Week-End/SCOPE

VENDREDI & MARS 2008 neshen teeroovengadum


Neshen Teeroovengadum : Macondé

Jazz dans les veines

Macondé du guitariste Neshen Teeroovengadum & Friends est sur le marché local depuis le 27 février. Ensemble de l'expérience musicale vécue par son auteur depuis ses débuts, il y a vingt ans, l'album, qui se veut jazzy, sert de messager à Neshen. L'artiste y fait passer ses sentiments les plus profonds.

Macondé de Neshen Teeroovengadum & Friends est une osmose d'accords jaillissant vers des horizons variés. 10 compositions, agréablement concoctées, apportent dans le paysage musical locale une bouffée de fraîcheur aux allures de jazz, agrémenté d'une fine touche de séga.

Public. L'idée de sortir cet album est venue à l'esprit du guitariste après quelques concerts avec ses amis Jhonny Joseph, Jocelyn Armandine et Frédéric Grenade entre autres. "C'était au début de l'année 2007. Avec mon groupe, composé de quelques-uns de mes bons copains, je jouais régulièrement au Laribluz et à l'Hôtel Tamarin. Le courant passait tellement bien sur scène que j'ai décidé par la suite de sortir ce disque." Comme il avait déjà ses compositions en main, cela s'est fait en peu de temps. Moins d'un an plus tard, Macondé voit le jour. "J'étais à la recherche d'un titre purement mauricien. Comme Macondé est l'un de mes endroits préférés de l'île, j'ai opté pour ce nom." Le jazz ayant cependant un public restreint à Maurice, l'artiste a pris d'énormes risques en mettant en œuvre ce projet. Mais le musicien dit "n'avoir pas voulu mesurer le risque. Je ne me soucie pas de savoir si le disque trouve facilement preneur. Je souhaite seulement que le public découvre ma musique et l'apprécie."

Découverte. Mais avant d'en arriver là, la route a été longue pour Neshen Teeroovengadum. C'est la découverte d'un vinyle du guitariste, chanteur, et compositeur de jazz, George Benson, qui amène Neshen à se passionner pour cette musicalité. "J'ai immédiatement eu un déclic. J'ai tout de suite compris que je voulais m'approprier cette musique." Sachant toutefois que faire du jazz n'est pas donné à tout le monde, le musicien n'a cessé de pratiquer régulièrement "car il faut avoir une technique exigeante de l'instrument." Comme la plupart des musiciens passionnés, il débute dans des concerts organisés par son collège. Il s'est ensuite tourné vers le circuit hôtelier pour gagner sa vie. "Là, je jouais uniquement de la variété" explique le guitariste. Au début des années 90, tout en s'exerçant dans des hôtels et dans des pubs, le musicien a parallèlement donné du sien pour la réalisation de quelques albums locaux. "Ça m'aidait à bouger un peu et à m'essayer à autres choses. C'est à cette époque notamment que je composais le plus" indique Neshen.

Expérience. Peu de temps après, il rencontre Ernest Wiehe et Philippe Thomas, qui selon lui, sont deux artistes qui maîtrisent habilement la culture du jazz. "J'ai par la suite eu l'occasion de jouer dans des Festivals de Jazz aux Seychelles ou encore à St Gilles, à La Réunion. J'ai aussi été invité à des jam sessions de jazz en France. Participer à ces festivals ont été des moments riches en expériences. La rencontre avec de talentueux musiciens malgaches et réunionnais m'a énormément aidé dans ma progression et dans l'évolution de ma musique." Des moments d'extase sur scène, Neshen Teeroovengadum en a connus plusieurs. "Mais ma plus grande satisfaction je l'ai ressentie lors du projet mis en route par Jhonny Joseph pour la fête de l'Indépendance en 2004. Il avait composé une musique spécialement pour l'événement. J'avais été conquis par la richesse de la création musicale et le partage qu'il y avait entre les 25 musiciens et danseurs qui étaient sur ce projet. Pour moi, ça a été the best !"

Projet. Arrive le moment phare de sa carrière, où il rencontre ses amis, les musiciens avec qui il partage l'affiche de Macondé. Grandement influencé par des groupes de jazz, à l'instar de The Yellow Jackets, formation mythique des années 70, qui a une manière très particulière de faire fusionner les cultures musicales, Neshen opte pour des compositions musicales plus inspirées. "Macondé est un jazz teinté de world musique, avec un mélange de différents cultures" souligne l'artiste. Valeur sûre dans le paysage musical mauricien, Neshen Teeroovengadum prévoit de revenir prochainement avec un second album, "une fusion entre le jazz et la musique classique indienne."


Musiciens expérimentés

Cet album est mené de main de maître par Neshen Teeroovengadum et quelques-uns de ses amis de longue date. "L'équipe avec laquelle je joue a une longue expérience musicale" explique le guitariste, qui ajoute que "c'est toujours agréable de partager la scène avec eux. Ils apportent chacun leur touche personnelle à l'album." Christophe Bertin (batterie), Frédéric Grenade (basse), Jocelyn Armandine (clavier), Jhonny Joseph (percussions), Cyril Michel (saxophone), Nada Cunden (tabla), Caroline Joden-Auckbaraullee, Kiki Cerdor-Joseph, Allan Dupuy (chœur) sont ceux qui ont contribué à l'aboutissement de ce disque.