Week-End/SCOPE

VENDREDI 18 JANVIER 2008 portrait


PORTRAIT : Hugues Tuyau

Simplicité incarnée

1m80 pour 74 kg, une carrure athlétique, Hugues Tuyau est le mannequin le plus sollicité du moment. S'il est très coté, il considère pour l'instant cette activité comme un revenu d'appoint, à côté de son métier de pressier, gardant les pieds sur terre quand à sa notoriété.

Hugues Tuyau avait 17 ans quand on le complimentait sur son corps d'athlète. Crâne rasé, c'est son style à lui, fait-il remarquer. L'homme est communicatif. Il raconte que plus jeune, il était très timide. "C'était un vrai handicap pour moi. Pour y remédier, je faisais de la musculation dans un gymnase à Curepipe. Un homme, qui était à la recherche d'un mannequin pour une pub vantant une chemise et des jeans, m'a repéré. Le coach de musculation m'a encouragé à aller de l'avant. Moi, je n'y croyais pas trop, car j'avais peu confiance en l'image que je projettais. Mais, l'idée me plaisait. C'était comme un déclic."

Expression. Se laissant tenter par l'aventure, il s'est depuis forgé une solide expérience dans ce créneau. "Dix ans déjà ! Je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer entre défilés, pub et photos." Son coup de cœur reste les défilés de mode : "Tout est dans l'expression du regard, la démarche, la manière de porter le vêtement. Pour une pub, il m'est arrivé de sortir chez moi à 6 am et de rentrer vers les 18h. La pub n'a duré que 30 secondes, mais, à chaque fois, il fallait refaire la prise, voir le bon angle. Très éprouvant à la longue."

Joie de vivre. Interrogé sur son principal atout de séduction, Hugues Tuyau part d'un grand éclat de rire et dit qu'il repose avant tout sur sa joie de vivre et son humour. "J'ai le contact assez facile avec les gens. Chose quasi impossible il y a dix ans." Le ton est donné. Visiblement, il est dans son élément. Au fil de la conversation, une des qualités qui ressort chez Hugues Tuyau est son humilité. "La médiatisation, c'est pas trop mon truc. Je ne cherche pas à savoir si je suis meilleur qu'un autre mannequin. Quand une agence recrute, c'est que forcément, il ne s'attend pas à de l'amateurisme sur scène." Ajoutant : "Pour moi, les mannequins hommes ou femmes sont des gens privilégiés par la nature. Ce qui est dommage, c'est qu'on est obligé de faire un autre métier en parallèle pour pouvoir gagner sa vie. C'est surtout l'absence d'école de formation et d'agence de mannequinat qui rend ce métier précaire." Côté argent de poche qu'il se fait, Hugues Tuyau précise en souriant que tout dépend du contrat.

Adaptation. Parlant de la compétition qui existe dans ce milieu, l'intervenant dit qu'il n'y a pas de concurrence malsaine. "C'est plutôt le rôle du mannequin qui est mal perçu par certaines personnes. Pour moi, tout est une question d'approche et de conscience professionnelle. On ne s'improvise pas mannequin. Il faut un temps d'adaptation et il faut bosser dur pour arriver à un très bon niveau. L'attrait de ce métier est qu'il permet de rencontrer des gens. Cela peut à l'avenir offir des perspectives intéressantes. Un contrat pour défiler à l'étranger, pourquoi pas ? Le Festival de la Mode, par exemple, a été un tremplin. Voir des mannequins mauriciens défiler auprès de mannequins étrangers, c'est formidable ! Cela prouve que le mannequinat à Maurice n'est plus à un stade d'amateurisme. Sur le catwalk, c'est le haut de gamme. On permet aux gens de se familiariser avec la nouvelle tendance. C'est le rêve du luxe et du bon goût que nous offrons. C'est un créneau où il ne faut pas être pudique et ne surtout pas prendre la grosse tête."

Bonheur. De là à savoir s'il a essuyé des critiques, Hugues Tuyau répond sans détour : "On me reproche surtout d'être trop sérieux. Défiler, c'est à la fois merveilleux et stressant. Encore une fois, tout n'est qu'une question de conditionnement. Je fais surtout attention à ma ligne. Avec la chaleur, je suis passé de 80 kg à 74 kg. J'ai un peu perdu au niveau des muscles. Un travail s'impose."

Hugues Tuyau dit ne pas avoir de grands projets pour l'immédiat en ce qui concerne le mannequinat. "Je vis au jour le jour." Cependant, il confie qu'il aimerait bien construire sa maison et se marier. On en profite pour lui demander s'il a trouvé l'amour de sa vie. Il sourit et une lueur de bonheur se voit dans son regard, avant qu'il n'avoue d'une petite voix : "Je suis papa d'un petit garçon : Lucas, un an. C'est mon bonheur, mon rayon de soleil. Je suis fiancé à Nancy, la mère de mon fils. Le mariage, j'y songe. Être père, c'est un moment très fort."