS 2008 vibzen


VIBZEN

Ciblage et éducation

Le ciblage est le thème récurrent de ces dernières semaines. Les autorités n'arrivent pas à prendre de décisions concrètes concernant le ciblage. Le domaine de l'éducation est celui le plus concerné avec les subsides. Des élèves en 2e année d'HSC du Collège du Saint-Esprit, tous âgés de 17 ans, donnent leur avis sur la question.

Éducation

Anand Kalloo : Le ciblage ne devrait pas être appliqué à l'éducation. Pour moi, les riches doivent payer la totalité des frais d'examens. Les subsides sur l'éducation ne servent à rien puisqu'on a toujours à payer, que ce soit en matière de transport ou de matériel scolaire.

Riyaad Salamut : Tout le monde a les même droits en matière d'éducation. Le gouvernement devrait rétablir les subsides comme auparavant.

Kushal Ramma : Il y a un dicton qui dit que Education is free, schooling is not. C'est bien que le transport pour les étudiants soit gratuit, mais combien de jeunes bénéficient réellement de cette mesure ? On devrait revoir le système concernant le transport pour les étudiants.

Ludovic Balancy : Le ciblage est une bonne chose puisqu'on arrive à déterminer un seuil de pauvreté afin d'aider ceux dans le besoin. Les subsides sur l'éducation pour les plus riches devraient ne plus exister. Cet argent doit être canalisé vers les plus pauvres afin d'acheter du materiel scolaire pour ces jeunes.

Yanick Larosée : C'est une bonne chose si le gouvernement veut aider les pauvres puisque l'éducation est ouverte à tout le monde. Tous les jeunes ont droit à l'éducation et le ciblage permettra d'atteindre cette égalité.

Subsides

Anand : Les subsides des frais d'examens pour les pauvres aident ; sinon, ces gens n'auraient pas la chance de participer aux examens nationaux. Mais, il ne faut tout mettre sur le dos des riches. Il ne peuvent pas payer tout. Il y a d'autres choses qu'ils ont à payer aussi.

Riyaad : Les plus aisés n'ont pas besoin de ces subsides. Ils ont assez d'argent pour payer la totalité des frais d'examens. Reorientez cet argent pour aider les pauvres.

Kushal : Ceux ayant un salaire mensuel de moins que Rs 7 500 devraient bénéficier de l'aide du gouvernement. Surtout les familles où plusieurs enfants prennent part aux examens en même temps. Aussi aider les pauvres dans d'autre domaines que l'éducation.

Ludovic : Je pense que le gouvernement devrait continuer à payer les 100% pour les familles touchant moind de Rs 10 000. Ne pas payer du tout pour les familles touchant au-dessus des Rs 50 000 puisqu'ils peuvent se permettre de payer.

Yanick : Définitivement, les familles ayant deux enfants ou plus doivent avoir ces subsides ! Les familles avec un revenu mensuel conséquent ne doivent pas obligatoirement être aidées, même s'il faut analyser leur situation avec minutie.

Pauvreté

Anand : Le gouvernement ne doit pas enlever les subsides sur les produits ménagers. Une baisse conséquente de la taxe sur les produits alimentaires pourrait aider à éradiquer cette pauvreté dont souffre notre pays. L'aide doit venir du gouvernement et pas des riches.

Riyaad : Ne pas s'appuyer sur les riches pour aider les pauvres. Un moyen pour aider les pauvres sans taxer les riches doit être trouvé.

Kushal : D'abord, il faut que les gens changent leur façon de voir les pauvres. Ce n'est pas de sa faute si quelqu'un est pauvre. Tout le monde n'a pas les mêmes chances, surtout concernant l'éducation. Des jeunes sont obligés de quitter l'école à un très jeune âge et de se lancer dans le domaine du travail. Les organisations non gouvernementales font des dons aux pauvres, mais je pense qu'elles devraient être plus actives.

