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VENDREDI 18 JANVIER 2008
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santé
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SANTÉ : VARICELLE
Gare aux démangeaisons !
Malagie contagieuse, la varicelle peut faire son apparition à
n'importe quel moment de l'année. Si quelques cas ont étés
enregistrés recemment, le ministère de la Santé
ne parle pas véritablement d'épidémie. Toutefois,
il est toujours utile de bien comprendre cette maladie qui touche
essentiellement les enfants. Explication avec le Dr Nundlall,
de la santé publique.
"La varicelle est une maladie virale qui se transmet par
l'air ou au contact des mycoses", dit le Dr Nundlall.
C'est la maladie infantile la plus contagieuse, provoquée
par le virus varicelle-zona, qui appartient au groupe des virus
herpès. Dans 90% des cas, elle survient entre 3 mois et
10 ans.
Transmission. Le virus se manifeste en général
par une éruption de boutons sur la peau associée
à des démangeaisons. La transmission du virus se
fait aussi par l'intermédiaire de gouttelettes de salive
provenant d'une personne infectée. Le virus est très
contagieux et la transmission peut se faire aussi à distance,
on parle alors d'infection volante. "Les boutons sont
aussi potentiellement contagieux au stade de vésicules
(boutons surmontés d'une petite bulle), car le virus y
est présent en grandes quantités", dit
le docteur. Ce mode de contamination est cependant moins important
que la transmission par la salive et les boutons ne sont plus
contaminants quand ils sèchent et cèdent la place
à des croûtes. Une personne infectée par le
virus de la varicelle est contagieuse un jour avant jusqu'à
une semaine après l'apparition des vésicules.
Causes. "Le premier contact du virus avec
l'organisme provoque une éruption au niveau de la peau
et sur tout le corps", explique le médecin. Cette
éruption disparaît spontanément en quelques
jours (10 à 12 jours). Néanmoins, la disparition
des signes cliniques ne correspond pas à l'élimination
totale du virus de l'organisme. On parle de latence du virus.
En général, cette période de latence est
définitive et le virus ne se réactive pas. Cependant,
à l'occasion d'un stress (fatigue, infection) ou chez les
personnes au système de défense immunitaire affaibli,
le virus peut se réactiver et redevenir virulent. Il migre
de nouveau le long des nerfs jusqu'à la peau pour déclencher
une nouvelle éruption du même type que la varicelle,
mais, cette fois, beaucoup plus localisée (en général,
sur une partie du thorax, l'il
) : il s'agit alors
d'un zona correspondant à une réactivation virale.
Le Dr Nundlall précise, toutefois, que "l'immunité
acquise après le premier contact avec le virus de la varicelle
est définitive et protège contre toute nouvelle
contamination par ce virus."
Evolution. L'incubation (entre l'entrée du virus
dans l'organisme et les premiers symptômes) est silencieuse
et dure de une à deux semaines. Les premiers signes de
la varicelle peuvent être discrets ou se présenter
sous forme d'une altération modérée de l'état
général provoquant un état fiévreux
pouvant atteindre 38°C et des maux de tête. Une éruption
généralisée caractéristique de la
maladie apparaît secondairement : les premiers éléments
apparaissent sur le thorax et à la racine des cheveux.
L'éruption s'étend ensuite sur l'ensemble du corps,
provoquant d'importantes démangeaisons. L'évolution
des boutons se fait en plusieurs stades.
Apparaissant d'abord sous forme de petites taches rouges sur la
peau, les taches prennent très vite du relief pour devenir
des papules. Certaines ne changent pas d'aspect, alors que d'autres
se transforment en vésicules surmontées d'une petite
bulle remplie de liquide clair. "Le liquide clair des
vésicules est extrêmement contagieux, car il contient
le virus, d'où l'importance d'isoler la personne infectée",
explique le médecin. La vésicule sèche dès
le 2e jour et laisse place à une croûte qui tombe
au 5e-7e jour au profit d'une cicatrice rouge et blanche. Les
cicatrices s'atténuent généralement en quelques
mois.
