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VENDREDI 29 FEVRIER 2008
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musique locale
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MUSIQUE LOCALE
L'éclectisme s'installe
Il y a quelques années, la production locale était
dominée par le séga. Aujourd'hui, l'univers musical
mauricien s'élargit vers de nouveaux horizons. Ainsi, ces
derniers temps, nous avons eu droit à une émergence
de nouveaux styles. Ces expériences musicales, grandement
influencées des artistes internationaux, s'avancent lentement
mais sûrement vers une voie prometteuse, encouragées
par un public qui se montre désormais réceptif.
Gagnant de la 3e édition de Rêve de Star,
Doushan Sewtohul dit être "très sollicité
pour participer à des concerts, même si j'ai opté
pour un genre musical très particulier : le Hindi Pop."
Selon lui, lors de chacun de ses passages sur scène, le
public est émerveillé. De même pour Linzy
Bacbotte, qui a fait un come-back remarqué avec son dernier
album Breathe Again. Mélange de zouk, reggae
,
cet opus connaît un franc succès. La jeune femme,
qui appréhendait l'accueil qu'aurait eu son album auprès
du public, dit être "entièrement satisfaite
du résultat. Les gens ont découvert une nouvelle
facette de moi. Ils ont accepté la nouvelle Linzy, qui
connaît faire autre chose que du séga."
Les Mauriciens se montrent très réceptifs à
ces genres musicaux, bien qu'ils leur soient peu familiers. C'est
ce que nous confirme Vincent Brasse, le chanteur du groupe rock
Xbreed Supersoul, qui a dernièrement sorti son 2e
album, Letter to G. : "Beaucoup de gens connaissent et
aiment notre musique."
Vente. Néanmoins, si le public est réceptif
côté vente, des questions restent posées.
"Quotidiennement à la radio, de nombreux auditeurs
demandent à écouter mes chansons, particulièrement
Woh Kaun Hain ? Je ne comprends donc pas pourquoi du côté
de la vente, ça se passe aussi mal", dit Doushan
Sewtohul. Selon lui, les Mauriciens préfèrent acheter
les CD pirates des artistes étrangers, qui sont vendus
à Rs 50 sur la rue et délaissent de plus en plus
les productions locales. Prenant de plus en plus d'ampleur à
Maurice, le piratage est la cause principale de la baisse de revenus
des chanteurs mauriciens. Vincent Brasse trouve qu' "avec
ce problème, il est impossible de faire de la musique son
métier." Cependant, celui-ci est aussi conscient
que "l'album de mon groupe ne se vend pas comme des petits
pains, comme c'aurait été le cas pour OBS ou
encore Sandra Mayotte. Je ne me suis pas encore renseigné
auprès des magasins, mais je sais que le plus grand nombre
de ventes se fait durant nos concerts. Mais, pour Xbreed Supersoul,
la réussite d'un album se résume à la popularité
du groupe auprès du public."
Pour Linzy Bacbotte, les choses se déroulent comme elle
l'espère. "Je pense que le zouk love Amoureuse
et le reggae Prié Bondié, qui marchent
fort actuellement, font que l'album connaît un tel succès."
Satisfaite des critiques du public, Linzy Bacbotte avoue avoir
"atteint le succès tout en me faisant plaisir."
Difficultés. La production d'un album demande énormément
de sacrifices de la part de son auteur. D'autant plus quand il
décide d'opter pour un produit qui se veut original. Conscient
que le Hindi Pop est nouveau pour les Mauriciens et que
"mon album prendra plus de temps que prévu pour
prendre son envol", Doushan Sewtohul avoue être
"en quête de supports pouvant m'aider à la
distribution de mon album à l'étranger." Mais,
ne se décourageant pas, il promet à ses fans
"de revenir, pour mon 2e album, avec un genre aussi particulier
que le premier ; ce sera un mélange du style bollywoodien
et de culture mauricienne."
Quant à Linzy Bacbotte, elle dit avoir "mis toute
mon âme afin de sortir un album de qualité. Ça
n'a pas été facile pour moi de me lancer. À
un moment, je ne dormais presque plus. Mais, soutenue par mes
proches, j'ai persévéré."
Pour Vincent Brasse, "sortir un album de séga ou
ragga est plus facile qu'avec un album purement rock. Pour ce
genre de musique, c'est catégorique : soit on aime, soit
on n'aime pas. Letter to G a été conçu
avec passion."
Nouveauté
Malgré les étapes à franchir et les épreves
à surmonter, promouvoir la créativité reste
le mot d'ordre pour nos 3 interlocuteurs. Doushan Sewtohul "encourage
les artistes à opter pour des styles originaux car, sans
nouveauté, la musique locale restera stagnante."
Vincent Brasse, lui, "demande aux jeunes talents d'arrêter
de se retenir et d'oser proposer un genre différent."
Avant, si on ne faisait pas du séga, on ne pouvait pas
percer. C'est ce que pense Linzy Bacbotte, qui lance qu'"aujourd'hui,
nous avons énormément de portes d'ouverture. J'incite
tous ceux qui le souhaitent à se jeter sans hésitation
dans l'arène musicale."
"Manque d'outils d'accompagnement"
Responsable des Classes de Charles, Geordie Piseri-Diaz trouve
qu'"il y a aujourd'hui énormément de potentiel
sur le plan de la créativité à Maurice. Les
artistes locaux nous proposent un agréable mélange
d'ici et des cultures étrangères. Ce qui offre un
renouveau dans le style musical mauricien." Cependant,
G. Piseri-Diaz regrette de constater qu'"il y a un grand
manque d'outils d'accompagnement, tels des studios de répétitions
ou encore des centres d'information pour notre nombreux potentiel.
Avec, certes, il y aurait eu plus de répercusions positives."
Grâce au DVD Live - retracant les grands moments des Classes
de Charles 2007 -, distribué à l'étranger
pour promouvoir la musique locale, G. Piseri-Diaz indique
être "parvenu à étoffer les prix pour
les tremplins 2008. Cette année, un groupe s'envolera pour
La Réunion pour jouer au Bato Fou."