Ludovic : La création de l'emploi et l'éducation sont les seuls moyens pour éradiquer ce fléau. Dans le court terme, le gouvernement devrait mettre plus de taxes sur les produits de luxe et moins sur les denrées alimentaires.

Yanick : Si on veut éradiquer la pauvreté, on doit éliminer les stéréotypes et les préjudices moraux sur la classe pauvre et ouvrière. Ce travail doit être fait dès que l'enfant entre dans le cycle primaire, afin que, par la suite, tout le monde soit sur le même pied.

Alternatives au ciblage

Anand : Plus d'opportunités d'emploi proposées aux pauvres. On n'aura pas besoin de ciblage dans ce cas. Moins de favoritisme pour certains élèves qui fréquentent des écoles dites Star Schools. Chacun devrait bénéficier de la même chance concernant l'éducation.

Riyaad : Cibler uniquement les plus démunis parce que, parfois, il y a des lacunes dans le système de ciblage. Il ne faut pas négliger les gens de la classe moyenne, non plus. Au niveau de l'éducation, plus de subsides pour les frais d'examens des pauvres et un peu moins pour ceux de la classe moyenne, dépendant du revenu mensuel.

Kushal : Orienter les gens vers des emplois qui sont plus adaptés à leurs capacités. Si chacun trouve sa voix, le ciblage ne sera plus nécessaire. Se servir des statistiques officielles concernant les pauvres. Dans certains cas, ces données sont trafiquées et ce sont les pauvres qui paient les pots cassés.

Ludovic : Une alternative serait d'arrêter le gaspillage de fonds. Il faut donner priorité à l'éducation car c'est la base de toute société moderne et la clé du succès pour beaucoup de gens. Ne pas prendre de l'argent pour financer un projet qui ne servirait pas à la population et, surtout, où uniquement les gens riches bénéficieraient. Le ministère de l'Éducation devrait accorder plus d'importance au sport car c'est, peut-être, un moyen de s'en sortir pour les gens dans le besoin.

Yanick : Le ciblage que le gouvernement propose est un moyen à court terme. Sur le long terme, une étude approfondie sur les revenus mensuels pourrait aider, et non pas regarder le statut social de la personne en question. Une amélioration concernant les subsides est nécessaire puisque ce ciblage en cours est discriminatoire vis-à-vis de la classe moyenne, qui est aussi dans le besoin.


Ptit mot… à Rama

Anand : Vu que le la croissance financière augmente d'année en année, le gouvernement peut augmenter les subsides. Il y a des secteurs comme le textile et le tourisme qui engendrent plus de profits. Donc, on peut mettre plus de taxe sur les produits et services concernant ces secteurs, en particulier le tourisme.

Riyaad : Investissez dans des secteurs qui ont de l'avenir et qui rapportent plus d'argent afin d'aider les pauvres. Une augmentation des taxes sur les produits de luxe pourrait rapporter gros à l'État.

Kushal : Le système de ciblage est un bon pas en avant pour combattre la pauvreté, mais le ciblage tout seul n'est pas la solution. Il ne faut pas oublier la classe moyenne ; sinon, elle risque de tomber dans la pauvreté. Si le gouvernement veut que Maurice devienne une cyber-île, il doit s'assurer que la population soit computer litterate, d'où l'importance de l'éducation.

Ludovic : L'éducation n'est pas le seul moyen de réussir dans la vie. Le sport et un bon encadrement aussi pourraient aider les pauvres. Arrêtez les dépenses gouvernementales inutiles ! Utilisez cet argent pour augmenter les subsides pour les pauvres et les gens de la classe moyenne.

Yanick : Je pense qu'avant de cibler le domaine de l'éducation, on devrait cibler nos ressources primaires. Le tourisme est plus bénéfique que le secteur industriel, par exemple. Nos seules ressources actuellement sont la plage, le climat tropical et notre belle mer turquoise.