Traitement. Selon le Dr Nundlall, "un enfant vivant
en collectivité (crèche ou école) et présentant
des signes de varicelle doit être isolé des autres
enfants jusqu'à la chute des croûtes pour éviter
la transmission du virus." Le traitement contre la varicelle
consiste à soulager les démangeaisons et éviter
les complications (surinfections). "Contre les démangeaisons,
les antihistaminiques sont généralement prescrits,
parfois en complément d'application locale avec du gel
fluide de calamine", ajoute le docteur, tout en
précisant que les mesures d'hygiène sont très
importantes. Il faut pratiquer un nettoyage antiseptique quotidien
des boutons et un nettoyage des ongles (facteur de surinfection
par l'intermédiaire du grattage). Ces derniers doivent
être coupés courts et gardés propres par un
brossage au savon.
Complications
La surinfection est une des complications possibles, surtout en
cas de grattage des lésions. Ces infections nécessitent
un traitement antibiotique pour limiter leur extension cutanée
(impétigo), voire générale (septicémie).
Par ailleurs, les boutons grattés peuvent engendrer des
cicatrices indélébiles. Une infection cérébrale
provoquée par le virus entraîne des troubles neurologiques
souvent à type de vertiges pendant quelques jours. Des
formes très graves de varicelle avec atteinte de plusieurs
organes peuvent se rencontrer chez les sujets immunodéprimés
(sida, cancer, maladies immunitaires, chimiothérapie ou
immunosuppresseurs).
Chez la mère, au cours des premiers mois de grossesse,
la contamination par le virus peut provoquer des anomalies embryonnaires.
La varicelle du nouveau né (cas où la mère
développe la maladie entre 5 jours avant et 2 jours après
l'accouchement) provoque des formes graves de l'infection avec
atteinte pulmonaire.
Séquelles
Le pronostic est habituellement bon, la varicelle régressant
spontanément en 10 à 12 jours. Elle ne laisse aucune
séquelle, hormis les cicatrices sur la peau lorsque les
boutons ont été grattés ou surinfectés.
La maladie est potentiellement grave chez les sujets immunodéprimés.
Le diagnostic de varicelle ne doit pas être confondu avec
les piqûres d'insectes, une infection herpétique
étendue ou un impétigo bulleux (infection bactérienne
de la peau avec formation de bulles).
Le zona : quand le virus de la varicelle se réactive
Le zona est une maladie infectieuse causée par la réactivation
du virus de la varicelle, plusieurs années après
avoir contracté cette maladie. Cette infection est bénigne,
exceptée lorsqu'elle touche l'il ou des personnes
ayant des défenses immunitaires affaiblies (sida, leucémie,
etc.) Sa prise en charge repose sur un traitement précoce.
Le zona (ou herpès zoster) est une infection fréquente
chez l'adulte au-delà de 50 ans. Toutefois, une même
personne développe rarement plus d'une fois cette maladie.
Exceptionnel chez le nourrisson, le zona s'observe parfois chez
l'enfant, mais sans gravité particulière. Après
avoir contracté une varicelle, généralement
pendant l'enfance, les virus responsables de cette maladie (Herpes
virus varicellae) sont détruits, excepté quelques-uns
qui persistent à vivre et qui vont se localiser dans les
ganglions de certains nerfs. À certaines occasions, lorsque
les défenses immunitaires baissent, sous l'effet d'un stress
psychologique ou physique, le virus latent peut se réactiver
et réinfecter une zone de la peau. Le zona peut survenir
chez toute personne ayant déjà eu la varicelle.
À l'inverse de la varicelle, le zona est peu contagieux.
En revanche, en cas de contact cutané avec les lésions,
il peut provoquer une varicelle chez les personnes qui n'ont jamais
eu cette maladie.
Remèdes traditionnels
Tisanier au marché de Port-Louis, Jay Mootoosamy affirme
avoir été plusieurs fois consulté, ces temps-ci,
au sujet de la varicelle. Il ne préconise que 2 remèdes
dans le cas d'une infection : la feuille capillaire et le lilas
de Perse préparés en décoction, à
boire. Jay Mootoosamy recommande une cuillère plusieurs
fois par jour, pendant 3 jours, ou alors les feuilles peuvent
être utilisées pour le bain. Selon le tisanier, appliquer
du "mantègue" sur la peau peut aussi soulager
les démangeaisons.
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