Week-End/SCOPE

VENDREDI 29 FEVRIER 2008 vibzen


VIBZEN

Tourisme, le défi

Les étudiants de dernière année en Tourism Management à l'École hôtelière Sir Gaëtan Duval préparent la conférence SMILE (voir hors-texte) pour se préparer à l'objectif du gouvernement d'atteindre 2 millions de touristes en 2015. Cinq représentants de cette promotion partagent leurs avis sur la question. Des défis, la sensibilisation et, surtout, de l'action : autant d'aspects à considérer pour atteindre cet objectif.

2 millions de touristes

Reshmee Chuckowree : C'est un gros défi que nous pourrons relever si nous arrivons à réunir tous les prestataires de service de la chaîne touristique. Cela dépendra de la contribution de tout le monde.

Virgil Guerel : Il y a, dans cet objectif, un aspect positif et un aspect négatif. D'un côté, plus de touristes signifie plus de revenus avec la création d'emploi. De l'autre, il y a le risque d'une dégradation de la culture et celle de l'inflation.

Jessica Ah Kim : Cet objectif est venu en quelque sorte booster le secteur, surtout en matière de création d'emploi. Par exemple, les anciens employés de l'industrie sucrière suivent des cours à l'IVTB pour se recycler dans l'hôtellerie. Cela veut dire qu'il y aura plus de personnes qualifiées et la qualité du service sera aussi rehaussée.

Fabienne Lascie. Pour pouvoir accueillir 2 m de touristes, il faut s'y préparer. Il faut, bien sûr, augmenter le nombre de chambres, agrandir l'aéroport et améliorer les infrastructures routières. Par ailleurs, il faut sensibiliser la population. Car les touristes ne viennent pas que pour les plages, mais aussi pour l'accueil et le sourire mauricien.

Béatrice Mosimann. Cet objectif permettra de créer plus d'emplois dans le secteur de l'hôtellerie. Mais, pour accueillir plus de touristes, il faut nécessairement prévoir plus de chambres, voire, plus d'hôtels. Ce qui peut restreindre davantage l'espace public.

Le plus grand défi

Reshmee : Faire de Maurice une destination safe and secure est devenu une des priorités. Il n'y a qu'à surfer sur Internet pour se rendre compte des commentaires des touristes par rapport à la sécurité dans l'île. Cela donne une mauvaise image et décourage les visiteurs potentiels.

Virgil : La formation d'un personnel qualifié va de pair avec l'objectif de 2 m de touristes. Les hôtels recrutent beaucoup en ce moment parce qu'ils ont besoin de main d'œuvre. Bien sûr, il y a l'École hôtelière, IVTB, les universités et même les groupes hôteliers qui ont leur académie : mais, est-ce suffisant ?

Jessica : Garder son environnement propre est un grand défi. Quand le touriste quitte l'hôtel, il se heurte souvent à la réalité du pays : un environnement sale, des déchets jetés partout… La propreté doit faire partie de l'éducation dès le plus jeune âge. Par ailleurs, plus de touristes veut aussi dire plus de déchets. Comment se prépare-t-on à ce niveau ?

Fabienne : Les infrastructures demeurent un grand défi. On se dit 2 m de touristes en 2015, mais on ne réalise pas que ça peut aussi bien arriver avant. Alors, autant se préparer et s'y mettre tout de suite !

Béatrice : Il y a cette mentalité qui consiste à croire que le touriste est un pigeon à plumer. Il se fait détrousser, achète les articles à 3-4 fois plus cher… La population doit changer son regard sur les touristes. Il faut réaliser qu'en venant ici, ils contribuent à notre économie et, indirectement, à notre niveau de vie. L'accueil mauricien doit être préservé.

Destination Maurice

Reshmee : Il y a toujours des risques partout et pas seulement à Maurice. Chacun doit faire preuve de responsabilité, prendre ses précautions et non pas s'exposer.

Virgil : Plusieurs actions ont été prises suite à des cas d'agression sur les touristes, particulièrement dans les régions à risques. La sécurité a été renforcée. Il y a des caméras de surveillance et différentes unités de police qui circulent dans ces régions.

Jessica : L'insécurité est partout et pas juste à Maurice. Il faut une prise de conscience et aussi savoir où on va, qui on fréquente. Chacun doit prendre ses précautions.

Fabienne : Si on veut convaincre un touriste de venir à Maurice, il faut lui donner d'autres options. Il n'y a pas que l'insécurité, mais, aussi, d'autres facettes positives à valoriser. Par ailleurs, il faut tenir le touriste au courant des endroits à risques et des précautions à prendre.

Béatrice : C'est vrai qu'il existe un problème au niveau de la sécurité, mais il ne faut pas généraliser. Il y a certains endroits qui sont plus à risques que d'autres et le touriste doit être informé. De même, il doit se comporter de manière responsable. Dans son pays, également, il doit y avoir des endroits à risques.

Sensibiliser

Reshmee : Le tourisme est aujourd'hui le pilier de l'économie. La population doit être consciente de cela et faire en sorte que les touristes continuent à venir chez nous. C'est nous-mêmes qui en profiterons. Il ne faut pas commencer à cracher dans l'assiette. Nous en serons les plus grands perdants.

Virgil : Il faudrait monter des ateliers par région pour expliquer aux gens le rôle que les touristes jouent dans notre économie. Les chauffeurs de taxi, les vendeurs de plage…, toutes ces personnes doivent être intégrées à la formation, voire à l'éducation.

Jessica : Le sourire et l'accueil des Mauriciens font partie de nos atouts. Il faut en prendre conscience afin de les préserver. L'école doit inculquer les valeurs, tel le respect. En apprenant à se respecter l'un l'autre, on apprendra aussi à respecter le touriste.

Fabienne : Il faut sortir de ce cliché que le touriste est riche et qu'il faut lui réclamer plus d'argent. À Grand-Baie, une mangue se vend à Rs 200 et une part d'ananas à Rs 100 ! En plus, le marchand vous demande si vous êtes Mauricien avant de vous servir. C'est très grave.

Béatrice : Il y a une éducation générale à faire, tant au niveau de l'accueil qu'à celui de la préservation l'environnement, par exemple. Cela commence à l'école.


SMILE

Sensibiliser, Mobiliser, Innover, Lancer, Évaluer : ce sont les thèmes qui seront abordés lors de la conférence SMILE, prévue à partir de 9h, ce vendredi, à la salle des fêtes du Plaza. Il s'agit d'un projet pédagogique d'étudiants en Tourism Management 2006-2008 par rapport à l'objectif du gouvernement d'atteindre 2 millions de touristes d'ici 2015. Selon les étudiants, ces 5 thèmes - rappelant le sourire mauricien - sont des aspects importants pour atteindre cet objectif. Ils ont invité un professionnel à intervenir sur chaque thème.

Dans le même esprit, ce groupe d'élèves prépare le rallye Konn to zil le 16 mars. Le départ sera donné à 8h à Mahébourg. 30 équipes réuniront les étudiants de l'École hôtelière, des professionnels du secteur touristique ainsi que des individus. Ceux qui veulent y participer doivent s'inscrire en téléphonant au 934 7719 ou en envoyant un courriel à tm2event08@yahoo.com.