Macondé du guitariste Neshen Teeroovengadum &
Friends est sur le marché local depuis le 27 février.
Ensemble de l'expérience musicale vécue par son
auteur depuis ses débuts, il y a vingt ans, l'album, qui
se veut jazzy, sert de messager à Neshen. L'artiste y fait
passer ses sentiments les plus profonds.
Macondé de Neshen Teeroovengadum & Friends est
une osmose d'accords jaillissant vers des horizons variés.
10 compositions, agréablement concoctées, apportent
dans le paysage musical locale une bouffée de fraîcheur
aux allures de jazz, agrémenté d'une fine touche
de séga.
Public. L'idée de sortir cet album est venue à
l'esprit du guitariste après quelques concerts avec ses
amis Jhonny Joseph, Jocelyn Armandine et Frédéric
Grenade entre autres. "C'était au début
de l'année 2007. Avec mon groupe, composé de quelques-uns
de mes bons copains, je jouais régulièrement au
Laribluz et à l'Hôtel Tamarin. Le courant passait
tellement bien sur scène que j'ai décidé
par la suite de sortir ce disque." Comme il avait déjà
ses compositions en main, cela s'est fait en peu de temps. Moins
d'un an plus tard, Macondé voit le jour. "J'étais
à la recherche d'un titre purement mauricien. Comme Macondé
est l'un de mes endroits préférés de l'île,
j'ai opté pour ce nom." Le jazz ayant cependant
un public restreint à Maurice, l'artiste a pris d'énormes
risques en mettant en uvre ce projet. Mais le musicien dit
"n'avoir pas voulu mesurer le risque. Je ne me soucie
pas de savoir si le disque trouve facilement preneur. Je souhaite
seulement que le public découvre ma musique et l'apprécie."
Découverte. Mais avant d'en arriver là, la
route a été longue pour Neshen Teeroovengadum. C'est
la découverte d'un vinyle du guitariste, chanteur, et compositeur
de jazz, George Benson, qui amène Neshen à se passionner
pour cette musicalité. "J'ai immédiatement
eu un déclic. J'ai tout de suite compris que je voulais
m'approprier cette musique." Sachant toutefois que faire
du jazz n'est pas donné à tout le monde, le musicien
n'a cessé de pratiquer régulièrement "car
il faut avoir une technique exigeante de l'instrument."
Comme la plupart des musiciens passionnés, il débute
dans des concerts organisés par son collège. Il
s'est ensuite tourné vers le circuit hôtelier pour
gagner sa vie. "Là, je jouais uniquement de la
variété" explique le guitariste. Au début
des années 90, tout en s'exerçant dans des hôtels
et dans des pubs, le musicien a parallèlement donné
du sien pour la réalisation de quelques albums locaux.
"Ça m'aidait à bouger un peu et à m'essayer
à autres choses. C'est à cette époque notamment
que je composais le plus" indique Neshen.
Expérience. Peu de temps après, il rencontre
Ernest Wiehe et Philippe Thomas, qui selon lui, sont deux artistes
qui maîtrisent habilement la culture du jazz. "J'ai
par la suite eu l'occasion de jouer dans des Festivals de Jazz
aux Seychelles ou encore à St Gilles, à La Réunion.
J'ai aussi été invité à des jam sessions
de jazz en France. Participer à ces festivals ont été
des moments riches en expériences. La rencontre avec de
talentueux musiciens malgaches et réunionnais m'a énormément
aidé dans ma progression et dans l'évolution de
ma musique." Des moments d'extase sur scène, Neshen
Teeroovengadum en a connus plusieurs. "Mais ma plus grande
satisfaction je l'ai ressentie lors du projet mis en route par
Jhonny Joseph pour la fête de l'Indépendance en 2004.
Il avait composé une musique spécialement pour l'événement.
J'avais été conquis par la richesse de la création
musicale et le partage qu'il y avait entre les 25 musiciens et
danseurs qui étaient sur ce projet. Pour moi, ça
a été the best !"
Projet. Arrive le moment phare de sa carrière, où
il rencontre ses amis, les musiciens avec qui il partage l'affiche
de Macondé. Grandement influencé par des
groupes de jazz, à l'instar de The Yellow Jackets, formation
mythique des années 70, qui a une manière très
particulière de faire fusionner les cultures musicales,
Neshen opte pour des compositions musicales plus inspirées.
"Macondé est un jazz teinté de world musique,
avec un mélange de différents cultures"
souligne l'artiste. Valeur sûre dans le paysage musical
mauricien, Neshen Teeroovengadum prévoit de revenir prochainement
avec un second album, "une fusion entre le jazz et la
musique classique indienne."